Accueil > Les archives > Le loup « déclassé » au niveau du lynx

Suisse

Le loup « déclassé » au niveau du lynx

dimanche 28 novembre 2004

Le Conseil fédéral suisse souhaite que sa protection soit moins stricte.

Afin de désamorcer les conflits avec les éleveurs en région de montagne, la protection du loup doit être moins stricte. Le Conseil fédéral demande au Comité permanent de la Convention de Berne de « déclasser » l’animal. Le loup jouirait ainsi de la même protection que le lynx.
En vertu de la Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel (Convention de Berne ), le loup est actuellement une espèce strictement protégée. La Suisse demandera au Comité permanent de la Convention de Berne, qui siégera à Strasbourg du 29 novembre au 3 décembre prochain, de faire passer le loup de la catégorie « espèce strictement protégées » à celle « d’espèce protégée ».
Si cette demande est acceptée, le loup aura en Suisse le même statut que le lynx, a précisé vendredi l’Office fédéral de l’environnement. Le Conseil fédéral en attend trois avantages : une meilleure acceptation du loup dans les régions de montagne, une diminution du risque des tirs illégaux ainsi qu’une application plus systématique par les éleveurs des mesures de protection des troupeaux proposées par la Confédération et les cantons.

Le déclassement du loup correspond à un mandat parlementaire. En juin 2003, le Conseil national avait refusé de justesse - par 84 voix contre 77 - la motion de Theo Maissen (PDC/GR) demandant que le loup soit retiré de la liste des animaux protégés. Toutefois, le Conseil national avait adopté un postulat demandant au Conseil fédéral d’aménager le concept « Loup Suisse » de manière à ce que les éleveurs ne soient pas soumis à des restrictions inacceptables.

P.-S.

Pro Natura et le WWF ont réagi contre la proposition du Conseil fédéral de diminuer les exigences de protection du loup en déclassant le prédateur de la catégorie d’"espèces de faune strictement protégées" à celle d’"espèces de faune protégées". Selon le WWF, la protection des moutons ne doit pas être assurée par les armes, mais par les bergers et les chiens de berger. "Demander le déclassement du loup ne servira pas la cause des éleveurs, mais ne fera qu’apporter de l’eau au moulin des partisans de l’abattage systématique", a indiqué Doris Calegari, cheffe de projet Grands prédateurs du WWF Suisse. Le WWF craint une hausse de l’abattage illégal et non contrôlé si le Comité permanent de la Convention de Berne devait accéder à la demande du Conseil fédéral.


Source : Edicom et agriculture.ch

NEWS : breve 103

Partager cet article :

Soutenir par un don