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Nouvelle victime du plan loup

mercredi 27 octobre 2004

Un deuxième loup a été abattu ce matin dans les Alpes, cette fois dans le massif du Taillefer, près de Livet-et-Gavet (Isère), dans le cadre du "Plan loup" destiné à rassurer les éleveurs ovins.

Le loup, âgé de 2 ans environ et d’un poids de 35 kg, a été tué par un agent de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), a indiqué Yves Tachker, responsable départemental de l’agriculture et de la forêt, en précisant que les opérations de chasse ont été suspendues en Isère dans l’attente des directives du ministère de l’Environnement.

Un promeneur mesure le loup qui a été abattu le 27 octobre dans les Alpes
© AFP Jean-Pierre Clatot

Une louve de 18 mois avait été tuée le 21 octobre à Bouvante (Drôme), dans le massif du Vercors. Les agents de l’ONCFS ont encore l’autorisation d’abattre deux loups jusqu’au 31 décembre dans les Alpes.

Un arrêté ministériel avait autorisé l’abattage de quatre loups au maximum dans les Alpes en 2004 pour "contribuer à réduire la pression de ce prédateur sur les troupeaux". Edicté en juillet pour les Alpes du sud, l’arrêté avait été étendu aux Alpes du nord à la fin du mois de septembre.

Le ministère de l’Environnement a justifié l’abattage d’un deuxième loup en une semaine dans les Alpes en déclarant qu’il avait visé "une zone où les dégâts sont restés importants".

Le tir a eu lieu dans "une zone de présence permanente de plusieurs loups avérée depuis l’hiver 2001/2002 (...) où les dégâts sont restés importants (plus de 100 brebis) et les attaques ont été nombreuses (18) en juin, juillet et août", a expliqué le ministère dans un communiqué.

Jeune louve de 18 mois abattue la semaine dernière. dans la Drôme

Selon Jean-Marc Michel, directeur de la Nature et des Paysages (DNP) au ministère de l’Ecologie, trois loups ont été vus l’hiver dernier dans le massif du Taillefer.

Le loup tué mercredi, dont la dépouille a été montrée aux journalistes, était "une très belle bête" et "il est possible qu’il s’agisse d’un chef de meute", a affirmé Philippe Cornet, responsable de l’opération loup pour l’ONCFS.

L’Association de protection des animaux sauvages (ASPAS) s’est dite "scandalisée" par cette nouvelle, rappelant que "le loup est une espèce protégée" et que par conséquent "son abattage est illégal".

"Ces opérations sont de plus inutiles, car ce n’est pas abattre des loups qui va régler les problèmes de la filière ovine, pas même les problèmes de prédation, dont l’immense majorité sont dus à des chiens errants", a rappelé Olivier Rousseau, porte-parole de l’ASPAS.

Ce dernier a annoncé le dépôt dans les prochains jours d’une plainte contre les préfets de l’Isère et de la Drôme, ainsi que contre le ministre de l’Environnement Serge Lepeltier pour "destruction d’espèce protégée".

Par ailleurs, trois associations écologistes, Ferus, le WWF-France (Fonds mondial pour la nature) et la Société protectrice des animaux, ont annoncé mercredi soir l’organisation d’une manifestation le samedi 6 novembre à Paris

Les éleveurs, qui accusent les loups de décimer leurs troupeaux et jugent les mesures de protection (chiens ou parc de nuit) onéreuses ou difficiles à mettre en oeuvre, manifestent régulièrement pour réclamer un abattage plus important que les quatre loups autorisés.

Les loups, réapparus dans les Alpes françaises en 1992, sont estimés entre 55 et 60 par le ministère, contre 2.500 en Espagne et au moins 500 en Italie.

Participez au rassemblement inter-associatif, le 6 novembre prochain à partir de 14h30 à Paris, devant le Panthéon.

P.-S.

Sources : Ferus, L’EXPRESS, AFP, DIREN

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