Accueil > Canis lupus : le loup > Où voir des loups ? > Parcs et zoo : visites et rencontres > Les loups de Werner Freund

Les loups de Werner Freund

Rencontre de La Meute à Merzig

lundi 21 novembre 2005, par Netsuke

Grâce à Aurélie, dite Jojo la Cheyenne, les loups de La Meute se sont retrouvés dimanche en Allemagne, à Merzig, chez Werner Freund, pour une visite-découverte des lieux en compagnie de leur propriétaire, qui règne en loup alpha sur les enclos disséminés dans la forêt sarroise.

Le rendez-vous était pris depuis longtemps. Jojo la Cheyenne, exilée dans la région pour une année d’études, avait décidé d’offrir à ses compagnons d’Internet cette rencontre avec celui qui hurle avec les loups, qui connut Konrad Lorentz et qui, depuis des décennies, voue sa vie à ses compagnons à fourrure.

Venus d’un peu partout, qui de Lorraine, qui d’Alsace, qui de Belgique, qui parfois même de la région parisienne, quelque vingt-cinq membres de La Meute étaient là, sur le parking du parc à loups de Werner Freund, à 11h00 précises, bravant le froid de cette matinée hivernale. Werner Freund et son épouse les attendaient pour leur parler des loups, plus précisément des loups arctiques, une dizaine d’animaux répartis en deux groupes, celui des plus âgés et celui des « jeunes », soigneusement séparés car, de l’avis de Werner Freund lui-même, « on ne met pas des adolescents avec des pensionnaires d’une maison de retraite ».

Au parc de Werner Freund, il n’y a pas que des loups blancs. D’Inde, de Russie ou canadiens, la plupart des espèces lupines y sont représentées. Tous les premiers dimanches du mois, en fin d’après-midi, Werner Freund propose aux visiteurs, moyennant une petite obole, de leur parler de ses loups et de les laisser assister à ses moments de communion avec ses animaux lorsque, rentrant dans les enclos, il « mange » avec eux la viande crue qu’il leur apporte et câline le loup (ou la louve) dominant venu lui faire allégeance. Ses loups, tous imprégnés, le reconnaissent en effet comme leur chef de meute. Dans tous les enclos, l’alpha, c’est lui, Werner Freund, un humain « lupoïsé », un peu loup-garou, furtif et silencieux comme eux. Sur rendez-vous, comme cela a été le cas pour La Meute, il organise également des visites guidées et partage son expérience d’une vie parmi les loups.

Ainsi, dimanche matin, de sa voix douce, parfois inaudible, Werner Freund a évoqué ses compagnons à quatre pattes, puis répondu patiemment à toutes les questions qui lui étaient posées, évoquant le jour où la louve alpha l’attaqua car il n’avait pas pensé à changer de veste et avait pénétré dans l’enclos portant, sur lui, l’odeur d’une autre meute. Expliquant qu’hormis lui ou sa femme, quiconque franchirait le sas de sécurité se verrait aussitôt en danger, ceci ne préjugeant en rien de l’attitude d’un loup dans la nature et ne remettant nullement en cause sa nature fondamentalement craintive, mais étant la conséquence directe de la captivité. Ou évoquant la manière dont la reproduction de la meute arctique âgée est contrôlée dans l’enceinte du parc, afin de la laisser s’éteindre doucement, sans la confronter à des événements auxquels elle serait aujourd’hui incapable de faire face.

Puis, moment très attendu de tous, Werner Freund est entré sur le territoire des loups, des plus âgés dans un premier temps, des plus jeunes dans un second, se couchant littéralement sur la carcasse de chevreuil qu’il leur apportait afin de leur signifier sa dominance, restant couché près d’eux tandis qu’ils se partageaient la viande crue. Paisibles, sereins, occupés à vivre leur vie de loups, tels apparaissent les animaux de Werner Freund, dans ce coin de nature préservée, actuellement en travaux puisque le parc doit être agrandi pour offrir aux pensionnaires encore plus d’espace qu’ils n’en ont déjà.

C’est autour d’un repas bien chaud, dans l’auberge qui jouxte le parc, que les membres de La Meute ont poursuivi leur journée festive, partageant leurs impressions après cette matinée riche en émotions. Chacun est ensuite reparti chez soi, emportant dans ses bagages les précieux souvenirs de cette expérience allemande, cassettes, livres, cartes postales ou photographies, à partager en famille ou sur le forum, bien sûr !

Partager cet article :

Soutenir par un don