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La part du loup

mardi 22 novembre 2011, par Libération

L’Ubaye, une bergerie à ciel ouvert où paissent 80 000 bêtes en été. Une aubaine pour le « Canis lupus », réapparu en 1993. Encensé par les écolos, il est haï par les bergers qui comptent les victimes par centaines.

Dimanche 17 juillet, 7 heures. Le téléphone sonne. Yves comprend sur-le-champ. A l’autre bout du fil, Sandrine, sa bergère : « On a été attaqués ! » Il faut un gros quart d’heure en 4 x 4 pour grimper aux Charbonnières depuis les hauts de Méolans (Alpes-de-Haute-Provence), le village sentinelle de la vallée de l’Ubaye. A l’été, Yves Derbez rassemble ses brebis et agneaux sur ces pâturages. Les bêtes paissent, tranquilles, sous la garde des deux chiens, dans l’enclos électrifié que Sandrine, le soir, déplace au gré de l’herbe fraîche. Fin août, après le sevrage des agneaux, elle conduit le troupeau - 248 brebis et 318 agneaux - bien plus haut, vers les alpages du Laverq.

Plombier-chauffagiste devenu éleveur par passion, Yves Derbez est obsédé par ce qu’il a découvert. Un mouroir sous le ciel, des souches de broussailles noircies de boyaux et de sang caillé, carcasses renversées, sanguinolentes, panses gonflées, membres roides, des brebis estropiées, éventrées, mamelles déchirées, chairs lacérées et, sur ce carnage, le bêlement rauque des femelles désemparées, en quête des agneaux terrorisés. « Je n’avais pas compris, mais la chienne de garde avait été attaquée aussi, les loups l’avaient chopée à la cuisse. Elle avait dû beaucoup travailler, elle était épuisée. » Le parc, effondré, révèle la stratégie du prédateur, son art de déjouer l’obstacle. D’ordinaire, les loups attaquent en duo, l’un distrait les chiens, l’autre, frôlant les fils, rôde autour de l’enclos électrifié, soulevant ce mouvement de panique où les brebis, affolées, ramassées, chahutent la frêle clôture protectrice.

« Un seul agneau survivant qui ne grossira jamais »

Aux Charbonnières, cette nuit, la curée avait commencé par cette dépouille de brebis, la gueule tranchée au ras des épaules, une technique d’équarrisseur. A moins que ce ne fût ces deux agneaux dont Derbez ne retrouva que charpie. Ebahis, les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), revêtus de camisoles blanches et gantées de caoutchouc, ont, une journée durant, passé en revue le carnage. L’attaque était l’œuvre d’une mère louve et de ses louveteaux, conclurent les gardes : 53 brebis massacrées, agonisantes, qu’il fallut euthanasier, sept bêtes disparues, huit salement amochées. Parmi ceux qui ont été attaqué, un seul agneau est survivant : « Il semble content, il broute, mais le choc fut tel qu’il ne grossira jamais. »

L’Ubaye se déploie aux confins du parc national du Mercantour, à équidistance de Gap et du Piémont italien. Quatre-vingts kilomètres de vallons, falaises et précipices, que l’on gagne par les cols, ouverts de mai à octobre, de La Cayolle et Restefond, golgotha des grimpeurs du Tour de France. Il faut atteindre le lac de la Madeleine par le col de Larche pour être saisi par l’ampleur d’un décor en amphithéâtre : au nord, les cimes du Chambeyron et du Queyras ; à l’est, les reliefs piémontais s’abaissent jusqu’à la plaine de Cuneo ; Haute-Provence à l’ouest ; au sud, enfin, les parcours des vallons méditerranéens.

Schistes et calcaires, un extrême monde souligné du vert tendre des mélèzes qui tranche le camaïeu immense des pelouses rases et des pics. L’herbage d’Ubaye est une bénédiction pour les transhumances de Crau. Chaque année, des générations de bergers de basse Provence et leurs troupeaux se répartissent ces quartiers d’alpage. On évalue à 80 000 les moutons, brebis et chèvres qui, de fin juin à mi-octobre, estivent dans cette immense bergerie d’herbe à ciel ouvert. Une aubaine, ce formidable garde-manger dont le loup dispose ! « Comment voulez-vous qu’il ne fasse pas des cartons dans ces pâturages ? Les meutes mèneraient quelques jours de traque pour un chevreuil, alors que des milliers de brebis leur sont offertes. »

Grondement de bêlements

Samedi 24 septembre. Barcelonnette. Foire agricole de Saint-Michel. Place du Gravier, un océan de toisons grises ondule. Un grondement de bêlements sourds envahit la capitale de l’Ubaye, 2 000 brebis ont déjà abandonné l’alpage - on dit « démontagner ». Blouses anthracite des maquignons, tee-shirts et jeans des éleveurs, feutres cabossés des bergers et bergères, le métier se féminise. « Pourtant, quelqu’un m’a dit que tu m’aimais encore. » Carla Bruni roucoule dans la sono, le vaste foirail caquette, bêle, meugle, hennit, mais, à la tribune des personnalités, il n’est question que du loup. Yves Derbez : « Qu’il est difficile de faire admettre notre désarroi à des responsables qui ne viennent jamais dans nos montagnes ! Nous le répétons sans cesse : si rien n’est fait, le métier d’éleveur est condamné à disparaître des alpages, personne n’entend, personne ne nous répond. »

La veille, convié par la Chambre d’agriculture, Philippe Blachère, en charge du dossier loup à la Direction départementale des territoires, a planché une heure face aux éleveurs de Haute-Bléone : 218 attaques imputées au Canis lupus depuis le début de l’année dans la vallée ! Quelque 570 animaux domestiques massacrés. Ovins en majorité, mais aussi des boucs et des chèvres ; plus inquiétant encore, des bovins, chevaux demi-sang, mulets et chiens déchiquetés au seuil des hameaux… Deux fois plus de victimes que l’an dernier. Une augmentation continue. Pas un ne soufflait mot autour des longues tables disposées en u, tandis que Blachère égrenait des statistiques. « Dans les derniers mois, 38% des attaques ont fait une seule victime, peu de changement. Les "grosses affaires", en revanche, explosent : 3,3% ont provoqué entre 16 et 20 victimes, 1% entre 21 et 40. Une nouvelle catégorie apparaît : 1,6% des agressions ont laissé 50 carcasses. »

Cet été, les carnassiers ne s’en sont pas pris au seul troupeau Derbez. Le week-end du 23 juillet, une semaine après la décimation des Charbonnières, les loups ont attaqué les hauts de la station de Super-Sauze, à deux pas du gîte-restaurant la Cabane à Jo : 104 brebis et agneaux de la famille Caire ont été étripés, égorgés ou portés disparus en montagne. Du jamais-vu dans la vallée d’Ubaye.

Flash-back. 4 novembre 1992, 8 heures. Postés à la Vacherie du Collet, en montagne de Vésubie, des gardes du parc du Mercantour observent une harde de mouflons à la jumelle. Ils remarquent un chien étrange, accroupi sous un couvert de jeunes mélèzes au-dessus des Sagnes. Oreilles pointant sur les côtés, robe gris foncé, dégradée en clair au poitrail. Les mouflons s’égayent. Un second animal surgit, il trotte, de profil, gris comme le précédent. « Un chien très haut sur pattes, plutôt svelte, assez allongé, queue basse, une gueule en dessous du niveau des épaules, raconte un garde. Les deux spécimens demeurent sur la crête, côte à côte, quatre minutes peut-être. Ils ne bougeaient pas leur gueule, comme font les chiens. Tout à coup, ils ont disparu » [Lire ici].

Chantres du « wilderness »

Mai 1993. «  Bienvenue au loup, il revient en France !  » Le parc du Mercantour et la revue Terre sauvage s’enthousiasment : on doit « protéger comme un trésor ces pionniers de la reconquête animale. Voyons-y des fragments d’âme celtique qui hurlent leur liberté dans la montagne. » Disparu depuis un demi-siècle, le « grand canidé » aurait parcouru les crêtes montagneuses depuis son refuge des Apennins italiens, traversé les autoroutes, frôlé hameaux et villages pour s’établir en Mercantour, cette immense réserve giboyeuse peuplée de bouquetins, cerfs, chamois, chevreuils, mouflons et sangliers. Les amis de la nature pavoisent : les loups dans les zones montagnardes, une chance pour le patrimoine ! Les chantres du wilderness s’enflamment : « Emblème symbolique, son existence exprime la liberté absolue. Quand il hurle, son chant fait revivre la nature. Il est le fil ténu qui nous relie à elle et à notre propre nature. Une nature privée de vie sauvage, c’est une nature qui a perdu son âme » (Terre Sauvage, mai 1993).

Dilemme, quand même… le Mercantour abrite aussi des humains. Tout comme la faune sauvage, éleveurs et bergers ne participent-ils pas de cet écosystème depuis des millénaires ? Or, les mémoires redoutent l’intrus qui reçut de l’évolution « des armes dans la gueule et dans les pieds, de la ruse, de la force, de l’agilité, tout ce qui est nécessaire en un mot pour trouver, attaquer, vaincre, saisir et dévorer », écrit Le Verrier de La Conterie en 1778. D’autant que le loup se repaît volontiers des brebis en pâture…

« Quand le loup est apparu en Mercantour, le ministère de l’Environnement a dit : "Vous l’avez, à vous de le gérer", rapporte Robert Estachy, alors responsable du parc en Ubaye. On nous bombardait de notes de service. Nous avions mission de parcourir les villages pour dispenser la bonne parole : le loup est "moteur" de biodiversité, ne vous inquiétez pas, il n’est pas dangereux, il ne tue que pour se nourrir, aucunement par plaisir. » Le fonctionnaire en convient, cette communication était inadaptée. « Nous n’y connaissions rien, ce sujet vierge n’avait pas été étudié. Le loup nous a rapidement dépassés, il avançait trop vite. »

D’une année à l’autre, l’expansion de « la bête » se vérifie, des centaines d’ovins sont broyés sous ses crocs. Plus d’un millier de victimes au premier semestre 2011. Outre des incursions en Dauphiné, dans les deux Savoie, en Valais suisse, un récent bulletin de l’ONCFS confirme la présence du loup dans le Var, dans le massif de la Sainte-Baume, sur les plateaux du Vercors, dans les cantons du Doubs, du Jura, de Franche-Comté et dans les Vosges. En 2009, 19 meutes auraient réapparu dans 26 « territoires à loups », des Pyrénées au Cantal ; 164 spécimens, selon les comptages du ministère de l’Environnement, mais sait-on exactement ?

Le loup, fuyant, est une espèce nomade par excellence, sa progression géographique relève du comportement même de son genre. Chaque meute, soit deux à six individus gouvernés par un « couple alpha », sillonne et régente un territoire-refuge de 200 à 400 km2. L’âge venant, les spécimens pubères partent en quête d’un nouvel espace pour fonder leur clan. Errants, ils peuvent parcourir des distances records, 800 kilomètres en quelques semaines. Qui sait, le loup s’installera peut-être en Limousin, en Champagne, en Lorraine, dans les massifs de Fontainebleau ou de Compiègne. Ne l’a-t-on pas repéré outre-Quiévrain, près de Namur, au Plat Pays wallon ? Protégé par la Convention de Berne de 1972 et une directive européenne de 1992, la bête grise est libre d’errer où bon lui semble. Mieux : ému par son charme fascinant, l’homme, son unique prédateur, élève en dogme cette sauvagerie !

Un mouton belliqueux

Eleveurs et bergers s’en alarment : qu’adviendra-t-il des petites volailles, du bétail, des animaux domestiques des fermes ? « Si le malheur doit se changer en bien, le loup est l’occasion de pérenniser un nouveau pastoralisme », ose Christophe Bonnet de France Nature Environnement. D’autres, plus directs, l’assènent : l’élevage extensif des brebis est incompatible avec le vagabondage des loups ! A les écouter, les moutons, très cons, ne contribuent même pas à la biodiversité de l’Alpe : qu’ils retournent donc à l’étable, qu’ils se contentent de leur destin de « machine à viande » !

Soulevés par la pureté restaurée d’une nature authentique, inviolée, les néoécologistes rêvent d’une montagne vierge, débarrassée du berger, ce bipède, et des ovins absurdes. Que l’espace soit disponible à la sauvagerie des loups ! Comme si nous observions, profonde rupture anthropologique, l’inversion de notre représentation philosophique de la brebis et du loup. Devrait-on souhaiter la sélection d’un mouton belliqueux, capable de tenir tête au Canis lupus ? Une équipe de biologistes canadiens s’emploie, paraît-il, à l’ensauvagement des moutons.

« Nos bêtes ne sont pas des pions, s’insurge Hélène Caire, éleveuse de grand-père en fille, au plateau d’Enchastrayes. Les écologistes ne comprennent pas qu’on puisse être attachés à nos brebis. On les élève, on vit toute l’année avec elles. Nous voulons qu’elles transhument dans les meilleures conditions. Alors pourquoi livrer nos brebis à la crainte du loup ? Je veux qu’on m’explique ! » Dans le sillage philosophique d’Elisabeth de Fontenay, la chercheuse Jocelyne Porcher, qui fut éleveuse, écrit : « Les éleveurs ne peuvent pas laisser la "part du loup", comme le leur demandent les écologistes, car ils ont un devoir de protection envers leurs animaux qui exclut complètement de les abandonner aux prédateurs. Ce serait un déni profond du sens de leur métier. » [1]

« Couchades libres »

Eradicateur jadis, l’Etat, patient, avait dressé un arsenal pour se débarrasser de la « grande bête féroce ». Désormais protecteur, il déploie des stratégies insensées pour amoindrir ses méfaits, effacer les conséquences de sa sauvagerie. Des théories d’experts sont lâchées sur les éleveurs : « Il faut que vos bêtes soient bien menées, attention ! Faites comme ça, pas comme ci ! » Un vocabulaire inédit, technocratique, court l’alpage : « Regroupement nocturne, chien de dissuasion, dispositif électrique de protection,tir d’effarouchement, tir de défense. » Règlements et « contrats types » élaborés par des fonctionnaires fleurissent dans les massifs à loups. Les déprédations lupines sont « prises en charge » et s’élèvent cette année à 1,9 million d’euros pour l’Hexagone. De gré ou de force, les éleveurs, humiliés, doivent « signer », sinon ils ne recevront aucune indemnisation en cas d’attaque ! Métaphore d’une gestion économique contre le lien antique du don et de l’échange entre humain et animal domestique. Seront-elles proscrites, les « couchades libres » que, d’instinct, les brebis choisissent la nuit, au sec, dans les vallons abrités des vents forts, sur les crêtes ventilées des quartiers d’août ? Les règlements interdiront-ils aux éleveurs de « soigner » des parcelles éloignées, maintenant dévolues au loup ?

Dans l’alpage, la révolte point contre les « lois » de gestion des pâtures. Les bergers devront-ils abandonner les pâturages au crépuscule, ces heures prisées par les brebis ? Faudra-t-il enfermer les troupeaux ? « Ce n’est pas bien, disent les Caire, les brebis ont besoin d’être tranquilles. A la tombée du soir, nous sommes obligés de les "secouer" une heure durant avant de les descendre au parc. » Sans oublier l’érosion du multiple passage des bêtes, le piétinement des concentrations obligatoires. Qu’importent les oukases bureaucratiques des structures interministérielles, qui ignorent tout de l’étonnante plasticité du loup. Comme les brebis, on ne peut restreindre celui-ci dans un modèle.

Philippe Constant, 56 ans, est berger au vallon de Fours : « J’ai subi une attaque de plein jour, un brouillard d’enfer, on ne voyait pas à dix mètres, je ne m’en suis même pas rendu compte. Travailler devient intenable. » Des bergers épuisés « démontagnent », ils redescendent les troupeaux plus tôt dans la vallée, du jamais vu depuis la mobilisation en 1939. « De quoi les éleveurs se plaignent-ils, puisqu’ils sont indemnisés ? » renchérissent les amis écolos du loup. Comme si le lien des hommes et des brebis, noué sur le long temps des mythologies de notre récit antique méditerranéen, pouvait s’échanger contre de la valeur ! « Quand on élève des animaux domestiques, ce n’est pas pour que le prédateur en fasse son ordinaire en un déjeuner de soleil », s’encolère Hélène Caire.

Course contre la montre

Ecartelé entre le puissant lobby naturaliste et la fronde paysanne grondante, l’Etat dispose d’un privilège ultime : la mise à mort de la bête. Dans le jargon édulcoré d’aujourd’hui, on dit « prélèvement ». Cette autorisation relève du ministère de l’Environnement, à charge aux préfets de la concrétiser. Le « protocole » des conditions du prélèvement est draconien. Seules peuvent en bénéficier les « unités pastorales » qui ont subi au moins trois attaques consécutives dans un laps de temps de trois semaines et relevant 18 animaux massacrés.

25 juillet. Comptabilisant 182 déprédations sur son secteur, Sylvie Espécier, sous-préfète de Barcelonnette, élabore un arrêté. D’une durée d’un mois, il autorise un seul « prélèvement » sur l’aire de Barcelonnette, Jausiers, Uvernet-Fours et Enchastrayes. Un point c’est tout. Une course contre la montre s’ébauche. Sylvie Espécier sait que les avocats de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) s’apprêtent à déposer une requête de suspension administrative. Pendant dix-sept jours consécutifs, 120 agents de l’ONCFS, 38 lieutenants de louveterie et 130 chasseurs bénévoles passent à l’action ! Des jours de traque sous les mélèzes, de l’aurore à l’aube, entre chien et loup, quand les meutes gagnent ou quittent leurs tanières, en quête de proies.

« Seul problème : nous ne savons plus chasser le loup, avoue Dominique Melleton, responsable de l’ONCFS dans les Alpes-de-Haute-Provence, non sans humilité. Apercevoir le loup est difficile, cherchez-le, il n’est pas là. La traque est très, très compliquée, car ce sauvage est discret, agile. » La nuit ? « Comment identifier les yeux du loup dans un pinceau de phare. Un renard, un lynx, on sait, mais un loup… Si on disposait encore des chiens "créancés" du siècle dernier. Mais quand ils flairent l’odeur pestilentielle du loup, nos chiens s’apeurent, et ils reviennent sur nos talons. » Pour dire qretrouva que charpie. Ebahis, les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), revêtus de camisoles blanches et gantées de caoutchouc, ont, une journée durant, passé en revue le carnage. L’attaque était l’œuvre d’une mère louve et de ses louveteaux, conclurent les gardes : 53 brebis massacrées, agonisantes, qu’il fallut euthanasier, sept bêtes disparues, huit salement amochées. Parmi ceux qui ont été attaqué, un seul agneau est survivant : « Il semble content, il broute, mais le choc fut tel qu’il ne grossira jamais. »

L’Ubaye se déploie aux confins du parc national du Mercantour, à équidistance de Gap et du Piémont italien. Quatre-vingts kilomètres de vallons, falaises et précipices, que l’on gagne par les cols, ouverts de mai à octobre, de La Cayolle et Restefond, golgotha des grimpeurs du Tour de France. Il faut atteindre le lac de la Madeleine par le col de Larche pour être saisi par l’ampleur d’un décor en amphithéâtre : au nord, les cimes du Chambeyron et du Queyras ; à l’est

Voir en ligne : Source : Article de ANNE VALLAEYS pour Libération

Notes

[1« Vivre avec les animaux, une utopie pour le XXIe siècle », éd. La Découverte.

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