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Le Parc animalier de Thoiry "hurle" en faveur des loups

vendredi 19 juillet 2002, par l’Agence France Presse

Cinq louveteaux viennent de quitter pour la première leur terrier, au Parc animalier de Thoiry (Yvelines), où ils sont nés il y a un mois et demi, ont annoncé vendredi les responsables de cet établissement qui espèrent que les visiteurs, en contemplant leurs jeux, deviendront des défenseurs de cette espèce animale la plus menacée de France.

"Nous reprochons aux Indiens l’extinction des tigres, aux Africains de manger les antilopes, aux Indonésiens d’abattre les forêts où vivent les orangs-outans, et nous, pays riche, refusons d’accepter sur notre sol un carnivore qui fait partie de notre patrimoine naturel et culturel", s’insurge, auprès de l’AFP, le fondateur du zoo de Thoiry, Paul de la Panouse, qui entend accorder dans son parc - connu surtout pour son "safari africain" - une place grandissante à la faune européenne.

En fait, si le retour du loup en France, après plusieurs décennies d’absence totale, est une évidence, personne n’en connaît l’effectif exact. Selon les indices recueillis grâce à un réseau de correspondants mis en place dans le cadre du programme européen LIFE en l’an 2000, en tout, 102 pistes ont été repérées, neuf hurlements entendus, 385 fèces, 21 carcasses de proies sauvages collectées et 24 observations directes d’un ou plusieurs loups signalées.

Ces renseignements proviennent quasi exclusivement du Parc national du Mercantour, dans les Alpes françaises, dont les loups semblent venus de l’Italie voisine. Pour les autres régions, "les données ne sont pas suffisantes pour être exploitables", souligne LIFE.

Des louveteaux nés au zoo de Mexico en avril 2002

Les loups n’en sont pas moins accusés de faire des ravages dans les troupeaux de moutons, alors que le nombre des bêtes tuées ne dépasserait pas quelques centaines par an. Parallèlement, selon les biologistes, 500.000 moutons périssent en France, victimes d’attaques de chiens errants, d’accidents de transhumance ou de maladie.

"Mais les moutons tués par les loups sont largement indemnisés par l’Etat, note Paul de la Panouse. Est-il utopique de penser que les bergers, qui sont déjà très subventionnés comme producteurs de viande et acteurs du maintien d’un équilibre écologique dans les montagnes par le pâturage, intègrent dans leurs tâches la protection de quelques meutes de loups ?"

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