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Rencontre avec les loups de Yellowstone

lundi 19 mars 2007, par Sylvain Macchi, Audrey Prucca

En janvier 2007, nous avons parcouru le parc de Yellowstone sur la piste du loup. Nous vous faisons partager ici les moments forts d’une rencontre...

Le samedi 20 janvier 2007, nous arrivons dans la très célèbre Lamar Valley vers 12 h 30 après avoir observé durant une demi-heure quatre coyotes parmi un troupeau de 37 bisons. Cela fait maintenant deux semaines que nous nous rendons sur ce lieu de manière quotidienne. L’environnement présent, très ouvert et étendu, est propice à l’observation des canidés sauvages.

Nous passons rapidement devant quelques personnes au bord de la route munies de jumelles signifiant peut-être la présence de loups. Nous nous garons un kilomètre plus loin pour scruter à notre tour, le paysage. Et là, sur la vallée nous apercevons 4 loups (nous supposons 4 jeunes) jouant avec les restes d’un animal. Ils vont et viennent sans cesse poursuivant tour à tour le détenteur du morceau de viande et finissent par concentrer leur jeux sur une zone plus restreinte. Nous remarquons alors la présence d’un autre loup sur leur droite, il est couché un peu à l’écart. Les quatre continuent à se courir après, se roulant au sol et se chevauchant à maintes reprises, puis l’un d’eux finit par se diriger à gauche du petit groupe et s’arrête quelques mètres plus loin semblant renifler ou bien solliciter quelque chose… Et là nous découvrons le reste de la meute. 5 loups sont paisiblement couchés au sol ; ils sont donc 11 au total : 6 de couleur noire et 5 de couleur grise.

A quelques centaines de mètres d’eux, plus en hauteur, nous remarquons la présence d’une centaine de Elks paissant. Ils sont éparpillés sur la colline surplombant la vallée mais tout semble très paisible. Les ongulés ne semblent en aucun cas se soucier des prédateurs, peut-être ne les ont -ils pas vraiment remarqué ou alors ne sont –ils pas inquiets du fait de la distance les séparant.

A 13h12, le loup à l’écart, surnommé pour l’occasion loup oméga se lève, interpelé probablement par un jeune loup noir s’écartant puis entamant une course en direction d’une nuée de petits oiseaux située près de la rivière. La totalité de la meute part en courant rejoindre le premier. Cependant, rien n’est visible devant eux, rien qui puisse expliquer leur excitation. A hauteur du fugueur, la meute se regroupe ; quelques instants s’écoulent et nous les voyons alors progresser à flanc de colline, à la queue leu leu. Ils apparaissent et disparaissent selon le couvert végétal.

A 13h43, la meute se situe au dessus de la bande boisée, à hauteur des premiers elks, les plus excentrés. Certains ongulés se lèvent alors, d’autres s’écartent à peine. En tout cas, tous observent les loups, même les plus éloignés de la zone ; la plus grande partie du troupeau se situant plusieurs dizaines de mètres sur la droite.Ce qui est le plus marquant, à ce moment, c’est que la meute ne semble pas s’intéresser à ces proies potentielles. 2/3 lancent un regard insignifiant aux premiers mais tous poursuivent toutefois tranquillement leur avancée vers la gauche, donc à l’opposé des ongulés.

A 14h10, le temps variable se détériore, une averse de neige et du vent arrivent par la droite ; la visibilité est de plus en plus difficile malgré les jumelles. Tout se voile. La meute s’arrête alors une centaine de mètres plus loin et semble marquer une pose. Quelques instants plus tard, un loup entame un trot assez lent en direction des cervidés, les autres finssent par le suivre. Le pas s’accélère. Tous filent face au vent et à la neige. Nos regards se portent alors sur les elks chargés, qui, inquiets, ont commencé à se replier. Nous nous rendons compte alors que deux loups, restés à l’écart, sont déjà à proximité des premiers ongulés, en bordure de la partie boisée alors que le reste du groupe n’est pas encore arrivé. Peut-on alors ici parler de stratégie ?

Les prédateurs sont désormais tous regroupés ; ils stationnent au dessus du bois, là où quelques minutes auparavant des cerfs étaient couchés. Ces derniers ont tous pris la fuite et sont en train de rejoindre le gros de la harde. L’attaque parait stopper. Les loups, encore excités, ne partent pas pour autant à la poursuite des animaux fuyant. Quelques minutes s’écoulent et tout reste calme. Nous décidons alors de reprendre notre véhicule pour nous rapprocher de la zone d’attaque. La visibilité a encore baissé, blizzard, neige… Nous retrouvons toutefois une partie de la meute. L’attaque reprend brusquement. La course est beaucoup plus intense. On voit alors les cervidés se regrouper rapidement. 5/6 loups sont visibles mais deux seulement semblent charger la harde qui se déplace telle une vague de gauche à droite. Le groupe d’ongulés finit par se scinder en deux parties. L’une s‘éloigne alors vers le haut de la colline, l’autre à l’opposé toutes deux poursuivies.

Les prédateurs ne cessent de charger les cerfs, ils les contournent, courent d’un groupe à l’autre. Plusieurs ongulés se sont éloignés de la zone d’action, ils observent la scène, toujours sur leur garde. Le groupe de la colline est désormais le seul réellement en danger. Les loups se concentrent sur celui-ci. La suite demeure cependant inconnue. Mise à mort ? Abandon ? La charge a, en effet, continué derrière la colline, de plus le temps s’est encore dégradé et la visibilité est désormais quasi-nulle. C’est à 14h31 que l’on perd définitivement le contact…

Retrouvez toutes les photos sur : www.sylvain.loup.org

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