Accueil > Les archives > La vidéo qui accuse

La vidéo qui accuse

Info ou intox ?

vendredi 31 août 2007, par Thierry

La vidéo publiée hier, a provoqué de nombreuses réactions et interrogations, et la source de l’information (le magazine choc), qui n’est pas réputé pour son sérieux journalistique, invite à la plus grande prudence avant d’interpréter les images.

  • Bergers ou randonneurs ?
  • Massacre d’un agneau, ou correction violente d’un chien ?
  • Tentative d’accuser l’ours ou le loup ?

Dans tous les cas il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un acte caractérisé de maltraitance sur animal d’une rare violence.

Extraits de l’article publié dans CHOC N°92 :


Au pays de l’ours, des randonneurs ont surpris des bergers en flagrant délit de massacre d’un agneau. Cliquez sur l’image pour voir la vidéo choc.

Incompréhensible, barbare, monstrueux. Les mots manquent à la vision de cette vidéo prise, par hasard, par deux randonneurs en bivouac, sur la berge d’un petit lac de montagne des Hautes-Pyrénées (canton de Campan).

A l’image, deux bergers massacre un agneau. Une scène d’horreur qui commence par un coup de pied et se poursuit jusqu’à l’insoutenable. Sur la bête innocente, les coups s’enchaînent, jusqu’au moment où les brutes, bérets vissés sur la tête, lui attachent une corde au cou pour la faire tourner dans les airs et la cogner contre un rocher. Une fois à terre, la bête immobile est assaillies de toutes parts. Sous la violence de ses propres coup de pied, l’une des deux brutes semble visiblement s’être blessée à la jambe. Unique instant où le spectateur peu jubiler. Le répit est de courte durée. Immédiatement, les bergers appellent le chien et s’affairent autour de l’agneau cloué au sol. Demandent-ils au border colley de lui manger les entrailles ? Que cherchent-ils ? A maquiller leur méfait en attaque d’ours ?

Ce n’est pas l’avis de Sabine Matraire, coordinatrice ours de l’association FERUS qui tout en reconnaissant qu’il n’est pas rare que les bergers transforment une mort naturelle en acte de prédation, penche plutôt pour une correction donnée à un chien responsable du dérochement d’une brebis. Toutefois, le doute est fortement permis surtout lorsque l’on sait la haine des ours qui règne dans la région et que l’on connaît le mode opératoire de l’ourse Franska : en général, elle brise les cervicales de sa victime et mange les organes…

Etrange coïncidence, encore : un berger signale la mort de son agneau, retrouvé dans le massif de Montaigu, un peu plus à l’ouest, le 26 juin. Les experts estiment la date des dommages au 24, le lendemain du tournage de la vidéo, et concluent à un cas de décès imputable à l’ours. L’éleveur est donc grassement indemnisé et avec une rapidité déconcertante, sous huit jours au plus. 120 € pour l’animal aux quels s’ajoutent une prime de manque à gagner, une autre de dérangement et une augmentation due à la réévaluation annuelle ; soit en tout 316 €.

Les tortionnaires auraient-ils déplacé la bête à un endroit où Franska était censée évoluer ces jours là ? Quelques heures après la scène filmée le 23 juin, le corps de l’agneau n’était déjà plus sur les lieux. Sinon, pourquoi un berger tuerait-il ainsi l’une de ses bêtes ?

La gendarmerie de Bagnères-de-Bigorre s’est saisie du dossier. « L’infraction pénale est caractérisée. Il s’agit d’un cas indubitable de maltraitance sur animal » , affirme le capitaine Gaël rastout. L’enquête est en cours.

Voir en ligne : www.choc.fr

Partager cet article :

Soutenir par un don