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Suisse

Le canton de Berne souhaite la bienvenue au loup

lundi 19 mars 2007

« L’homme doit accepter le retour du loup dans son habitat originel. Et prendre en considération les besoins des éleveurs de moutons, de chèvres, et des chasseurs. » Telle est la philosophie du ministre bernois de l’Economie, le socialiste Andreas Rickenbacher, féru de développement durable. Il assène : « Le loup est strictement protégé aux termes de la Convention de Berne. »

« L’homme doit accepter le retour du loup dans son habitat originel. Et prendre en considération les besoins des éleveurs de moutons, de chèvres, et des chasseurs. » Telle est la philosophie du ministre bernois de l’Economie, le socialiste Andreas Rickenbacher, féru de développement durable. Il assène : « Le loup est strictement protégé aux termes de la Convention de Berne. »

Le ministre s’est démené pour que le loup soit le bienvenu dans son canton. Et pour que son retour soit toléré par tous. Il a réalisé la gageure de le faire admettre à ceux qui craignent le prédateur. Les fédérations bernoises d’élevage ovin, caprin, des chasseurs, Pro Natura et le WWF ont signé, avec lui, une convention. Ainsi, tous s’engagent à respecter la stratégie bernoise de gestion du loup.

Disparu depuis 1890

Le loup avait disparu du canton de Berne en 1890, le dernier ayant été observé en Ajoie, district encore bernois à l’époque. Depuis 2001, des loups ont été observés, au Grimsel et dans le Lauterbrunnental. Le 22 mars 2006, un loup était écrasé par un train. Le 27 novembre dernier, huit moutons étaient attaqués à Pohlern, près de Thoune. Les analyses ADN ont identifié un loup mâle, pas encore recensé en Suisse, originaire d’Italie.

C’est là qu’entre en scène Andreas Rickenbacher. Avant que ne soit déclarée une éventuelle guerre du loup, il prend le pari de réunir autour de la même table les intéressés. Et fait admettre sa stratégie de gestion du loup. Le succès bernois vaut davantage par le processus que par le contenu, qui se résume ainsi : « Mieux vaut prévenir que guérir. »

Berne, qui compte quelque 23000 moutons estivant sur l’alpe en été dans des troupeaux souvent petits et dépourvus de surveillance, fait siennes les propositions du concept « loup Suisse ». Le canton incitera les éleveurs et les bergers à regrouper leurs troupeaux, délimitera des zones prioritaires pour lesquelles des bergers, mais plus sûrement des chiens de protection devront être prévus - la Confédération subventionnera. Le canton prendrait des mesures immédiates s’il devait y avoir des attaques, avec des bergers « de piquet », des chiens, des clôtures et le déplacement du troupeau.

Le salut par le cerf

Berne formule une autre mesure, originale : depuis 2006, le canton favorise la propagation dans ses forêts du cerf noble. « Les conflits avec les animaux de rente pourraient être désamorcés grâce à une meilleure offre en cerfs nobles, la proie originelle principale du loup », relève Andreas Rickenbacher, qui refuse d’apparaître pour un angélique. Il préfère être un pionnier du pragmatisme, en appelant les diverses parties ayant affaire au loup, non pas à se positionner pour ou contre le prédateur, mais à mettre en place les mesures de prévention susceptibles d’assurer une judicieuse coexistence entre le loup, les moutons, les chasseurs et l’homme.

Reinhard Schnidrig, de l’Office fédéral de l’environnement, applaudit des deux mains, insistant sur le fait que « le loup, comme d’autres grands prédateurs, a sa place dans l’habitat naturel suisse ; mais nous devons prendre les mesures qui conviennent pour éviter autant que possible les conflits ». Et de lancer, à l’adresse du canton de Berne : « La stratégie sur papier est une bonne chose. Mais elle doit franchir le cap de l’étape suivante : sa mise en œuvre. »

Voir en ligne : letemps.ch

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