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La chasse aux loups est ouverte !

jeudi 31 janvier 2013

Il y aurait trop de loups en France. Les sénateurs ont voté hier des zones d’exclusion pour ces prédateurs qui menaceraient l’activité des bergers.

Un loup ça va, 250, bonjour les dégâts… Hier, les sénateurs ont voté une proposition de loi visant à créer des « zones d’exclusion » pour les loups.

Pour le sénateur Rassemblement démocratique et social européen (RDSE) de Lozère Alain Bertrand, il s’agit de protéger les communes dans lesquelles les attaques du prédateur perturbent gravement l’activité des bergers.

L’auteur de la proposition de loi souhaite que l’on puisse mieux réguler, sous l’autorité du préfet, le nombre des loups dans chaque département, indépendamment des tirs de prélèvements.

En 2012, onze prélèvements au niveau national ont ainsi été autorisés par l’Etat. « C’est trop peu. Nous ne souhaitons pas éradiquer le loup, mais préserver les activités pastorales dans nos montagnes. Il faudrait cantonner les loups dans des espaces non habités », a expliqué le sénateur Bertrand.

4 420 bêtes égorgées

La grande majorité des sénateurs UMP, UDI, RDSE et une vingtaine de socialistes ont été sensibles à la « détresse » et aux « traumatismes » des éleveurs qui perdent leurs bêtes, environ 4 420 en 2012, avec un coût global pour la collectivité estimé à 10 millions d’euros. L’opposition à cette proposition s’est rassemblée autour des sénateurs écologistes, communistes et la majorité des élus socialistes. L’ex-ministre de Nicolas Sarkozy, Chantal Jouanno (UDI), a également voté contre le texte. Finalement, c’est par 208 voix contre 131 qu’il a été adopté. Il va maintenant être présenté aux députés.

Interdit de séjour

« Il ne s’agit pas d’abattre tous les loups sur les zones concernées. Mais de trouver un juste équilibre », a indiqué le rapporteur Stéphane Mazars, sénateur RDSE de l’Aveyron. « En Suède, les contraintes sont beaucoup moins importantes. Là-bas, l’élevage de rennes est roi », a souligné le sénateur UDI de Haute-Savoie Jean-Paul Amoudry.

« Le loup doit être interdit de séjour dans des zones d’élevage qui doivent être sanctuarisées. Le loup est un animal intelligent, il va vite comprendre », a ajouté le sénateur non-inscrit des Hautes-Alpes Pierre Bernard-Reymond.

Plus facile de s’attaquer aux loups qu’au commerce

L’élu écologiste de l’Essonne Jean-Vincent Placé n’a pas été du même avis : « Il faut arrêter de faire du loup un bouc émissaire. Les difficultés de la filière ovine sont à trouver ailleurs. C’est plus facile de s’attaquer aux loups qu’au commerce international. »

Enfin la ministre Delphine Batho a rappelé que la France était soumise à la convention internationale de Berne de 1979 et à la directive européenne Habitat, faune et flore de 1992 qui imposent de protéger l’animal.

«  Le nouveau Plan loup pour 2013-2017 sera présenté la semaine prochaine. Attendons de voir ses nouvelles mesures adaptées à chaque territoire », a demandé la ministre de l’Ecologie. En vain.

Voir en ligne : Source DNA du 31 janvier 2013

P.-S.

Loup, que fais-tu dans les Vosges ?

La présence d’un deuxième loup dans le massif des Vosges avait été confirmée au printemps 2012 par un expert de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Puis un troisième spécimen avait été aperçu au cours de l’été.

Disparu depuis plus de cent ans du territoire alsacien, le canis lupus est réapparu en avril 2011 dans les Vosges. Depuis son retour, une centaine de prédations ont été constatées par la préfecture des Vosges. Plus de 200 brebis, mais également un poulain ont subi les attaques du loup considéré comme « un fléau pour la production ovine », par la Fédération départementale des syndicats exploitants agricoles (FDSEA) des Vosges.

Tandis que des élus vosgiens réclament une augmentation du nombre annuel de prélèvements de loups autorisés en France, ce qui permettrait d’abattre un spécimen dans les Vosges, la préfète a autorisé en octobre 2012 des tirs de défenses contre les deux loups qui sévissent dans les Hautes-Vosges.

« Trop petit et trop morcelé »
Un mâle et une femelle ont pris leurs quartiers dans les environs la Bresse, et qui dit couple, dit louveteaux. S’ils ne donnent pas naissance à une portée en mai prochain, rien n’empêchera d’autres loups du Jura suisse de s’installer d’eux-mêmes dans les Vosges.

Les opposants à la présence du loup trouvent le massif vosgien trop petit et trop morcelé pour pouvoir l’accueillir. Mais un expert de l’ONCFS rappelle que même si on l’abat aujourd’hui, il reviendra demain. « C’est l’espèce qui s’adapte le mieux au monde à tous les milieux naturels ». Depuis près de 20 ans, le débat est lancé dans les Alpes et aucune véritable solution n’a été trouvée au grand dam des éleveurs vosgiens qui hésitent à sortir leurs ovins au retour des beaux jours.

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