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Vers une évolutions du protocole « loup » ?

Réaction partagée avec FERUS

samedi 30 juillet 2011, par loup.org

La ministre de l’Environnement, Nathalie Kosciusko-Morizet, a proposé il y a quelques jours de renforcer le dispositif permettant l’abattage de loups par les éleveurs.

Changement de ton au ministère de l’Écologie. Nathalie Kosciusko-Morizet a proposé mercredi de renforcer le dispositif permettant l’abattage de loups par les éleveurs. « Il s’agit de permettre à l’ensemble des éleveurs situés dans une zone reconnue à risques de défendre leur troupeau dès les premières attaques sans autre procédure administrative », souligne le ministère. Un arrêté de défense automatique pourrait ainsi être pris dès 2012 sur toutes les zones attaquées l’année précédente. À l’heure actuelle, seul le préfet peut autoriser ces tirs de défense en cas d’attaques avérées.

Lire le communiqué :

Nous partageons ici la position de FERUS

L’année 2011 n’est pas fondamentalement différente à ce jour de l’année 2010, malgré tout le bruit entretenu autour d’attaques spectaculaires pour lesquelles la responsabilité du loup n’a à ce jour pas été formellement établie par l’ONCFS. L’on sait que souvent le doute subsiste, il profite à l’éleveur qui est bien indemnisé si la responsabilité du loup n’est pas exclue, mais il ne faut pas que ce doute se transforme en certitude par un tour de passe-passe statistique.

Le loup est et restera une espèce spécialement protégée par la directive européenne de 1992 (qui ne sera évidemment pas réécrite), laquelle ne permet la destruction ponctuelle d’individus que quand tous les autres moyens ont échoué et si des intérêts économiques importants sont en jeu. Mais surtout en aucun cas ces interventions ponctuelles ne peuvent mettre en péril le bon état de conservation de l’espèce qui de plus a vocation à reconquérir tous les habitats naturels qui lui conviennent.

Par conséquent ce n’est pas à une diminution du nombre de loups que nous allons assister en France dans les années à venir mais à une augmentation, on peut compter à la fois sur des traités internationaux supérieurs à la volonté de telle ou telle personne politique, sur la vigilance des ONG et sur le dynamisme de l’espèce !

Le ministère évoque une future augmentation du « plafond » de six loups. Elle devra être précédée par une augmentation prouvée de la population de loups, mais ce plafond a déjà été de 8 animaux, c’est un point moins important que les conditions d’intervention.

Les tirs éventuels ne peuvent intervenir que si les autres moyens de prévention des attaques et de protection des troupeaux ont échoué. Nous ne transigerons pas sur ce point. Pas question de donner des chèques en blanc aux éleveurs pour créer des zones où le loup n’aurait pas le droit de vivre. Autorisations individuelles ou collectives, c’est de la procédure administrative, l’essentiel est que dans ces « zones à risque » dont parle le communiqué officiel la loi générale s’applique, c’est à dire qu’avant de tirer chacun ait bien mis en œuvre tous les moyens non létaux possibles.

Quant à mobiliser des agents publics et des louvetiers pour tuer quelques loups loin des moutons à seule fin de faire du chiffre, ce qui n’allègera en rien la pression sur les troupeaux, FERUS s’est constamment prononcé contre ces fameux « prélèvements ».

P.-S.

Aux côtés des autres ONG de protection concernées, FERUS se prépare à siéger au prochain Groupe National loup avec plus de vigilance que jamais !

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