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Convention de Berne

La Suisse échoue à faire déclassifier le loup

lundi 28 novembre 2005, par l’Agence France Presse

Une proposition suisse de déclassifier le loup d’espèce "strictement protégée" à "espèce protégée" s’est heurtée lundi à une opposition frontale des autres pays membres de la Convention de Berne, réunis à Strasbourg.

La Confédération helvétique qui avait échoué une première fois dans sa tentative en 2004, avait alors été priée de fournir de nouveaux arguments.

Elle s’est heurtée lundi à l’opposition du délégué britannique qui exprimait la position des 25 pays de l’Union européenne.

La Norvège, qui pratique des prélèvements de loup, n’a pas non plus suivi les représentants de Berne qui ont été priés de présenter une copie plus circonstanciée l’an prochain.

La demande helvétique apparaissait démesurée par rapport aux trois loups recensés dans la Confédération. Selon la délégation suisse, "sur les 45 Etats membres de la Convention, douze ont fait au moment de la signature une réserve sur le loup" qui peut, en vertu d’un article 9, faire l’objet de prélèvements, comme ce fut récemment le cas en France.

Les Suisses estiment que, dans les faits, le loup n’est pas une espèce "strictement protégée" comme le lynx ou l’ours. Ils souhaitent le déclasser en "catégorie protégée" pour, affirment-ils, "lui donner un statut de protection international uniforme".

La Suisse fait valoir que, 25 ans près la signature de la Convention, les populations de loups se sont rétablies en maints endroits et colonisent de nouvelles régions. Le risque d’abattage illégal a augmenté avec la volonté de protéger les élevages ovins et caprins, argumentent-ils.

Les organisations non gouvernementales se sont félicitées du rejet de leur demande. Alain Zecchini (France Nature Environnement) a qualifié "d’ubuesque" que le pays qui a le moins de loup veuille autoriser leur chasse.

"La Suisse n’a amené aucun élément scientifique ou politique nouveau. La Convention a pour but la protection des espèces, même si l’article IX prévoit des abattages dans certains cas, mais pas de façon permanente", a-t-il rappelé.

La Convention de Berne a pour vocation de protéger les oiseaux et grands carnassiers menacées de disparition progressive en raison des chasseurs et de la destruction de leur habitat traditionnel. Elle a été ratifiée par 40 pays en Europe et quatre pays africains (Tunisie, Maroc, Sénégal et Burkina Faso).

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