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La guerre du loup en France : état des lieux

mercredi 25 août 2004

La guerre du loup aura-t-elle lieu ?
Ecologistes et éleveurs de brebis affûtent leurs arguments, les premiers s’apprêtant à en découdre devant la justice européenne tandis que les seconds se disent prêts à sortir les fusils pour protéger leurs troupeaux, le gouvernement estimant que la coexistence entre le loup et l’agneau reste possible, a publié un arrêté ministériel autorisant le tir de quatre loups dans les départements des Hautes-Alpes, des Alpes-de-Haute-Provence et des Alpes-maritimes, dans le but de "limiter la pression" de ce prédateur sur les troupeaux.

Voici un état des lieux sur la présence du loup en France :

  • D’OU VIENNENT-ILS ? Totalement éradiqué par l’Homme en France à la fin des années trente, le loup a fait sa réapparition dans le Parc national du Mercantour (Alpes-Maritimes) en novembre 1992. Le loup a depuis progressivement recolonisé les Alpes françaises, suisses et italiennes, à partir des Apennins, où il avait régressé sans jamais disparaître, rappelle le Fonds mondial pour la nature (WWF). Il s’agit donc d’une recolonisation naturelle, et non d’une réintroduction artificielle, ce que contestent de nombreux éleveurs.
  • OU SONT-ILS ? Treize zones de présence permanente, c’est-à-dire où ils ont pu être observés au moins deux hivers de suite, ont été recensées, selon le ministère de l’Ecologie. Les populations s’étendent aujourd’hui du Mercantour au massif de Belledonne (Isère) et au plateau du Vercors, dans la Drôme.
  • COMBIEN SONT-ILS ? Au moins 120 avec un taux de croissance de 30% par an, avance la Fédération ovine de la Drôme. "Nos comptages n’ont jamais dépassé le seuil de 37 animaux, une quarantaine au maximum", rétorque Lauriane d’Este, vice-présidente de la SPA. Une quarantaine avec lesquels un contact (visuel ou olfactif) a été établi et un nombre global estimé autour de 55, tranche le ministère de l’Ecologie. "Si on fait une projection à trente ans, avec une expansion de l’ordre de 10% par an, on arrive à une population totale comparable à celle de l’Italie (700 à 1.000 individus)", remarque Jean-Marc Michel, directeur de la Nature et des Paysages au ministère de l’Ecologie.
  • A QUOI SERT-IL ? "Par le rôle qu’il joue dans la chaîne alimentaire, le loup participe à l’équilibre de la nature et de la montagne", estime le WWF.
    "C’est un gage de qualité de ces espaces naturels, des territoires qui ont accueilli naturellement ces consommateurs finaux de la chaîne alimentaire", explique Jean-Marc Michel. Il n’y a pas de territoire naturel sans faune sauvage, résument les défenseurs de l’environnement. Sans se faire ouvertement les avocats de l’extermination du loup, les éleveurs voudraient le voir confiné dans des réserves et estiment en tout cas que la coexistence est totalement incompatible avec le pastoralisme, l’une des pratiques agricoles les plus respectueuses de l’environnement.
  • EST-IL DANGEREUX ? Inoffensif pour les randonneurs (certains caressent l’idée de développer un tourisme d’observation), le loup, espèce protégée, fait sans conteste des dégâts dans les troupeaux. Selon le ministère de l’Ecologie, les mesures de protection (chiens, présence humaine continue...) ont permis de faire chuter le nombre des attaques : 2.800 brebis tuées en 2002, 2.200 en 2003 bien que le nombre de loups ait augmenté. Par comparaison, le WWF estime entre 150.000 et 500.000 le nombre de moutons tués chaque année par des chiens errants ou dans des accidents divers.

P.-S.

Source : AFP / WWF / SPA

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