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Le loup classé "orange"

jeudi 6 mars 2008

L’Union mondiale pour la nature a publié la liste rouge des espèces menacées. Celle-ci est constituée selon trois critères principaux : taux de déclin des effectifs d’une espèce donnée, étendue de son aire de distribution et nombre d’individus matures connus.

Pour la France, les résultats de cette étude, pilotée par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) pour le compte du ministère de l’écologie, ont été transmis à la Commission européenne, jeudi 28 février [1].

Environ 200 espèces animales et 100 espèces végétales protégées ont été étudiées, ainsi que 132 habitats naturels (lagunes côtières, prés salés, dunes, etc.) qui sont le support de la vie des espèces. Les oiseaux, qui font l’objet d’une directive spécifique, n’étaient pas concernés. Les bilans ont été effectués par aire géographique : atlantique, continentale, alpine et méditerranéenne.

Une couleur a été attribuée à chaque espèce et habitat : verte quand l’état de conservation est favorable, orange quand il est "défavorable inadéquat" (situation inquiétante mais réversible), rouge quand il est "défavorable mauvais" (viabilité compromise), gris quand son état n’est pas connu. Quelque 200 experts ont été mobilisés, toutes les données disponibles rassemblées : un travail ardu, car les informations sont difficiles à collecter, éparses et hétérogènes.

Un tiers des espèces protégées menacé !

Le constat dressé est « globalement mauvais » : 33 % des espèces évaluées sont dans le rouge, c’est-à-dire menacées dans leur survie, selon le code couleur arrêté par Bruxelles. Parmi les plus connues, Jacques Trouvilliez cite le grand hamster d ’ Europe, présent en Alsace, dont la population et l ’ aire de répartition régressent . Ou le vison d ’ Europe, carnivore niché sur les berge s. L e scientifique évoque encore l ’ écrevisse à pattes blanches, victime de la dégradation des cours d ’ eau, ou de petits papillons inféodés à certaines fleurs des prairies humides. « Les résultats collent bien avec la liste rouge mondiale de l ’ UICN (Union pour la conservation de la nature) : ce sont toutes les espèces ou habitats liés aux zones humides, qui régressent et perdent toute connectivité entre elles » , souligne Jacques Trouvilliez. Pour autant, il nuance les résultat s : « Ainsi, ça peut surprendre les amis du loup, mais il est classé en orange, car les perspectives futures sont bonnes, son espace de répartition augmente . »


Le loup va t’il être prochainement "déclassé" comme l’ont proposés certains sénateurs ?, pour permettre une "meilleure" régulation ? (sic)

Notes

[1C’est pour répondre à une obligation communautaire, fixée par la directive sur les habitats naturels de 1992, que la France s’est livrée à cet exercice

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