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Un loup qui n’a pas supporté le dégel

lundi 9 juillet 2007

L’un des grands prédateurs de l’Amérique du Nord, le loup d’Alaska, se serait éteint à la fin de l’âge glaciaire, il y a 11.000 ans, sans laisser de descendant.

De nombreux animaux, parmi lesquels de gros mammifères comme les mammouths ou les félins à dents de sabre, ont disparu il y a environ 11.000 ans, à la fin du Pléistocène, au moment où le climat se réchauffait. Les loups gris d’Alaska auraient eux aussi fait les frais de la fin de l’âge glaciaire, selon une étude combinant des analyses morphologiques, génétiques et isotopiques d’os fossiles. Ces redoutables prédateurs, qui s’attaquaient à des proies beaucoup plus grosses qu’eux, se sont éteints, selon Blaire Van Valkenburgh (UCLA, USA) et ses collègues.

Deux crânes de loups du Pléistocène : l’un de Californie (en haut) et l’autre d’Alaska, qui est plus large. (Blaire Van Valkenburgh, University of California, Los Angeles)

Les chercheurs ont récupéré de l’ADN mitochondrial sur des os fossilisés de loups du Pléistocène conservés dans le permafrost de l’ancienne Béringie (bande de terre qui reliait la Sibérie et l’Alaska). Etonnement, les chercheurs n’ont pas trouvé de points communs entre l’ADNmt des loups d’Alaska et celui des loups actuels, qu’ils soient d’Asie ou d’Amérique. De même, la comparaison des dents et des crânes montre que les loups du Pléistocène avait un museau plus court, un corps plus robuste et des dents plus grosses, adaptées au dépeçage de proies très grosses. Ils se nourrissaient de mammouths, de bisons, de caribous ou de bœufs musqués.

Ce loup d’Alaska se serait totalement éteint sans laisser de descendant, probablement victime des animaux dont il se nourrissait, concluent Van Valkenburgh et ses collègues dans la revue Current Biology (édition électronique du 21 juin). Leur ancien habitat a sans doute été colonisé après la grande extinction de la mégafaune par des loups qui vivaient plus au sud, sur des territoires qui n’avaient pas été recouverts par la glace, supposent les chercheurs.

Voir en ligne : www.nouvelobs.com

P.-S.

Cécile Dumas
Sciences et Avenir.com
(25/06/07)

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