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Noms et prénoms

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samedi 11 janvier 2003, par Jean Tosti

Animal le plus redouté de l’homme pendant des siècles, objet de nombreux mythes et légendes, le loup a forcément laissé une trace importante dans l’onomastique, et notamment dans les noms de famille. C’est vrai en France, mais aussi dans d’autres pays : employé comme nom de baptême, comme surnom, comme toponyme, il est à l’origine de plusieurs dizaines de patronymes.

En France, le nom de famille Loup se rencontre notamment dans le Tarn et dans l’Yonne. On peut y voir un surnom donné à celui qui est féroce comme un loup, mais il ne faut pas oublier que Loup fut aussi un prénom popularisé par plusieurs saints : on citera d’abord un évêque de Troyes au début du Ve siècle, qui défendit sa ville contre Attila et les Huns. Un autre saint Loup fut archevêque de Sens, en Champagne (début du VIIe siècle), un troisième fut nommé évêque de Limoges en 613. Bien entendu, l’étymologie est la même que pour l’animal et le surnom qui en découle : le latin lupus , qui a donné l’italien Lupo et ses variantes Lupi, Luppo, Luppi, Lovo, ainsi que de nombreux diminutifs, par exemple Lupelli, Lupetti, Lupino, Lupini, Lovato, Lovati, Lovelli.

En France, les diminutifs les plus fréquemment rencontrés sont Loubet , Louvel et Louvet , et il faut sans doute les rattacher au nom de baptême. Par contre, les formes Leleu (Normandie, Picardie) et Leloup (Lorraine) sont forcément des surnoms, à rapprocher du breton Le Bleis , plus courant sous les formes Le Blais et Le Blay .

Le loup est à l’origine du prénom espagnol Lope, et de son diminutif Lopez, qui devient Lopes au Portugal et Llopis en Catalogne. Le catalan connaît aussi le nom Llop, et son dérivé Lloubes. Chez les Basques, pour qui la plupart des noms de famille sont au départ des toponymes, le loup constitue la principale exception : c’est lui que l’on retrouve dans les patronymes Otxoa, Otchoa, Ochoa ( otso, otxo , loup, le a final étant un article postposé). Les langues germaniques ont Wolf (ou Wolff), utilisés comme surnoms, comme noms de baptême, et qui entrent en composition dans de nombreux noms de personne portés en France : Arnoux (Arnwulf), Bardoux (Bardwulf), Béroul (Berhtwulf), Billoux (Biliwulf), Frezoul (Fridwulf), ou encore Raoul (Radwulf) et Rodolphe , Rudolf (Hrodwulf), la liste n’étant pas exhaustive. On trouve en Belgique et en Hollande les formes De Wolf, De Wulf, qui signifient en néerlandais « le loup ».

Revenons en France avec plusieurs surnoms ayant visiblement désigné des chasseurs de loups, chacun ayant sa spécificité : celui qui s’appelle Corneloup (Saône-et-Loire) sonnait du cor pour annoncer la présence du loup, mais, s’il n’avait pas de cor, il pouvait très bien crier, et dans ce cas on l’appelait Hucheloup (Normandie, Bourgogne), de l’ancien français « huchier », appeler à haute voix. Venaient ensuite les piqueurs, représentés notamment par les noms Bouteleux , Boutleux (Normandie), ou encore Poinloup (Loiret). Puis il restait à tuer l’animal, tâche impartie aux Tuloup (Bourbonnais) et aux Lasbleiz (Bretagne). Celui qui avait tué l’animal pouvait éventuellement se vêtir de sa peau ou la vendre, ce qui semble explique le patronyme Paudeleux (Normandie).

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