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Sospel - Mercantour

Les loups à l’origine de la mort de 400 moutons

mercredi 24 juillet 2002, par l’Agence France Presse

Les quatre cent trois moutons qui ont péri dans la nuit de vendredi à samedi après une chute dans un ravin au parc national du Mercantour (Alpes-Maritimes), ont été victimes d’une attaque de loups, a-t-on appris auprès de la Direction départementale de l’Agriculture (DDA).

"Des traces de morsures profondes, faites avec des mâchoires puissantes, ont été relevées sur le cou de sept moutons, ce qui laisse supposer qu’il s’agit d’une attaque de loups", a indiqué à l’AFP Sophie Béranger, directrice de la DDA.

"Le fait que l’attaque ait eu lieu en altitude dans la zone centrale du parc du Mercantour où il n’y a ni promeneurs ni chiens et qu’une meute de loups y a été recensée renforce cette idée", a-t-elle ajouté.

Les moutons, appartenant à un même éleveur de Sospel, avaient été découverts sans vie samedi matin après une chute de plusieurs centaines de mètres dans un ravin.

"Les sept moutons sur lesquels des traces de morsure ont été relevées ont été découverts sous le monticule de bêtes, ce qui prouve qu’ils ont entraîné les autres moutons dans leur chute", a encore indiqué Mme Béranger.

Les carcasses des 403 moutons seront brûlées sur place, leur hélitreuillage un moment envisagé ayant été abandonné en raison de l’extrême difficulté à intervenir en zone de montagne, a indiqué mardi la préfecture des Alpes-Maritimes dans un communiqué.

Les bergers qui font paître leurs moutons l’été dans le parc du Mercantour ne cessent de dénoncer les attaques de loups. "Les autorités devront choisir entre les loups et les moutons", a notamment déclaré Jean-Claude Giordano, le propriétaire des moutons retrouvés morts.

La Direction départementale de l’Agriculture a indiqué mardi avoir rendu un rapport permettant la procédure d’indemnisation de M. Giordano.

Florence Englebert de l’association de défense de l’environnement France Nature Environnement a jugé que "rien ne permet d’attester scientifiquement de la présence du loup" sur les lieux sans contester pour autant que "le berger soit dédommagé au bénéfice du doute". L’association, favorable à la présence du loup dans le Mercantour, note "l’absence de bergers, de chiens de protection dans une zone dangereuse" pour surveiller le troupeau.

Christian Estrosi, député UMP des Alpes-Maritimes, a demandé l’ouverture d’une enquête parlementaire "afin d’engager des mesures rapides pour faire face à la recrudescence des attaques de loups et à une situation véritablement dramatique pour les bergers".

Plusieurs attaques de loups contre des moutons ont eu lieu au cours des trois dernières années dans le parc national du Mercantour, la plus importante remontant au mois de novembre 1999. Un troupeau de 1.200 bêtes avait été attaqué par des loups à 1.400 mètres d’altitude. 359 moutons et brebis avaient péri en se jetant dans un ravin.

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