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Présentation du "Plan d’action" sur le loup

Des abattages autorisés

lundi 19 juillet 2004, par l’Agence France Presse

Les préfets des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes et des Alpes-Maritimes pourront organiser le tir de 4 loups en 2004 en cas d’attaques récurrentes de troupeaux, a annoncé lundi le ministre de l’Ecologie Serge Lepeltier.

Le gouvernement envisageait initialement de tuer "5 à 7 individus de la population du sud-est de la France", dans une version préliminaire du Plan d’action sur le loup, élaboré en avril à la suite de discussions entre le ministère de l’Ecologie, celui de l’Agriculture, les représentants des éleveurs et les écologistes (Projet rendu public par loup.org)

Lors d’une conférence de presse, le ministre a précisé que si les trois premiers loups tués s’avéraient être des femelles, le tir s’arrêterait à 3 animaux. Les tirs seront effectués par des gardes assermentés. Le ministre a insisté "sur le caractère récurrent des attaques et sur l’obligation de vérifier préalablement que les éleveurs attaqués du secteur envisagé pour un tir ont bien mis en oeuvre les moyens de protection adaptés".

Le "Plan d’action" sur le loup doit répondre aux inquiétudes des éleveurs contraints de vivre sous la menace quotidienne du loup, sans fâcher les défenseurs de cet animal protégé.

Le loup est un animal protégé aux termes d’une convention trans-européenne de 1979 (Convention de Berne) et une directive de l’Union européenne de 1992 (directive Habitats). Depuis sa réapparition naturelle en 1992 dans les Alpes Françaises en provenance d’Italie, le loup a élargi son territoire à 11 zones de présence permanente, du Parc du Mercantour aux Alpes Maritimes et jusqu’au Vercors.

Le nombre de brebis victimes du loup a grimpé de 192 en 1994 à 1.228 en 1998 et 2.808 en 2002, selon les chiffres officiels. La population française est estimée à 55 loups. Selon le gouvernement, elle est en croissance, et le tir de 10 à 15% de l’effectif n’affecterait pas la survie de l’espèce (Avis fortement contreversé par les scientifiques).

La convention de Berne (1979) et la directive européenne Habitats (1992) n’autorisent le tir du loup qu’"à condition qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas au maintien de l’espèce dans un état de conservation favorable". Pour nous, le loup, déjà en butte aux braconnages et empoisonnements, verrait sa survie menacée par les tirs, et seules des mesures de protection des troupeaux peuvent résoudre le problème.

Le plan gouvernemental prévoit d’aider les éleveurs qui s’engagent par contrat de 5 ans à mettre en oeuvre des mesures de protection (filets, chiens, aide-bergers...). Deux millions d’euros (dont un million de fonds européens) sont prévus à cet effet en 2004. En contrepartie, seuls ceux qui mettent en oeuvre une protection seront indemnisés en cas d’attaque du loup.

Serge Lepeltier a récusé tout "zonage", confinant le loup dans des secteurs restreints de l’arc alpin. "Il est illusoire de penser, compte tenu du dynamisme de cette population et de la capacité de l’espèce à explorer et occuper de nouveaux territoires, que le loup s’arrêtera sur les rives du Rhône", a indiqué le ministre. Dès lors, il souhaite un "important débat national sur le loup", afin d’"apprendre à gérer tous ensemble, et solidairement ces problèmes".

P.-S.

Ce week-end, plus de cent-quarante brebis ont péri ce week-end en tombant dans un ravin bas-alpin, probablement liée à l’attaque d’un loup ou d’un chien errant selon l’éleveur. Coïncidence ? - Lire l’article

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