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Isère

La chasse au loup se poursuit

lundi 23 mai 2005

Le loup de l’Isère soupçonné d’avoir attaqué plusieurs génisses court toujours. Il a été vu dans la nuit de samedi à dimanche, mais la patrouille qui l’a croisé n’a pu l’abattre. Les défenseurs du loup s’indignent de la décision des autorités d’autoriser ces battues.

Le loup a été vu. Mais de trop loin pour être abattu, de sorte qu’il court toujours. L’animal suspecté d’avoir tué cinq génisses en Isère, et dont l’abattage a été autorisé par les ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie, a été croisé dans la nuit de samedi à dimanche par l’une des trois patrouilles à ses trousses. La rencontre a eu lieu près de Massieu, commune située à proximité de Saint-Geoire-en-Valdaine. Malgré la distance, l’un des chasseurs de loup a tiré dans sa direction, mais l’animal n’a pas été touché et a pris la fuite.

La chasse se poursuit. Les trois équipes lancées aux trousses de l’assassin présumé de génisses, composées chacune de quatre lieutenants de louveterie armés, dressent des affûts à la tombée de la nuit et au lever du jour. Entre ces deux périodes, des patrouilles en véhicules sont menées. Le loup avait déjà été aperçu deux fois depuis début mai, mais les lieutenants ne s’étaient jamais trouvés assez près pour pouvoir utiliser les fléchettes anesthésiantes, que les ministères de tutelle avaient autorisé dans un premier temps.

Le maire de Saint-Geoire-en-Valdaine Albert de Franclieu s’est déclaré "très heureux que la décision ait été prise" de tuer l’animal. "Il fallait calmer les agriculteurs sur le terrain", a expliqué Gérard Seigle-Vatte, de la Chambre départementale de l’agriculture. Les associations d’écologistes et de défense des animaux ont pour leur part contesté cette décision d’abattage, mettant en doute l’implication du loup dans toutes les attaques survenues dans deux communes du massif montagneux de la Chartreuse. "La responsabilité du loup est attestée" dans une attaque survenue dans la nuit du 10 au 11 mai à Saint-Geoire-en-Valdaine, mais elle n’est pas confirmée pour celles qui se sont produites dans la commune de Bilieu, dans les nuits du 3 au 4 mai et du 18 au 19 mai, soulignaient vendredi dans un communiqué commun le WWF-France et Ferus. Ce dernier groupe, qui défend la présence en France des grands prédateurs que sont le loup, le lynx et l’ours, a condamné "totalement le tir d’un loup annoncé dans l’Isère", soulignant que "les ministres de l’Ecologie et de l’Agriculture sont complètement en opposition avec leur propre plan d’action pour le loup".

L’abattage des loups est effectué en France lorsque se produisent plusieurs attaques sur une durée relativement courte. Ce n’est pas le cas en Espagne, où vivent 2.000 à 2.500 loups, ni en Italie, qui en compte environ 500. En France, les estimations font état de 55 à 60 loups. Le loup étant une espèce protégée par une convention internationale, les dégâts occasionnés aux éleveurs font l’objet de compensations financières. Des associations écologistes assurent que le loup, qui fait moins de dégâts que les chiens errants, est pris pour bouc émissaire par une filière qui connaît par ailleurs de graves problèmes économiques. Le gouvernement français a adopté à l’automne dernier un "Plan loup" qui prévoit que des loups "pourront être prélevés chaque année, tout en respectant l’objectif du maintien de la population dans un état de conservation favorable". Le document, qui court jusqu’à 2008, ne donne aucun chiffre précis.

P.-S.

Source : TF1 - LCI

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