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Scandale dans le Mercantour !

Un louveteau victime du poison

mardi 10 décembre 2002, par FNE

Les analyses, enfin réalisées, sont formelles : le louveteau, trouvé mort à la fin de l’été dans le Parc national du Mercantour, a été empoisonné.

Les opposants au loup continuent donc leur sale besogne, sans vergogne, sans entrave et menacent ainsi d’éliminer la faible population de loups du Mercantour, mettant ainsi en péril l’ensemble de la faune sauvage. Les randonneurs, qui manipuleraient par mégarde un appât empoisonné, courent aussi un risque mortel. Mais il faut croire que ces braconniers ne reculent devant rien puisque le poison a été répandu en août, en pleine saison touristique !

France Nature Environnement condamne cet acte inexcusable et irresponsable qui a probablement eu des conséquences sur le reste de la meute. En effet, ce louveteau, âgé d’environ quatre mois au moment de sa mort, n’était pas encore autonome au niveau alimentaire. Il est donc probable que d’autres membres du groupe (louveteaux et/ou adultes)aient, eux aussi, péri empoisonnés.

Il s’agit de la meute de Vésubie/Tinée où la première observation de loups a eu lieu il y a maintenant 10 ans. Ces animaux ont déjà subi une intense pression de braconnage puisque, malgré des reproductions régulières, leur nombre était tombé à deux individus depuis deux ans. L’espoir de voir, avec ces louveteaux, la reconstitution du clan se réaliser, est aujourd’hui anéanti.

Le contexte des Alpes-Maritimes est décidément très particulier. C’est le département qui engloutit les plus fortes sommes en mesures préventives (avec un budget « aides-bergers » dévoyé dans la mesure où, la plupart du temps, des personnes non qualifiées sont employées en lieu et place d’un berger qui n’existe pas) et en indemnisations. Celles-ci sont versées sans condition : que l’éleveur protège correctement son troupeau ou non. De plus, on assiste, depuis 1995, à une série d’actes d’opposition au loup totalement impunis à ce jour : les tirs et les empoisonnements s’ajoutent aux actes de vandalisme contre les locaux du Parc national du Mercantour et à la séquestration de personnes. Jusqu’où faudra-t-il aller pour que l’Etat prenne enfin ses responsabilités et démontre que ce département n’échappe pas aux lois de la République ?

C’est pourquoi, France Nature Environnement demande avec force :

  • que le ministère de l’Ecologie et du Développement Durable dépose plainte pour destruction d’espèce protégée ;
  • et donc, qu’une enquête soit menée avec célérité et détermination pour démasquer le ou les coupables ;
  • et que des moyens conséquents soient donnés aux agents de l’Etat afin de faire respecter la loi sur le terrain (FNE rappelle que cette affaire s’ajoute à quinze autres cas de braconnage et qu’elle a déjà coordonné quatre campagnes de terrain afin de lutter contre ce fléau sans pour autant que l’Etat réagisse en conséquence).

Christophe Aubel,
responsable de la Mission Loup de FNE.

P.-S.

Contact presse :
Florence Englebert : 08.04.58.17.17
Stéphanie Morelle : 03.88.32.91.14

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