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Manifestation du 05 novembre 2005 (Paris)

Quand les Hommes volent au secours des animaux

dimanche 6 novembre 2005, par Snakeloup

Samedi 5 novembre 2005. Grand rassemblement d’associations écologiques pour protester tant contre le budget que les actions anti-écologiques du gouvernement.

Une pluie fine et glacée couvrait les pavés, comme si le ciel lui-même pleurait, comme si le monde honorait à sa manière le triste anniversaire de l’abattage de l’ours Cannelle. Sur le parvis devant le panthéon, les associations commencent à se rassembler, il est 13h30. Il y a là la SPA, WWF, la Société Nationale Protectrice de la Nature, France Nature Environnement, FERUS, la fondation Bardot, AnimauxEnPeril.be, dont la délégation toute de bleue vêtue avec des drapeaux de même couleur impressionne les personnes déjà rassemblées sur le tarmac.
Sont aussi présentes l’ASPA, Greenpeace, La Ligue de Protection des Oiseaux, AMOPYC, et encore bien d’autres dont Loup.org et La-meute.org.
De ces deux dernières ont retiendra surtout la présence de Thierry, le meneur de meute, de Mickaël, photographe animalier, trappeur et porte-enseigne du groupe, de Monsieur Sylvain MACCHI, guide du parc du Mercantour, sans oublier la cinquantaine de membres actifs et les nombreux sympathisants qui constituent le corps de troupe de cette manifestation.

Cela prend du temps de tout mettre en place : le temps pour les manifestants de se rassembler, pour les associations de s’installer, pour les banderoles de se déployer, le temps d’arranger la logistique et d’organiser l’ordre de défilé des associations, etcaetera.

Il est 15h quand la procession se met en branle
De derrière les nuages surgit un soleil enjoué, soutenant de son sourire cet acte d’hommes et de femmes motivés, encourageant de son éclat cet événement marquant.
Descendant la rue Souflot et remontant le boulevard St-Michel jusqu’à Denfert-Rochefault, l’assemblée avance, calme et disciplinée. Enfin ... presque. Au sein du cortège, les membres des sites jumeaux de www.loup.org et de www.la-meute.org, fervents défenseurs du loup, arborent une petite troupe de chaperon rouge, fort remarquée, et pousse avec vigueur de longs hurlements, communiquant leurs joies, leurs colères, leurs émotions, aux autres manifestants et aux parisiens du coin. Et c’est ponctué par d’intenses clameurs aussi tristes qu’enjouées que le cortège continue sa progression jusqu’à Denfert, où le défilé parviens vers 16h45. Là une hurlée immense, sortie de la gorge de près d’une centaine de personne, enflamme la place avant de s’éteindre doucement pour laisser la place aux différents intervenants.

La représentante de la fondation Bardot ouvre les discours, suivi ensuite de la SPA, de WWF, de FERUS, de FNE, de Greenpeace et de Thierry, dont la prestation fut saluée par un autre concert de hurlement.

De toutes ces allocutions, il ressort un ras-le-bol général envers le gouvernement et son laxisme, envers les défenseurs d’une nature humaine, domestiquée, bafouée, foulée aux pieds. De toutes ces harangues prononcées du haut d’une estrade, on retiendra particulièrement ce mot d’ordre : cohabitation n’est pas synonyme de destruction.
Après ces interventions, les manifestants s’éparpillent, avec dans la gorge le goût amer de l’incompréhension, mais dans le coeur la force prodigieuse de l’espoir.
De toutes les associations, une seule reste à-peu-près soudée. Même si de nombreux membres et sympathisants sont déjà repartis, les chaperons et de longs hurlements battent le rappel de ceux qui restent, et c’est près d’une trentaine de personnes qui repart alors vers le panthéon, marquant de son passage la solidarité propre aux meutes.

Le seul bémol apporté à cet événement et l’absence d’information la concernant dans les journaux télévisés. Quelques phrases à la radio, peu de périodiques en font mention. Paraît-il que d’autres événements plus grave mobilisent les journalistes, mais nous sommes quand même en droit de nous demander si une manifestations de cet ordre intéresse vraiment les personnes dont elle cherche à capter l’oreille.
De là à dire que l’événement est passé innaperçu, il n’y a qu’un pas, et pourtant, le bouche à oreille marche bien puisque d’aucun en parlait ce matin, répandant la nouvelle parmi la population, des organiqmes de presse, discrets certes, mais officiels reliaient les informations un peu partout. En Rhone-Alpes, où se tenait une manifestation équivalente, certains journaux en faisaient les éloges.
L’evénement n’est pas marquant, mais ce peu de discussion laisse quand même l’espoir de propager l’information. Jusqu’à nos ministres, en rêvant un peu.

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