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Un mauvais tour du chien au loup

vendredi 16 avril 2004, par E. Pacitto

Des scientifiques italiens affirment que des loups avec des ergots aux pattes arrières, sont le produit d’une hybridation entre des loups et des chiens domestiques.

Comme les efforts entrepris pour le rétablissement de plusieurs espèces menacées peuvent être entravés par les croisements, la portée de ces données est d’une grande importance. En effet, même si une faible partie de la population d’une espèce est sujette à l’hybridation et voit ses gènes se mélanger à ceux des chiens, c’est toute l’espèce qui se retrouve progressivement en danger. En Amérique du Nord, des croisements avec des chiens domestiques ont contrarié un programme de réintroduction du loup. Il en a été de même récemment dans l’Ouest de l’Allemagne.

Cette découverte pourrait aider à mieux contrôler les programmes de préservation des chiens sauvages et des loups à travers le monde.

Les ergots sont ces « pouces » sous developpés, présents chez les chiens domestiques, mais que l’on pensait absents chez les loups. Les ergots représentent donc un bon moyen de repérer les individus croisés dans la nature, et ainsi de juger du taux d’hybridation d’une race. D’autres traces de l’hybridation existent aussi, mais aucune pour le moment n’est aussi facilement identifiable par les chercheurs que l’ergot.

En examinant les gènes de trois loups gris italiens à ergots, les chercheurs de l’université de Rome ont découvert que ces loups possèdaient des allèles uniques canines, ce qui leur permet de dire que ce doigt supplémentaire n’est pas lié à une mutation génétique spontanée, mais bien à une hybridation. Ces trois loups viennent du sud de la Toscane, une région qui est à la limite de la zone du loup en Italie. D’après le Docteur Ciucc de l’Université de Rome, « Il y a une forte concentration de chiens de garde et de bergers dans cette région, et la densité des loups y est la plus faible de leur zone d’habitat. De plus, les loups sont ici chassés par les hommes, en dépit de leur statut d’espèce protégée. Dans ces conditions, la structure sociale de la meute peut être fortement perturbée, et les chances d’hybridation sont élevées. » Avec une population très fluctuante, évaluée à 500 ou 600 loups gris dans toute l’Italie, l’espèce est toujours sur la liste rouge des espèces menacées, et plus l’hybridation est élevée, plus les chances de survie des loups sont faibles.

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