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La Belgique crie « au loup »

Une rumeur qui crée la panique dans la région de Vielsalm et de Lierneux

dimanche 7 mars 2004

Depuis environ un mois, au départ de Vielsalm, semble-t-il, puis s’étendant vers Lierneux et son village d’Arbrefontaine, une rumeur tenace affirme que les loups sont revenus dans les forêts de la région.

Ces fameux loups à la mauvaise réputation dans les croyances populaires, notamment à cause de tous ces contes où ils tiennent le mauvais rôle, sans parler des effets néfastes de la religion.

Région de Lierneux

Lors d’une réunion de presse qui s’est tenue vendredi matin à la salle des fêtes d’Arbrefontaine, le porte-parole de l’asbl Rangers a été pris à partie par une habitante : « C’est incroyable ! On alerte la presse et pas la population, alors que nos enfants jouent dans les forêts ! »

L’exemple type de ce qu’on appelle le syndrome du Chaperon Rouge, cette vieille peur du loup remontant au fond des âges.

Une réaction épidermique très significative justifiant l’intervention de l’asbl écologiste Rangers, qui souhaite profiter de la rumeur pour faire de la communication. Car, il faut être clair, aucun indice probant n’a jusqu’à présent été relevé pour établir de façon certaine le retour des loups dans nos Ardennes.

N’empêche, la rumeur qui terrorise actuellement certains villageois est une excellente occasion pour rappeler que les scientifiques sont tous d’accord pour affirmer que le loup n’attaque jamais l’homme.

Si rien ne prouve que le loup est de retour dans nos régions, il faut savoir qu’il s’est réinstallé dans le Jura, à 300 kilomètres à peine du plateau ardennais, terrain idéal pour son retour, tant en superficie qu’en gibier. C’est donc plus que probablement à moyen terme qu’il fera le pas pour rejoindre ces lynx repérés sur le plateau fagnard ces derniers mois.

Le principal obstacle au retour des grands carnassiers est essentiellement culturel ; pour atténuer la vieille peur ancestrale, les Rangers ont commencé à documenter les élèves des classes primaires en leur enseignant la réalité du loup, qui deviendrait un régulateur sanitaire éliminant le gibier malade ou blessé -notamment par les chasseurs -, gibier qui atteint aujourd’hui une densité telle qu’il empêche la régénération naturelle de la forêt.

Mais crier « au loup ! » et y croire ont pour effet de masquer un problème peut-être beaucoup plus grave que soulève Catherine. « Il est indéniable que certains indices très inquiétants ont été relevés : dans la neige, les traces d’un animal de grande taille, un certain type de passage aux mêmes endroits, un renard coupé en deux par des crocs qui n’étaient pas ceux d’un caniche ! »

Catherine espère voir ces indices traités par des scientifiques. « S’il s’agit d’un loup, nous pouvons dormir tranquilles. Mais je crains surtout que ces traces soient celles d’un énorme chien errant. Nous serions alors là en présence d’un animal dangereux qui connaît l’homme et n’a pas peur de l’attaquer ! »

Bref, si loup il y a, c’est positif. Mais en attendant les preuves, c’est plutôt du grand méchant chien qu’il faut se méfier.

P.-S.

Source : dernière heure

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