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Suisse

Un chien de protection attaque les moutons

mardi 30 octobre 2007

Un jeune chien de protection (11 mois) s’est encore acharné ce week-end sur les oreilles de deux moutons de William Grenon. C’en est trop pour l’éleveur de Vouvry : le « cerbère » va regagner son élevage. Si son comportement ne s’améliore pas, il sera endormi.

Sale temps pour les moutonniers du Chablais valaisan… Quand bien même l’autorisation de tir du loup du Chablais est entrée en force hier matin (lire ci-dessous) , certains éleveurs de moutons doivent composer avec le comportement parfois belliqueux de leurs chiens de protection. « Des dégâts collatéraux du loup », témoigne William Grenon, propriétaire de 750 têtes de bétail à Vouvry, dans l’édition d’hier du Nouvelliste .

Jean-Michel Eggertswyler en a fait expérience cet été. L’éleveur de Susanfe a dû se séparer d’un patou – montagne des Pyrénées – mis à disposition par la Coordination nationale de protection des troupeaux à la suite des attaques du loup ( 24 heures du 8 août), car il agressait les touristes… Quant à William Grenon, il s’apprête à en faire autant avec Zeppelin , l’un des deux marennes des Abruzzes qui ont veillé sur le troupeau cet été. Motif ? Si le chiot (11 mois) s’est montré vindicatif à l’encontre de quelques cyclistes, il a surtout dévoré un agneau nouveau-né au mois de juin, puis déchiqueté l’oreille d’un mouton quelques jours plus tard.. William Grenon a d’abord passé l’éponge : « J’ai mis ça sur le fait que les jeunes sont joueurs. Et comme cela ne s’est plus reproduit, je n’ai pas insisté ». Sauf que le canidé a remis ça… Samedi, l’éleveur a dû abattre un agneau dont les oreilles ont été dévorées par le chien. Deux autres moutons sont par ailleurs en sursis, suite à des nouvelles morsures de Zeppelin – toujours aux oreilles – dans la nuit de samedi à dimanche. C’en est trop pour l’éleveur, à plus forte raison qu‘il n’est toujours pas persuadé de l’utilité de ces chiens : « Leur efficacité est loin d’être prouvée, car il y a quand même eu prédation. Cet été, le loup a tué trois de mes moutons. »

Pas une première

Confié par la Coordination nationale pour la protection des troupeaux, Zeppelin va regagner son élevage : « Nous allons essayer de corriger son comportement, autrement nous devrons l’euthanasier », prévient Daniel Mettler. « Ce n’est pas la première fois que nous avons ce genre de problèmes avec les chiots. Ils commencent à piquer les oreilles des agneaux et se concentrent sur les plus faibles », poursuit l’expert d’Agridea. Rien de tel ne peut se produire avec un chien adulte, assure ce dernier.

Dans son programme de sélection, Agridea veille par ailleurs à écarter les individus qui posent problèmes. Le hic ? « La demande est plus importante que l’offre, c’est la raison pour laquelle nous devons placer des chiots dont le comportement est encore instable. » Agridea a déjà mis à disposition une trentaine de ses chiens. En Suisse, on en dénombre environ 130, dont « une quinzaine dans le Chablais valaisan ».

La chasse au loup débute dans le val d’Illiez

Les jours – voire les heures – du loup du Chablais sont désormais comptés. L’autorisation de tirer le prédateur – délivrée le 28 septembre dernier par le Conseil d’Etat valaisan – est entrée en force hier matin pour une période de soixante jours. Aucun recours n’a en effet été déposé au terme du délai imparti, indique l’Etat du Valais. Même si le WWF « désapprouve fermement » la décision d’abattage, l’association a renoncé à faire valoir son droit de veto.

Pour mémoire, le loup a signé son arrêt de mort en tuant 39 moutons et 2 veaux, entre la mi-août et la mi-septembre, dans la vallée d’Illiez. En vertu du Concept Loup Suisse, le tir peut être autorisé si le prédateur a tué 25 moutons en un mois ou 35 en quatre mois. Seuls les gardes-chasse sont autorisés à faire feu. L’animal ne pourra être tiré que dans le périmètre où les animaux ont été dévorés, soit quand même une superficie de quelque 200 km2

Voir en ligne : 24heures.ch

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