Accueil > Les archives > La pression monte alors que les troupeaux redescendent !

La pression monte alors que les troupeaux redescendent !

jeudi 2 septembre 2004, par Univers-Nature

Pour les troupeaux, septembre marque le début du retour des alpages, tandis que pour le loup la pression exercée par certains éleveurs et politiques n’en finit pas de monter.

Depuis la parution de l’arrêté du ministre de l’écologie permettant le tir de 4 loups, sous condition (cf l’article du 19/07/04), la surenchère est de mise. En effet, malgré un arrêté ministériel globalement bien perçu par les protecteurs, les éleveurs, efficacement relayés par les politiques locaux, ont obtenu des préfectures concernées des autorisations de tirs qui n’ont plus rien à voir avec de la régulation. Comme le note France Nature Environnement, "Le raisonnement ne se fait plus à l’échelle d’un alpage et de la gestion d’un troupeau pouvant être mis en difficulté par les attaques du prédateur mais à l’échelle d’une douzaine de communes par département avec une dilution complète du principe de prévention." Ainsi, depuis, le 20 août, une frange de bergers extrémistes monte "officiellement" avec un fusil dans les alpages, avec la ferme intention de faire un "carton" sur le loup. Dès lors, les actions locales, pour réclamer la disparition totale du prédateur des zones de pastoralisme, se multiplient. Dans ce déchaînement, le ministre de l’agriculture n’est pas le dernier. Le 27 août, il a une nouvelle fois pris publiquement position contre le loup en déclarant, devant une dizaine d’éleveurs de moutons en Savoie, avoir demandé au ministre de l’écologie que l’arrêté autorisant l’abattage de loups soit étendu aux Alpes du Nord.

Depuis 1992, et son retour en France, le loup n’est qu’un bouc émissaire bien pratique pour la classe politique et les syndicats agricoles. Focaliser l’attention sur le grand méchant loup est plus facile que d’affronter les problèmes qui rongent le pastoralisme, or la disparition du prédateur ne solutionnera pas les problèmes et le mal-vivre des éleveurs.

Pour finir réfléchissons à cette remarque de G. Charollois, de la Convention Vie et Nature (CVN) "Si l’agriculture subventionnée à plus de 50% des régions montagneuses de ce pays ne peut pas supporter quelques dizaines de loups dans les ALPES, pas plus qu’elle n’accepte les quelques ours pyrénéens, comment pourrait-on demander aux populations d’AFRIQUE ou d’INDE d’accepter les éléphants, les lions et tigres qui concurrencent l’homme dans la consommation des végétaux ou des troupeaux ?"

Partager cet article :

Soutenir par un don