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Un chasseur avoue avoir abattu un loup en Haute-Savoie

lundi 16 février 2009

Un chasseur haut-savoyard soupçonné d’avoir abattu un loup jeudi au Petit-Bornand-les-Glières (Haute-Savoie) devait être présenté dimanche au procureur et au juge d’instruction, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

Le chasseur, âgé d’une trentaine d’années, a avoué vendredi lors de sa garde à vue à la gendarmerie de Bonneville (Haute-Savoie), avoir tiré sur l’animal puis l’avoir chargé dans sa voiture, a-t-on appris auprès de la gendarmerie. "Il se serait senti obligé d’agir, après que le loup, accompagné de deux autres, eut été vu, par des habitants, attaquant un chamois", révèle le Dauphiné Libéré.

Vendredi matin ce sont des témoignages qui ont alerté l’office national de la chasse et de la faune sauvage. Lors de sa garde à vue, le chasseur a indiqué aux enquêteurs l’endroit où se trouvaient les restes de l’animal, a ajouté une source proche de l’enquête.

A l’issue de sa garde à vue, l’homme a été mis en examen pour chasse illicite, détention, destruction et transport d’animal protégé.

Remis en liberté après sa garde à vue, mais placé sous contrôle judiciaire assorti de diverses interdictions, comme celle de chasser ou de détenir une arme, il risque 6 mois de prison et 9.000 euros d’amende.


Communiqué de Ferus, 16 février 2009

Ferus est consterné par le comportement général des chasseurs devant le retour des prédateurs en France. Les dirigeants du monde de la chasse n’ont jamais vraiment admis le renouveau d’espèces sauvages qu’ils avaient combattues pendant des générations. Du bout des lèvres, ils disent qu’ils ne demandent pas leur éradication mais seulement leur régulation. Certains prennent moins de précautions au niveau des fédérations départementales, et attisent le feu avec pour résultat une série de bavures dans tous les massifs montagneux français. Ces actes de braconnages sont toujours couverts par des dirigeants dont on se demande pourquoi ils tiennent tant à être officiellement reconnus comme "protecteurs de la nature".

On ne peut faire preuve d’aucune indulgence envers des personnes munies d’armes très dangereuses. La grande majorité des chasseurs de base respecte la loi, nous demandons la tolérance zéro pour ceux qui tirent sur les espèces protégées. Encore plus quand l’auteur "ne regrette pas son acte" et dit "s’être senti obligé d’agir" comme c’est le cas pour le tueur de loup (Dauphiné Libéré du 15 février).

Ferus est très inquiet pour la protection des espèces sauvages : les "autorités" locales n’y adhèrent pas beaucoup et n’y comprennent pas grand chose. Un député, un président de fédération de chasse, des dirigeants agricoles qui réclament une diminution de la population de loups alors que les comptages de l’Office de la Chasse et de la Faune Sauvage font état de deux ou trois loups sur l’ensemble du massif de Bornes en 2007-2008, c’est surréaliste. Et c’est faire preuve d’une ignorance absolue alors que les informations sur l’espèce sont très largement diffusées. Sur un territoire de plus de 20 000 hectares ne vit qu’une famille ou meute de loups, entre deux et une demi-douzaine d’individus selon les années. Aucune prolifération n’est possible.

Ferus constate qu’un gros effort de communication reste à faire, les proies naturelles du loup ne sont pas des "victimes", ses attaques sur les chamois ou les cervidés ne constituent pas des "dégâts", et le loup n’a jamais fait disparaître ses proies naturelles.

Ferus va demander audience à la secrétaire d’Etat à l’Ecologie et au préfet de Haute-Savoie pour proposer des pistes qui permettraient de faire reculer le braconnage du loup dont les autorités ont probablement négligé l’importance.

Il réclamera naturellement qu’en 2009 AUCUN LOUP ne soit attribué à la Haute Savoie au titre des tirs de prélèvement puisque l’abattage vient d’avoir lieu.


Communiqué de FNE

Braconnage d’un loup en Haute-Savoie : chasseurs, le loup n’est pas l’ennemi de la nature !

Soupçonné d’avoir abattu un loup au Petit-Bornand-les-Glières (Haute-Savoie) et d’en avoir caché la dépouille, un chasseur a été présenté hier au procureur et au juge d’instruction de Bonneville. France Nature Environnement rappelle que le loup est une espèce protégée par la loi et condamne fermement ces actes de braconnage.

Dimanche 15 février, un chasseur a été présenté dimanche au parquet de Bonneville : il est soupçonné d’avoir abattu un loup jeudi dernier sur la commune du Petit-Bornand-les-Glières (Haute-Savoie). Il aurait également emporté la dépouille dans sa voiture et l’aurait ensuite dépecé pour cacher son forfait. Selon les premiers éléments, le chasseur aurait abattu le loup après qu’il se soit attaqué à un chamois.

France Nature Environnement rappelle une fois encore que le loup est une espèce protégée par la loi et condamne fermement ces actes de braconnage qui se développent et qui se fondent une idéologie du 19e siècle qui voudrait que le loup prélève des animaux sauvages qui « appartiendraient » aux chasseurs.

« Le loup est accusé par certains chasseurs de décimer les populations d’animaux sauvages, chamois, chevreuils et autres ongulés, et de mettre ainsi en péril l’avenir de la faune sauvage » indique Jean-David Abel, en charge du dossier loup au sein de France Nature Environnement, « mais en réalité si le nombre de proies sauvages tuées par le loup augmente, cela signifie que les populations de proies sauvages sont sur une courbe ascendante ».

Autre preuve qui démontre la bonne santé des populations sauvages, c’est que les plans de chasse des ongulés sauvages sont en constante progression dans les départements de Provence-Alpes-Côtes d’Azur où le loup est présent depuis près de 15 ans (Alpes Maritimes, Hautes-Alpes). Il est par conséquent incroyable que des responsables du monde de la chasse, qui se présente comme un des principaux « gestionnaire » des espèces naturelles, puissent évoquer la possibilité d’effondrement des populations-proies du fait des prédateurs, position qui est un non-sens scientifique.

France Nature Environnement espère que les instances cynégétiques sauront éduquer leurs adhérents pour en faire des chasseurs du vingt-et-unième siècle, respectueux de la loi, des espèces et de leurs équilibres, ainsi que des autres usagers.

France Nature Environnement engagera toutes les poursuites utiles si les faits reprochés au chasseur braconnier se confirment.

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