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L’Europe des 8 000 loups

lundi 27 février 2006, par L’internaute Magazine

Du Portugal jusqu’aux pays scandinaves, ils explorent les forêts au gré de leurs envies... et de l’accueil qui leur est réservé. Les programmes de sauvegarde, très différents dans les pays européens, montrent aujourd’hui leurs résultats.

Les loups globe-trotters

Au rythme des migrations, les loups colonisent de nouveaux espaces, alléchés par les proies qu’ils espèrent débusquer. Pour certains spécialistes, les voyages européens des loups, notamment les migrations entre l’Italie et la France, s’expliquent par la présence des chamois et des cervidés, et par des facultés exceptionnelles de colonisation : les loups, qui se déplacent en meute, franchissent allègrement les frontières et investissent ou réinvestissent de nouveaux territoires.

C’est ce phénomène, exceptionnel dans le cas du loup, qui a permis à celui-ci de revenir en France. En 1992, des loups italiens avaient élu domicile dans le parc du Mercantour, situé dans les Alpes du sud. Jusqu’à très récemment, le loup a été pourchassé en Europe. Dans les pays anglo-saxons, l’extermination du loup a été précoce : il disparaît d’Angleterre en 1486, d’Ecosse en 1684 et d’Irlande en 1770.

La convention de Berne

La convention européenne de Berne, signée en 1979, protège le loup mais prévoit également des dérogations qui soulèvent l’indignation des mouvements de protection des espèces sauvages. Chaque pays dispose de sa propre réglementation.

La France et le loup, une relation très difficile

Avec une cinquantaine de loups, la France fait figure de mauvaise élève : en effet, la réintroduction du loup est naturelle. Contrairement à l’Italie, où le loup a bénéficié d’un plan de sauvegarde volontariste, la France peine à accepter cette espèce sauvage dans ses montagnes. S’il est vrai que les éleveurs français perdent des brebis, comment expliquer que la cohabitation ne pose pas de problème dans les autres pays ? L’arrêté ministériel du 17 juin 2005, qui prévoît en effet un quota de 6 animaux à abattre, est un nouvel échec pour les associations françaises opposées aux éleveurs.

Il semblerait que les mesures de précaution ne soient pas inscrits à l’agenda français : les enclos électriques, les chiens de berger sont des mesures qui ont été adoptées dans les pays voisins, et les résultats semblent sans appel.

L’Espagne, le Portugal et l’Italie ont été parmi les premiers à s’interroger sur l’avenir de ce grand carnivore et à la nécessité de conserver une population significative à l’état naturel. Le loup est intégralement protégé depuis 1976 et le Parc national des Abruzzes a joué un rôle essentiel dans l’accueil d’une petite population, appuyée par l’association WWF-Italie. Celle-ci est aujourd’hui multipliée par 5 et marque un véritable succès pour les partisans du mammifère. En Espagne, le loup fait l’objet d’un statut plus ambigu : la protection de l’espèce est partielle car certaines provinces autorisent la chasse au loup. Cette situation a cependant permis de reconstituer une population solide de 2 500 individus, soit la plus forte d’Europe.

Le Portugal, l’Espagne et l’Italie espèrent cependant montrer l’exemple dans leur combat pour la réconciliation du loup sauvage et de l’Homme.

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