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Témoignage :

Le loup du Val d’Allos

Rencontre au sommet !

samedi 9 novembre 2002, par gilles

Situé dans le département des Alpes de Haute Provence le Val d’Allos, station de montagne de la Haute Vallée du Verdon, a été le théatre d’une observation à la jumelle du canis lupus lors d’une partie de chasse au chamois...

Vendredi 1er novembre 2002... une journée que nous ne sommes pas prêts d’oublier ! Je dis nous parce que ce matin là, je chassais avec mon oncle qui partage la même passion de la chasse conjuguée à un amour sans faille de la nature en général et de la montagne en particulier.
Alors que nous étions partis au petit matin pour traquer le chamois dans le secteur des Sources du Verdon nous étions bien loin de penser que là, dans nos montagnes natales, nous allions assister à ce nous avons tous deux qualifié de merveilleux...

Après plusieurs heures de marche, nous avions observé plusieurs chamois dont l’attitude ne nous avait pas laissé indifférents. Inquiets, observateurs, fuyants, tel pourrait on décrire leur comportement tant ils détallaient à vive allure du plus loin qu’ils nous apercevaient. Impossible donc d’envisager une approche tant la distance qui nous séparait de ces gazelles alpines était importante. Nous ne nous découragions pas pour si peu puisque en bons chasseurs qui se respectent le prélèvement fatal n’est pas pour nous une finalité. Ce lieu certe difficile d’accés, où nous avions décidé d’user ce matin là nos semelles offrait à lui seul une diversité de paysages à couper le souffle. Qu’importe la bredouille, la satisfaction de se retrouver par une belle journée d’automne dans un pareil endroit l’emportait sur tout le reste...

Après 6 heures de marche consacrés à l’exploration des vallons situés en rive droite du Verdon dans le massif des 3 Evéchés, nous avions décidé de "casser la croute" à quelques dizaines de mètres du lieu où, à la fin des années 80, notre cousin, Claude, avait perdu la vie emporté en plein moi de décembre par une avalanche. Le vallon des Courtiens, tel est le jolie nom que porte ce site très peu fréquenté de par l’absence de sentier pour s’y rendre.

Midi...
Sans se faire prier nous sortions de nos lourds sacs à dos de quoi se restaurer après l’effort. Avant toute chose il convenait quand même de jeter un dernier coup de jumelles dans les barres rocheuses qui nous surplombaient. Un gros bouc, le temps de le dire, disparaissaient derrière la ligne de crête à plus d’un kilomètre de nous... et puis là sur l’arrête sommitale de la face nord des 3 Evéchés à environ 500 mètres de nous je venais de repérer à l’oeil nu le fruit de notre quête. J’informais donc mon oncle qui avait déjà commencé à se restaurer, de ma découverte et dans un élan collectif nous portions tous deux nos jumelles à nos yeux pour regarder en direction de ce que pensait être un chamois. 2 secondes d’hésitation... De cet animal on ne distinguait que le corp de profil, pas la tête car il regardait dans la direction opposé où nous nous trouvions. Un loup... putain, un loup ! Sitôt la "bêtes" avait ramené sa tête dans l’axe de son corps notre verdict était formel... Un loup ! Oh non de dieu... Planques toi me dis mon oncle ! C’est alors qu’ont débuté 6 à 7 minutes d’observation jubilatoire. Planqués chacun derrière un gros bloc de pierre nous avons observé cet animal qui fait couler tant d’encre et de salive dans nos belles vallées du Mercantour. Nous connaissions déjà bien entendu le renard et la belette, nous venions de faire connaissance avec le loup. Sa silhouette se détachait en plein ciel azur. La langue pendante il commençait alors une descente sur le mince manteau neigeux gelé qui recouvrait ce pan de montagne. Il se rapprochait de nous... Puis soudain, dans la pente abrupte, il se mit à glisser sur une cinquantaine de mètres en essayant de se stabiliser avec succés pour ne pas se casser la bobine. Lentement il allait traverser à mi pente cet ancien cirque glaciaire pour disparaitre quelques secondes derrière un petit col. C’esgt alors que nous avons pensé ne plus jamais le revoir... Balivernes... Rapide comme l’éclair il revenait de plus belle vers nous pour disparaitre à jamais derrière les blocs de moraine à environ 300 mètres de notre lieu de pique-nique. Quelle joie, et surtout quelle émotion, là à environ 2500 mètres d’altitude dans un décor minéral nous venions d’observer le loup. Persuadés, certains, formels, tels ont été les termes utilisés pour convaincre amis et famille dès notre retour.
Ce 1er novembre 2002, je soufflait 32 bougies de passion pour la chasse, la faune, la flore et la nature en général... Dame nature venait de m’offrir le plus beau des cadeaux.

Je tiens à présicer que cette observation dont nous gardons tous deux le plus grand des souvenirs à été signalé aux agents du Parc National du Mercantour, bureau du Haut-Verdon, ainsi qu’aux agents de l’Office National des Forêts. Notre témoignage a bien entendu été consigné pour le réseau d’observation "LIFE", nous souhaitons simplement au lecteur que vous êtes de vivre un moment aussi intense...

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