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Suisse

Le loup lui a pris 13 moutons, mais le berger ne réclame pas sa peau

mardi 22 juillet 2008

Un animal rôde en terre vaudoise. Alain demande juste qu’« on lui fasse peur »

En juin, agneaux et brebis périssaient sous les crocs d’un loup dans la région du Grand Muveran, sur les hauteurs de Bex, scellant la présence officielle du prédateur en terre vaudoise. Officiellement, 8 victimes lui ont été attribuées, mais 13 pourraient l’être lorsque toutes les analyses auront été faites.

Rencontré dans son pâturage, Alain, leur berger, fait tout ce qu’il peut pour protéger ses 850 moutons du carnassier. Mais contrairement à d’autres éleveurs, il ne réclame pas sa peau : « Moi, je ne demande pas qu’on tue le loup. Si on me fournissait simplement un fusil d’alarme ou des balles en caoutchouc, je pourrais me contenter de lui faire peur. » Une opinion que ne partage pas Victor (prénom fictif), un vieux fromager du coin. S’il voit le loup, dit-il, il le « flingue, idem pour le lynx ».

Alain le berger bénéficie de trois chiens de protection, Bergo, Luppa et Gaïa, des Maremmani dont l’un a été mis à sa disposition par la Confédération. Mais avec le brouillard souvent présent, cela ne suffit pas pour éviter des attaques. Il y a une semaine, il semblerait bien que le loup lui ait d’ailleurs pris une nouvelle brebis.

« Ça ne servirait à rien de tirer le loup, souligne Jean-Claude Roch, surveillant de la faune. Il faut apprendre à vivre avec lui, car d’autres viendront. » Si ce n’est pas déjà fait. Ce week-end, des touristes ont affirmé avoir entendu le prédateur hurler. « Or un loup seul ne hurle jamais, dit Alain. C’est sûr, ils sont au moins deux. »

« Le loup évite la rencontre avec l’homme »

Aucun danger pour les touristes amateurs de randonnées pédestres dans les alpages de Bex, selon le conservateur vaudois de la faune, Sébastien Sachot. L’animal est discret : il évite le contact direct. « Historiquement, l’homme est plutôt le prédateur du loup. Il est très difficile de le rencontrer. »

Le Canton ne s’alarme donc pas encore de sa présence depuis une semaine dans la région du Grand Muveran, malgré ses récentes attaques. Vaud a toutefois informé les autorités locales et les bergers concernés. « La situation est loin de nous faire penser, pour l’heure, à une demande de tir », conclut Sébastien Sachot.

Voir en ligne : Le Matin Online

P.-S.

Article et photo de Thierry Grobet

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