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Profession : photographe animalier

vendredi 10 octobre 2003, par Vincent Munier

Amateur primé et reconnu, Vincent Munier a fait de sa passion pour la photographie de nature son métier. nous vous présentons ses méthodes et quelques uns de ses plus beaux clichés.

Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir vivre de sa passion. Vincent Munier fait partie de ces heureux privilégiés. Ce jeune photographe amateur, amoureux de la faune et de la flore qu’il aime immortaliser, est devenu professionnel il y a un an. Il faut dire qu’à trois reprises consécutives, en 2000, 2001 et 2002, il a obtenu le Prix Eric Hosking, l’équivalent de l’Oscar du meilleur espoir pour les photographies de nature [1] Et surtout, une formidable reconnaissance internationale.

Patience et ténacité

Cette passion, que lui a transmise son père, demande beaucoup de patience et de ténacité. "Ce n’est pas simple mais c’est cela qui est grisant. On peut faire des heures, parfois des jours d’affût sans rien voir", indique-t-il. "Les photos animalières demandent beaucoup de temps de repérages, quelles que soient les conditions météo", précise Vincent Munier qui aime poser son trépied en forêt et dans les pays froids, dans les Vosges notamment.

Habillé de "vêtements sombres et qui ne font pas de bruit", le vent de face, il parcourt les espaces sauvages en toute saison pour suivre les traces et découvrir les habitudes de ses "sujets".

Affût dans la brume

Particulièrement difficiles à photographier : les grues cendrées, à la vue perçante. "Je prépare donc un affût (une cachette, NDLR), parfois une saison à l’avance pour qu’elles s’y habituent. Il m’arrive de placer une boîte de conserve dotée d’une lentille pour simuler le téléobjectif", explique-t-il.

"Je suis sensible aux ambiances crépusculaires, aux temps de brume, de brouillard. J’ai horreur du ciel bleu !", déclare-t-il. Et d’ajouter : "Jamais de filtre. C’est ma philosophie". Un style qui lui a valu de nombreuses récompenses et qui lui permet de voler de ses propres ailes [2].

"Il n’y a pas que l’aspect financier qui compte, même si cela me permet de vivre. Je veux aussi sensibiliser les gens à la beauté de la nature qui est à côté de nous et que l’on est de négliger et parfois massacrer".

A l’affut

Les besoins pour la photographie animalière :

  • Connaissances naturalistes
  • Patience
  • Ténacité
  • Passion
  • Chance
  • Expérience
  • Et enfin, le matériel.

    Son Matériel :

  • Nikon F5, F100 et F80 (silencieux pour les espèces sensibles)
  • Objectif : du 17 mm au 600 mm
  • Panoramique : Hasselblad Xpan (45 et 90mm)
  • Films FUJI Provia400F, Sensia100, Provia100F, et la Velvia.
  • Trépied : Gitzo
  • Scanner : Nikon coolscan 4000ED dfb
  • Housse anti-bruit pour les boîtiers
  • Poche étanche de protection (pluie, neige)
  • Et important ! des jumelles 8X30 (Swarovski)
    Découvrez son livre

    Le loup

Notes

[1Le Prix Eric Hosking est décerné au meilleur portfolio de six photographies de nature, réalisé par un jeune de moins de 27 ans. Il est attribué chaque année dans le cadre du prestigieux concours BG Wildlife photographer of the year, organisé par le Muséum d’histoire naturelle de Londres et le magazine BBC Wildlife.

[2Vincent Munier a notamment participé à deux ouvrages : Le Ballet des Grues (Editions de Terran) et Le loup (Flammarion, sortie fin mai 2003)

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