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La dimension humaine dans la gestion des loups

En Savoie et dans les Alpes Maritimes

mardi 9 mars 2004, par Alistair J. BATH

Etude réalisée dans l’objectif d’élaborer une campagne de communication et des outils de sensibilisation du public efficaces.

Comprendre et aborder la gestion du loup en France nécessite une compréhension des rouages de la dimension humaine ; la nature de ce problème est plus socio-politique que biologique.

Ce rapport étudie les attitudes du public observé et ses croyances envers les loups et leur gestion dans deux départements de France : la Savoie et les Alpes-Maritimes. Il présente également un ensemble de comportements : envers les loups, la possibilité de les chasser légalement, envers d’autres options de gestion, envers les conflits loups/troupeaux, les croyances concernant l’impact des loups, la connaissance moyenne de leur biologie, la nature des conflits, l’expérience personnelle avec les loups, et des données socio-démographiques.

L’objectif de cette étude est de réaliser une évaluation minimale des croyances et des attitudes du public envers les loups, et permettra une évaluation a posteriori des éventuels changements après la mise en œuvre d’une stratégie de communication et la diffusion d’outils de sensibilisation. En appréhendant l’ensemble des variables pouvant faire évoluer les attitudes, la campagne de communication et de sensibilisation sera à même de toucher par des messages précis des public-cibles spécifiques.

Des données quantitatives et qualitatives ont été collectées de novembre 1999 à mars 2000. Les habitants de la Savoie (n = 403) et des Alpes-Maritimes (n = 397)ont été sélectionnés aléatoirement proportionnellement à la population des départements (grandes agglomérations exceptées), et interrogés en utilisant une technique d’interview quantitative comprenant 69 questions. Des échantillons plus petits ont été obtenus en interrogeant à partir de ce questionnaire des chasseurs de Savoie (n = 22), des membres d’associations environnementales de Savoie (n = 88) et des Alpes-Maritimes (n = 86), et
des collégiens (13 - 16 ans) des Alpes-Maritimes (n = 95).

Les interviews qualitatives ont eu lieu avec 23 groupes d’intérêt différents des deux départements. L’objectif de ces interviews était de construire une matrice qui permette de dégager des points communs entre ces groupes (Matrice de Terrain d’Entente, MTE), identifiant ainsi les problèmes-clés, les solutions envisageables, et qui permette de construire une confiance réciproque et une volonté commune de travailler ensemble.

Alors que les habitants de la Savoie ont des attitudes globalement plus positives envers les loups que ceux des Alpes-Maritimes, tous croient qu’il est important de conserver des populations de loups en France pour les générations futures : en Savoie, 54 % des personnes interrogées se sont prononcées pour, 33 % se sont prononcées contre et 13 % sont restés neutres. Dans les Alpes-Maritimes, 45 % sont d’accord avec cette proposition, 42 % sont contre et 13 % sont neutres.

La plupart des habitants de Savoie et des Alpes-Maritimes pensent que les loups peuvent avoir un impact significatif sur le petit et le grand gibier et pourtant la majorité est également réfractaire à toute forme de chasse au loup. Ceci dit, les habitants de ces départements sont sensibles aux problèmes touchant la prédation sur troupeaux et envisagent certaines formes de gestion si nécessaire.

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