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Les chasseurs bulgares en guerre contre les loups

dimanche 20 février 2005, par l’Agence France Presse

Des milliers de chasseurs ont pris part samedi en Bulgarie à une battue nationale au loup pour limiter la multiplication de ces prédateurs, qui s’aventurent de plus en plus souvent dans les villages et représentent une menace pour les faunes sauvage et domestique.

A Petrich, une bourgade située à 300 km au sud-ouest de Sofia, non loin de la frontière grecque, une cinquantaine de chasseurs s’étaient réunis samedi au petit matin dans le cadre de la journée exceptionnelle de battue aux loup, renard et chacal organisée par l’Union des chasseurs et des pêcheurs (UCP).

Malgré le froid, l’usage d’alcool et de tabac était strictement prohibé pour ne pas donner l’alerte aux prédateurs, à l’odorat particulièrement développé.

"Dans notre région, cette réouverture exceptionnelle de la chasse était plus que nécessaire", a assuré à l’AFP Imiter Kitan, le président de l’association de chasse de Petro, en préparant son fusil.

"Depuis les dernières chutes de neige, une vingtaine de loups descendus des montagnes rodent autour de Petro. A Churinga, un village voisin, ils ont dévoré un porc de 200 kg la semaine dernière. Et les douaniers patrouillant de nuit le long de la frontière croisent quotidiennement des groupes de 10 à 15 loups. Ils ont peur d’être attaqués", a-t-il ajouté.

La Bulgarie comptait cet hiver 2.230 loups —soit 11% de plus que l’an passé— selon le ministère de la Forêt et de l’agriculture, alors que 200 de ces prédateurs seraient suffisants à l’équilibre de l’écosystème, d’après les spécialistes.

Alors que les températures étaient tombées au-dessous de moins 20 degrés cette semaine, des attaques de loups affamés ont été signalées à travers tout le pays, de la chaîne des Rhodopes (sud) à la région de Vin (nord-ouest).

A cela s’ajoutent les populations de renards (36.500) de chacals dorés (27.000), elles aussi en forte progression.

"La chasse est autorisée pendant cette période de l’année parce qu’ils font des dégâts tant aux autres animaux sauvages qu’aux animaux domestiques", a expliqué à l’AFP Plamen Kolev, responsable de la chasse à la direction nationale des forêts.

Dans le secteur de Petrich, 13 loups ont été abattus durant la période officielle de chasse qui s’est achevée le 31 janvier, 15 autres loups ayant été tués dans le secteur voisin de Blagoevgrad.

"A cela s’ajoutent cinq loups abattus par des chasseurs disposant de dérogations individuelles", a signalé M. Kitanov. "Croyez-moi, ici on ne crie pas +Au loup !+ sans raison", a-t-il ajouté.

Mais la chasse au loup est un exercice difficile, cet animal disposant d’un instinct de survie particulièrement développé lui permettant de parcourir de 50 à 60 kilomètres par jour pour échapper à un danger.

A la mi-journée, l’UCP recensait la mort de deux loups seulement au plan national - dont aucun à Petro. "Un total de dix loups pour la journée serait un résultat honorable", estimait Miel Bojadziev, le directeur de l’UCP.

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