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Retour du loup en France

Le loup est bien passé par le Revermont

mercredi 17 décembre 2003, par Olivier Leroy

Fin octobre c’est bien un loup qui a attaqué un troupeau à la limite de la vallée du Suran et de la basse vallée de l’Ain à Neuville-sur-Ain. Après un premier carnage cet été dans le Valromey, cette annonce relance la polémique sur la présence du loup dans l’Ain. Surtout s’il s’avérait que les deux loups identifiés par leurs excréments ne font pas qu’un.

On s’en doutait, cette fois, c’est officiel : la « bête » qui à la fin du mois d’octobre a attaqué un troupeau de brebis à deux reprises au hameau de Résignel dans l’axe de la basse vallée du Suran sur la commune de Neuville-sur-Ain était bien un loup -voir nos éditions du 9 novembre-. Après la perte au début de l’été par un éleveur des Plans d’Hotonnes dans le Valromey de soixante-neuf ovins, attaqués déjà par un loup de la lignée italienne, cette annonce va une nouvelle fois relancer le débat sur la présence du carnivore dans la région.

Car l’annonce hier soir par les services de la préfecture est formelle et fait suite aux analyses d’excréments pratiqués par un laboratoire de biologie de l’institut d’écologie de Lauzanne : le prédateur est bien un loup. Comme à Hotonnes, comme à Outriaz probablement où un veau a été dévoré, cette fois, cette présence à moins de trente kilomètres de Bourg-en-Bresse, à une dizaine à vol d’oiseau d’Ambérieu-en-Bugey risque de faire monter la pression d’un cran entre les éleveurs qui demandent la suppression pure et simple de cet animal protégé, la préfecture et ceux qui estiment que son élimination n’est pas la meilleure des solutions.

Un ou plusieurs ?

Et on n’évoque même pas l’impact sur la peur ancestrale qui risque de rejaillir dans les consciences de nos urbains en apprenant qu’un loup rôde aux portes de leur ville... même si il faut encore une fois rappeler que l’animal n’est pas réellement dangereux pour l’homme.
Fin octobre, l’éleveur d’origine suisse qui s’était installé le printemps dernier à Neuville-sur-Ain avait découvert cinq brebis et neuf agneaux sur le carreau et deux autres qu’il a dû éliminer. Le lendemain un bélier passait aussi de vie à trépas.

Cette fois cette présence aux portes du Revermont risque de marquer un peu plus les esprits, même s’il faudra encore attendre encore un peu pour savoir si le loup de Neuville est le même que celui repéré aux Plans d’Hotonnes. Si c’est le cas, cela serait plutôt une bonne nouvelle, puisqu’on pourrait avoir affaire à un animal isolé, qui, sans problème comme ses congénères, est capable d’effectuer une trentaine de kilomètres en une nuit. Par contre, si le loup du Revermont n’est pas celui du Bugey, cette seconde présence pourrait sérieusement devenir intolérable pour les 200 éleveurs ovins du département déjà très remontés. Même si les anciens se souviennent qu’un loup avait déjà été identifié dans l’Ain dans les années 70 et qu’il reste encore 20 000 moutons dans l’Ain...

Maintenant, l’Etat et la préfecture devront vraisemblablement accélérer la prise de mesures adaptées pour le département, aider à une meilleure et plus rapide indemnisation des victimes du loup, en favorisant aussi l’embauche d’aides-bergers ou à l’investissement pour les éleveurs ovins de chiens pattous.

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