Accueil > Les archives > Jura : un loup de passage ou un chien ?

Dossier de presse

Jura : un loup de passage ou un chien ?

vendredi 22 juin 2007, par ONCFS

Rappel des faits

Un parc situé à la limite des communes de Grande-Rivière et Saint-Pierre a subi une attaque dans la nuit du 31 mai au 01 juin 2007.

Les éleveurs, M. et Mme Romain Gadiolet, ont déploré la mort de 15 animaux. 27 ont été blessés. Certains sont morts par la suite ou ont été euthanasies. Le ou les animaux responsables de l’attaque ont consommé en grande partie une brebis et un agneau.

Les constatations et l’enquête ont été effectuées par la Gendarmerie (BT de Saint-Laurent en Grandvaux) et par les agents de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS). Le rapport descriptif et ses annexes photographiques ont été soumis à l’expertise du spécialiste du Lynx de l’ONCFS.

L’expertise et ses conclusions.

L’expert a relevé un faisceau d’éléments techniques permettant d’orienter le diagnostic :

  • le nombre important de moutons attaqués,
  • toutes les proies ont été exclusivement prises au cou,
  • absence de laine sur le terrain,
  • les perforations sont de taille importante,
  • présence de griffures localisées sur les cuisses ou le début du flanc, mais pas sur le dos,
  • le taux de consommation très important,
  • les viscères abdominales non touchées (panse non consommée),
  • les empreintes mesurent de 9 à 10 cm, ce sont celles d’un canidé.

L’hypothèse d’une attaque de lynx a pu être écartée d’emblée.

Les autres hypothèses étaient :

  • une attaque de chien en divagation
  • une attaque de loup

La distinction entre une attaque de chien et une attaque de loup est souvent difficile, la seule preuve incontestable étant une analyse génétique pratiquée le plus souvent sur des déjections. Aucun indice de ce type n’a pu être recueilli. Toutefois, les éléments techniques relevés plus haut, ainsi que l’absence de signalement de chiens en divagation dans le secteur, conduisent à envisager une probable attaque de loup, avec une incertitude qui ne pourra pas être levée sauf événement nouveau.

Une attaque de loup n’implique pas automatiquement une installation durable de l’espèce, ni a fortiori la colonisation du département ; il peut s’agir du passage d’un ou deux individus.

La gestion du dossier par l’État et ses partenaires

Anticipation : une instance de veille et de pilotage était déjà en place au moment des faits.
Compte tenu de la présence confirmée, mais semble-t-il temporaire, d’un loup dans le nord du département de l’Ain, une cellule de veille a été mise en place dès juillet 2006.

Elle a eu pour objectifs principaux de :

  • dresser une carte des élevages ovins,
  • assurer la liaison et de recueillir des informations auprès des départements déjà concernés par la problématique loup, notamment en ce qui concerne les dispositifs d’indemnisation et de prévention.

Réactions

  • dès que les résultats de l ’enquête ont été connus, le Préfet accompagné du Président du Conseil général et des principaux services concernés (DDAF, ONCFS, gendarmerie) se sont rendus sur place pour faire un point de situation avec les éleveurs.
  • la première décision prise est de convoquer la cellule de veille élargie dans le courant de la semaine prochaine pour suivre la mise en place des mesures d’indemnisation et de prévention et pour engager une démarche technique auprès des élevages.

Elle s’appuiera :

  • sur deux spécialistes de la DIREN Rhône-Alpes et de la DDAF de Haute-Savoie, qui ont vocation à intervenir sur le département du Jura en ce qui concerne le suivi du loup et sur la problématique "pastoralisme et grands prédateurs », et sur trois agents spécialement formés de l’ONCFS du Jura (correspondants loup) et sur le spécialiste lynx loup du même établissement,
  • sur un réseau d’observateurs initialement créé pour le lynx, mais dont la compétence a été élargie au loup. Ce réseau constitué d’agents de l’ONCFS, de la Fédération des Chasseurs, de l’ONF, de la DDAF et de naturalistes, a bénéficié à deux reprises de formations sur le loup.

Une deuxième décision a porté sur la constitution dans les prochains jours par arrêté préfectoral d ’un comité départemental associant les structures concernées par la gestion du loup, élus, organisations professionnelles agricoles, gestionnaires de l’espace et de la faune, associations, experts, usagers des espaces naturels, placé sous la présidence du Préfet et qui se réunira en juillet.

Enfin, il a été décidé d ’assurer une information régulière et transparente de nature à contribuer à une gestion sereine de ce dossier en étroite concertation avec les acteurs du monde rural.

Indemniser l’éleveur.
Dès lors que l’expertise ne permet pas d’écarter la responsabilité du loup, l’éleveur peut prétendre à une indemnisation sur un fonds géré par l’Office national de la Chasse et de la Faune sauvage.

Telle est bien la situation actuelle et l’indemnisation de l’éleveur sera déclenchée dans les jours prochains avec la transmission d’un dossier comportant :

  • le constat signé avec visa de l’expert,
  • la carte géographique du lieu de l’attaque,
  • la décision et le visa de la DDAF,
  • le RIB de l’éleveur,

Le barème d’indemnisation est le suivant (exemples) :

  • Ovins de moins de 6 mois : 95 € à 130€
  • Brebis de 1 à 7 ans, gestante : 160 à 265 €
  • Bélier de plus de 6 mois : 285 à 390 €

Les pertes indirectes peuvent également être compensées L’indemnisation est versée dans un délai qui est de l’ordre d’une semaine après réception du dossier complet par l’ONCFS.

Les mesures de protection des troupeaux

L’exploitation touchée ainsi que celles qui se trouvent à proximité, peuvent faire l’objet, en fonction de leur vulnérabilité, de mesures préventives telles que :

  • la surveillance renforcée des troupeaux,
  • la mise en place de chiens de protection,
  • la pose de clôtures mobiles,
  • la mis en place de moyens d’effarouchement,

Un dispositif de financement de ces mesures est en place dans les départements où la présence du loup est avérée.

En ce qui concerne le Jura un financement d’urgence peut être mobilisé rapidement pour répondre aux premiers besoins.

Les contacts nécessaires ont d’ores et déjà été pris à cette fin auprès du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

Partager cet article :

Soutenir par un don