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Les éleveurs de moutons de l’Ain dénoncent « le retour du loup »

lundi 29 septembre 2003, par l’Agence France Presse

Le président du syndicat ovin de l’Ain, Denis Grosjean, a dénoncé vendredi à Bourg-en-Bresse « le retour du loup dans l’Ain » et dénoncé « la carence des pouvoirs publics » qui laissent selon lui les éleveurs démunis face à cet animal.

« On tourne en rond car le piégeage ou l’abattage de ce que l’administration appelle +des grands canidés+ n’est pas possible, dans la mesure où si c’est un loup, il est protégé », a-t-il ajouté.

« On joue aux apprentis sorciers : depuis un mois, quatre observations visuelles d’un loup ont été faites par un garde-chasse, un gendarme, un éleveur et un membre de la direction départementale de l’agriculture dans le secteur du Haut-Bugey, où 40 brebis ont été tuées chez le même éleveur cet été », a précisé M. Grosjean lors d’un point de presse.

Les 40 brebis tuées l’ont été à Hotonnes, à 1.100 mètres d’altitude.

« Le lynx suffit à notre malheur. Nous ne sommes pas là pour servir de gardien de réserve, ni pour supporter les errements de l’écologie », a-t-il ajouté.

Selon lui, le loup aperçu dans l’Ain n’est sans doute pas le produit « d’une continuité de colonisation » venue des Alpes mais plutôt un loup errant, peut-être lâché par quelqu’un, mais qui entraîne des « contraintes énormes » de parcage et de surveillance pour les éleveurs concernés.

De son, côté, la préfecture de l’Ain, dans un communiqué intitulé « l’hypothèse de la présence d’un loup dans l’Ain à l’étude », rappelle que les attaques de l’été excluent l’action d’un lynx, et que « les analyses effectuées ont permis de conclure à l’action d’un grand canidé, chien errant ou loup ».

Elle rappelle que des opérations d’identification poussées du prédateur sont en cours, et que l’éleveur s’est vu proposer un aide-berger pour deux mois.

« La possibilité de mettre en oeuvre le "protocole loup" sur le département, avec indemnisation des animaux touchés, est actuellement à l’étude », ajoute la préfecture.

L’Ain compte environ 200 éleveurs et 20.000 têtes d’ovins.

P.-S.

A suivre...

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