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Communiqué de presse

Une commission d’enquête parlementaire pour se jeter dans la gueule du loup ?

samedi 27 juillet 2002, par le WWF, le GLF, la SPA, ARTUS

Nous déplorons la mort de plus de 400 brebis par dérochement dans le Parc National du Mercantour et compatissons à la détresse de la profession ovine devant la perte soudaine et très importante d’un cheptel domestique.

Devant un événement si spectaculaire, il est nécessaire de rappeler que :

  • à partir de 1992, le loup a recolonisé naturellement les Alpes françaises dont il avait totalement disparu ;
  • sur l’ensemble du cheptel ovin français, 5% de brebis meurent chaque année victimes d’accidents naturels et de prédations autres que d’attaques de loup (dégâts de chiens divagants, foudre, dérochements...). L’élevage ovin représente environ 800 000 têtes dans les Alpes, dont 120 000 dans le seul Parc du Mercantour, reconnu zone à loups ;
  • aujourd’hui, malgré l’expertise des gardes, on ne peut certifier à 100 % qu’il s’agit d’une attaque de loup. A notre connaissance, le troupeau n’était d’autre part pas protégé par des chiens de protection ou des parcs de contention ;
  • une prime et une aide technique conséquentes allouées aux éleveurs désireux de s’équiper contribueraient à une meilleure protection des troupeaux en zone à loups, surtout dans un Parc National comme celui du Mercantour, dont la vocation première n’est pas de faire de l’élevage mais bien de veiller à la protection de la Nature et de la faune sauvage ;
  • il existe des solutions efficaces pour favoriser la coexistence entre troupeaux et loups en montagne : le recours aux chiens de protection comme gardes dissuasifs, la mise en place de parcs de contention, le développement de l’assistance permanente aux bergers (aides-bergers, écovolontaires). Dans cet esprit, comme chaque année depuis 1999, le WWF et le Groupe Loup France encouragent cette cohabitation en recrutant plus de 40 écovolontaires qui participent cet été à la protection des troupeaux en estive(cf. PASTORALOUP).

Aujourd’hui, nous apprenons qu’une commission d’enquête parlementaire sur la présence du loup en France pourrait voir le jour. Nos associations [1] accueillent cette possibilité comme un lieu de concertation mais rappellent que des mesures d’urgence ne dissiperont pas le malaise de la filière ovine et n’empêcheront pas non plus les dérochements des troupeaux, qui ont toujours existé, avec ou sans loup. Nous rappelons que le loup est une espèce protégée au niveau national (par décret ministériel) et international (Convention de Berne, Directive Habitats) et que la France risquerait de se mettre une nouvelle fois au ban de la communauté internationale en ne favorisant pas les conditions de son retour naturel.

Notes

[1Signataires de ce communiqué : WWF France - Groupe Loup France - Artus - SPA

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