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Saint-Véran : 530 brebis attaquées

L’attaque du troupeau fait un carnage

mardi 20 juin 2006, par le Dauphiné Libéré

C’était la fête des pères dimanche. Alors Michel Imbert n’est pas allé voir son troupeau tout de suite. Bien gardé, en théorie.

Michel et René Imbert montrent la chèvre attaquée par le loup. Une parmi 27.

C’était la fête des pères dimanche. Alors Michel Imbert n’est pas allé voir son troupeau tout de suite. Bien gardé, en théorie. Des filets de protection électrifiés, un chien patou et deux ânesses, réputées dit-on pour éloigner les prédateurs. Mais lorsque Michel Imbert est arrivé à l’enclos, à 150 mètres de sa bergerie, « mon troupeau avait disparu. Le chien aussi ». 530 brebis...
L’éleveur queyrassin n’a pas mis longtemps à comprendre. Et il a découvert un peu loin les cadavres de plusieurs brebis. « Je suis allé chercher mon frère et on est partis à la recherche du troupeau. On a ratissé la station (de Saint-Véran, ndlr), on savait pas où il était ». Ils l’ont malheureusement suivi à la trace. « On a trouvé les brebis et le chien effrayé à plus de 2700 mètres d’altitude, dans la neige ! ». Avant, ils ont encore découvert des animaux morts. La dernière brebis étranglée a été retrouvée à 2600 mètres.

27 bêtes perdues

Hier matin, Michel Imbert faisait les comptes : neuf brebis ont été égorgées, plusieurs dévorées. Neuf ont été blessées (dont huit euthanasiées) et neuf ont disparu. Pour les deux frères, qui sont associés, il n’y a pas de doute : « C’est le loup et il n’y en avait pas qu’un pour faire un tel carnage.

Mais le pire, c’est que ça se passe dans un enclos protégé et pas loin des maisons ». Le village de Saint-Véran n’est qu’à 300 mètres de l’enclos. « Je ne suis pas chasseur et je n’avais pas très envie de prendre un chien patou. Je l’ai quand même fait parce qu’on me le demandait. Ça n’a servi à rien », se désole Michel Imbert.

« Probablement le loup »

« C’est vrai qu’avec de telles protections, une attaque de prédateurs est plutôt rare et elle ne vient certainement pas d’un seul individu », observe Anne-Laure Plisson. L’agent de la brigade pastorale du parc du Queyras est venue faire des prélèvements hier, et a constaté les attaques, mais elle se garde de prononcer le mot " loup ". Les parcs électrifiés ? « Les prédateurs n’aiment pas l’électricité. Ils se débrouillent pour affoler les bêtes et les faire sortir de l’enclos ».
C’est apparemment ce qui s’est passé à Saint-Véran. Au vu des premières observations qui lui ont été communiquées, le directeur départemental de l’agriculture et de la forêt, Jean-Marc Pringault, avance : « C’est probablement le loup. Il existe d’ailleurs une meute sur le secteur ».
A l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), Yannick Léonard confirme. Le responsable du suivi loup pour la région Paca a dénombré deux meutes permanentes (qui sont restées cet hiver) dans les Hautes-Alpes : « Une dans le Queyras et l’autre au nord de Guillestre, dans le massif du Béal Traversier ». Ils seraient « au minimum huit ». Un troisième groupe a été identifié dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Voir en ligne : http://www.ledauphine.com/info/esse...

P.-S.

Sylviane GARCIN

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