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La protection des troupeaux

pour une protection des loups !

mardi 2 mai 2006

Le loup peut menacer les moutons, les bovins et d’autres gros animaux dans les régions le territoire des loups et le pastoralisme "à la française" se chevauchent. Pour les producteurs de bétail de ces régions, les activités prédatrices du loup peuvent être très frustrantes et dispendieuses.

Le loup est un prédateur puissant et efficace qui tue généralement sa proie en la mordant à la gorge. Le loup préfère attaquer les chevreuils, les chamoix et les bouquetins mais il mangera également des souris, des écureuils, des marmottes, des insectes, des fruits, des baies et même de l’herbe. Il s’attaquera aux bovins, aux moutons et à d’autre bétail non protégés qu’il trouve sur son territoire. Les jeunes animaux sont particulièrement vulnérables. S’il est impossible d’éliminer complètement les dangers posés par les prédateurs, il y a des moyens de réduire le nombre de têtes de bétail tuées.

Nous ne proposons pas ici de solution miracle (il y en a pas), mais des moyens de protections qui font leur preuve en Italie, en Espagne ou même au Quebec. Encore faut-il que les éleveurs français acceptent de remettre en question leur méthode de pastoralisme où rendement et retabilité interdisent tout mode de gardiennage.

Avant de choisir des méthodes pour diminuer les activités prédatrices des loups, il est nécessaire d’étudier le nombre de têtes de bétail que l’on souhaite protéger, le nombre de loups qui causent des problèmes dans la région et l’investissement en temps et en argent nécessaire.

Chiens et animaux de protection

Les chiens, les ânes et les lamas peuvent devenir des gardiens permanents pour vos moutons dans les pâturages. Certains producteurs utilisent des animaux de garde pour protéger les bovins mais cela est beaucoup plus rare.

L’efficacité de l’animal de garde dépend beaucoup de ses liens avec les animaux gardés, de sa formation, de son instinct et de son tempérament. Il faut également tenir compte du nombre et de la sorte de prédateurs qui sont dans votre région. Les animaux de garde exigent un investissement et des résultats positifs ne sont pas garantis. Avant d’investir, consultez des producteurs qui ont utilisé des animaux de garde et examinez bien les coûts et les avantages de cette mesure.

Chiens de protection

Les chiens de garde peuvent réduire les activités prédatrices des loups sur les troupeaux de moutons ou de bovins. Un bon chien de garde patrouille le terrain, laisse un marquage odorant et aboie lorsqu’il aperçoit des intrus. Un chien de garde efficace a de bons instincts pour ce genre de travail et il est bien formé. Ce type de chien devrait avoir confiance en lui-même, être intelligent et être vigilant.

Pour former un bon chien de garde, choisissez un chiot de sept à huit semaines qui est sûr de lui auprès d’un éleveur reconnu. Les chiots doivent grandir avec les agneaux ou les veaux afin de nouer des liens et de vouloir vivre avec eux et les protéger. Pour les agneaux, placez le chiot avec trois à six agneaux dans un enclos. Si vous placez un chiot avec des veaux, surveillez la situation soigneusement pour vous assurer que le chiot ne sera pas blessé par un veau plus gros. Limitez les contacts humains avec le chiot mais veillez quand même à ce qu’il ne soit pas inconfortable avec eux ou dangereux. Surveillez le chiot de près pour vous assurer qu’il ne joue pas trop agressivement avec les agneaux ou les veaux et qu’il ne les mordille pas. À l’âge de 16 semaines, placez le chien et les agneaux ou les veaux dans un plus gros enclos. Si des liens étroits se sont noués, le chien deviendra un membre du troupeau et le protégera.

Les chiens de garde ne conviendront peut-être pas à un gros pâturage où les moutons ou bovins sont assez dispersés. Au moins deux chiens pourront être nécessaires pour garder des endroits assez vastes où vivent plusieurs centaines de moutons ou un gros troupeau de bovins.

Races populaires de chiens de garde :

  • Pyrénéen
  • Komondor hongrois

Races Moins connues :

  • Berger akbash ou anatolien
  • Shar planinetz
  • Bouvier hongrois
  • Berger des Abruzzes

Quelques documents :

Intégration pastorale des chiens de protection de 1988 à 1998.
Qualité recherchée et résultats d’enquête sur les chiens de protection en place dans les Alpes françaises.
Etude interaction promeneurs chiens de protection
Etude sur l’intéraction entre les promeneurs et les chiens de protection dans le Queyras.
Guide du chien de protection
Source : RÉUSSIR PÂTRE - DÉCEMBRE 1999 - N° 469 Edité par l’institut de l’élevage (3 pages)
La Protection des Troupeaux
Brochure publié par l’Adet

L’association ARTUS a également édité une brochure et une Vidéo sur "Le chien de protection sur troupeau ovin" réalisées par Pascal Wick.

Anes

Les ânes n’aiment pas les chiens, les coyotes, les renards et les loups. Parce que les ânes crient très fort, qu’ils montrent leurs dents, qu’ils ruent et qu’ils mordent, certains producteurs les utilisent pour garder leur bétail (généralement des moutons).

Conseils pour utiliser des ânes

Bonne idée :

  • utiliser des ânes moyens ou gros
  • utiliser des femelles ou des mâles castrés
  • utiliser dans un petit pâturage dégagé avec un petit troupeau

Mauvaise idée :

  • utiliser des ânes miniatures
  • utiliser des mâles car ils sont agressifs et peuvent blesser le bétail
  • utiliser plus d’un âne dans un pâturage ou placer des ânes dans des pâturages adjacents parce qu’ils rechercheront la compagnie des autres ânes plutôt que de rester avec les moutons
  • utiliser de la nourriture qui contient des agents anabolisants qui sont toxiques pour les ânes

Lamas

Les lamas, comme les ânes, réagissent agressivement envers les chiens, les coyotes, les renards et les loups. Pesant entre 115 et 225 kilogrammes, les lamas peuvent facilement effrayer les loups. Les lamas émettent des cris d’alarme très aigus et pourchassent les prédateurs. Ils se placent souvent entre le bétail et les prédateurs. Ces animaux sont également plus souvent utilisés pour protéger les moutons que les bovins. Les lamas fonctionnent mieux quand ils ont noué des liens étroits avec le bétail. Introduisez le lama au troupeau en le plaçant dans un enclos voisin. Une fois que le lama et le bétail se connaissent bien, placez-les ensemble. Avec le temps, le lama peut devenir un compagnon du troupeau très territorial et protecteur sans être agressif envers le troupeau.

Protection des jeunes animaux

Comme tous les prédateurs, les loups recherchent la source de nourriture la plus accessible. Gardez le bétail qui va bientôt accoucher ou qui vient d’accoucher à la ferme avec les petits. Protégez les animaux malades ou faibles contre les attaques. Assurez-vous que vos animaux ont une bonne alimentation afin qu’ils soient forts et moins vulnérables aux prédateurs.

Isolement du bétail pendant la nuit

Plusieurs producteurs laissent leur bétail dehors 24 heures sur 24 pendant la saison de croissance mais cette pratique rend les animaux plus vulnérables aux attaques des prédateurs. Le bétail est plus menacé par les loups à la tombée du jour, en soirée et tôt le matin. Protégez votre bétail en le plaçant dans une étable ou dans une cour éclairée pendant la nuit.

Clôturage contre les prédateurs

Aménagez des clôtures pour garder le bétail à l’intérieur et les prédateurs à l’extérieur. Une bonne conception, une excellente installation et un entretien régulier rendront votre clôture très efficace.

Clôtures en fils de fer traditionnelles
Les clôtures traditionnelles pour empêcher les loups d’atteindre le bétail devraient mesurer entre 1,8 et
2,1 mètres de hauteur et avoir un ou deux câbles de barbelé placés à 15 cm l’un de l’autre au-dessus du réseau de fils.

Clôtures électriques
Pour être efficaces, les clôtures électriques doivent avoir la bonne tension et être bien conçues, bien installées et bien entretenues. Vérifiez souvent votre clôture électrique et inspectez sa condition pour vous assurer qu’elle fonctionne bien.

Un modèle avec neuf fils de fer (voir la figure 1) devrait suffire à protéger le bétail contre les loups. Pour décourager les prédateurs de creuser sous la clôture, installez un fil mis à la terre près de la surface du terrain. Ce fil de fer bas, lisse et d’un diamètre de 12,5 obligera le prédateur à lever la patte et à toucher le prochain fil électrifié. Ceci devrait le décourager de recommencer.

Figure 1
Clôture électrique avec neuf fils de fer. Vue de l’intérieur du pâturage, cette clôture électrique est conçue pour protéger les moutons des prédateurs.

Utilisez du fil de fer très résistant étiré pour une tension d’au moins 90 kilogrammes. La clôture doit produire assez d’électricité pour passer outre à la résistance d’isolement du long poil et de la peau des loups. Une tension de charge d’au moins 3 000 volts est requise mais une tension de 4 000 à 5 000 volts peut être préférable, selon la longueur de la clôture.

Lorsqu’il n’est pas pratique ou qu’il est trop coûteux d’installer des clôtures électriques autour de toute la ferme, vous pourriez songer à clôturer seulement un petit pâturage. En y plaçant le bétail lorsqu’il est le plus vulnérable aux prédateurs, vous pourriez faire un compromis efficace et bien protéger vos animaux.

Figure 2
Clôture électrique traditionnelle pour les moutons. Vue de l’extérieur du pâturage, cette clôture en fils de métal en réseaux est modifiée pour être électrifiée.

Un clôturage électrique peut être ajouté à une clôture en fils de métal en réseaux (voir la figure 2) pour empêcher les activités prédatrices. Placez un seul fil électrifié à l’extérieur de la clôture à 15 cm du sol. Si les loups sautent par-dessus la clôture, placez des fils électriques sur le dessus de la clôture.

Les barrières sont souvent difficiles à électrifier. Songez à installer une planche ou une semelle rocheuse pour empêcher les prédateurs de creuser sous la barrière.

Effet des Fladries sur une meute de loups captifs
Expérimentation de la capacité d`effarouchement sur les loups que peut représenter un ancien dispositif de chasse polonais !

P.-S.

Mais la meilleur des protections reste la présence humaine

Sources d’information : Programme Life et Ministère Canadien de la Faune

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