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Histoire du méchant loup de Jean-Marc Moriceau - quelle contribution au débat sur les grands prédateurs ?

vendredi 21 septembre 2007, par Farid Benhammou

Présentation de la démarche de l’auteur et de l’ouvrage

Jean-Marc Moriceau est professeur d’histoire moderne à l’Université de Caen et est un chercheur reconnu en l’histoire rurale en France. Son propos, qui peut être sujet à débat comme tout travail de recherche, n’est pas celui d’un militant anti-loup. Le présupposé de l’ouvrage peut se résumer ainsi : maintenant que la protection du loup est installée et ne doit plus faire débat au titre de la conservation de la biodiversité, essayons d’étudier le plus sereinement possible ce qu’il en est des attaques de loup sur l’homme et des loups anthropophages. Dès l’introduction, l’auteur prend donc des précautions concernant cette question sensible. Il affirme qu’il ne s’agit pas de faire un réquisitoire contre l’espèce mais d’aborder cette question sans tabou. Selon lui, la crédibilité d’un historien ne peut être remise en cause si ce dernier a travaillé rigoureusement à la vérification de ses sources avec un propos nuancé et ouvert. J.-M. Moriceau se propose de faire le bilan des travaux existants sur cet aspect sombre et controversé des rapports homme / loup. D’après lui, un peu plus de 3000 attaques qu’il a documentées constituent la base d’une réflexion allant du XVe au XXe siècle. Il établit ainsi dans l’ouvrage un dispositif statistique et cartographique. L’auteur s’est également intéressé à cette question car elle est révélatrice du fonctionnement des sociétés humaines et de la gestion des espaces ruraux à des périodes où les mondes sauvages et domestiques s’entremêlent. Il compte également apporter des éléments concernant l’importance dans les mémoires collectives de cette cause marginale de mortalité humaine (3000 cas sur des millions de morts violentes en raison de causes diverses sur près de cinq siècles).

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Un huissier enfermé avec des loups ( 21 novembre 1909 )

Le cœur de l’ouvrage s’ouvre sur deux chapitres consacrés aux sources (chap. 1 et 2). L’auteur présente celles qui peuvent être crédibles dans la mesure où bons nombres ont été souvent exclus, trop hâtivement selon lui. Il souligne également les risques d’exagérations et d’amplifications surtout dans le cadre d’emballement « médiatique » via l’émergence des gazettes au XVIIe siècle annonçant l’avènement de la presse à sensation. Il revient également sur les registres paroissiaux de l’état civil tenus par les 40 000 curés du royaume avant la Révolution de 1789. Ils sont autant d’informateurs trop souvent dépréciés. Ces hommes d’église ont soigneusement consigné les morts liés au loup. Cela résulterait de l’impérative nécessité de justifier l’administration ou non des derniers sacrements à une époque où la société est très chrétienne. En effet, après la Révolution, la source de l’Etat civil laïc se tarit à ce sujet. Les quatre chapitres suivants égrainent un parcours chronologique allant de la Guerre de Cent ans à la Première guerre mondiale (chap. 3 à 6). En remettant les événements dans leur contexte, l’historien étudie les pics de prédations de loup sur l’homme en insistant sur leurs aspects très localisés dans le temps et dans l’espace. Il revient notamment sur les périodes troublées du royaume où les fléaux associés des guerres, de la peste et de la famine auraient favorisé l’émergence de comportements anthropophages chez des loups sains d’abord charognards, face à des populations miséreuses. A plusieurs reprises, il souligne également que ces comportements paraissaient déjà anormaux pour les paysans de l’époque, habitués à un animal craintif. C’est d’ailleurs pour cela que les épisodes régionaux d’attaques associent souvent le prédateur à une « bête ». Ceux-ci auraient été réguliers et présents dans différentes parties du territoire, pas seulement en période de trouble et pas uniquement avec la Bête du Gévaudan à laquelle J.-M. Moriceau consacre un chapitre détaillé. Le résultat de son enquête historique déplaira sûrement aux tenants de la thèse innocentant le loup car selon lui, il s’agirait de plusieurs loups hors du commun ayant frappé en deux temps principaux, l’un nationalement médiatisé (1763-1765) et l’autre beaucoup plus discret (1765-1767). La dernière période couvrant les XIX-XXe siècles annonce la fin de l’espèce et contraste par une forte réduction des attaques, pour quasiment disparaître à la fin du XIXe. Malgré tout, sur la totalité de la période, l’auteur avance l’hypothèse que son travail minore la réalité qui a dû concerner plus de victimes humaines, tout en admettant aussi la prudence nécessaire pour interpréter les données récoltées.

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Soldats roumains dévorés par des loups ( 10 février 1901 )

Les deux chapitres suivants présentent une réflexion chronologiquement transversale sur l’espace et le temps des attaques. Le chapitre 7 tente de réaliser une géographie du « risque ». Sa typologie des attaques de loup insiste surtout sur les deux cas de figure les plus dangereux pour l’homme, les loups enragés et les loups anthropophages. Le chapitre 8 traite de la saisonnalité des attaques. Allant à l’encontre des idées reçues, les nuits d’hiver ne représenteraient pas le moment de prédilection d’attaques pour les loups anthropophages, saison où bétail et hommes sont peu souvent dehors. Au regard de sa base statistique, la période estivale serait la plus propice. Les besoins biologiques de l’espèce sont en effet particulièrement importants en cette saison d’élevage des petits. En revanche, les attaques de loups enragés ne répondent absolument pas à cette logique et seraient même davantage présentes en hiver, d’où probablement l’association entre l’hiver et la dangerosité des loups dans l’inconscient collectif.

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78 Messages de forum

  • L’éditeur du livre de M. Moriceau a bien fait son travail. La presse des " zônes à loups" ne s’y est d’ailleurs pas trompée : elle a largement utilisé les interviews de l’auteur en rajoutant des gros titres accrocheurs (du genre : "Oui, le loup attaque l’homme"). Ce qui contribue donc objectivement à alimenter l’argumentation "anti-loups" pourtant déjà omniprésente dans les médias. Cela pose question, non ?

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    • En effet, l’ignorance est toujours préférable à la connaissance...Peut-être faudrait-il traduire JM Moriceau devant un jury , "pro-loup" bien entendu. Sa contribution à la connaissance des loups anthropophages et des loups enragés permet « objectivement » de faire place à la raison dans un débat où elle est trop souvent absente.

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      • Je ne vois pas bien en quoi " traduire JM Moriceau devant un jury pro-loup " apporterait de meilleures connaissances sur le sujet... Chacun reste naturellement libre des théories qu’il avance. Et on peut en discuter. Par contre, si des biologistes, des naturalistes, avaient été invités à participer à ce travail de recherches historiques, on aurait certainement évité de diaboliser autant (et si inutilement) une espèce animale. Une étude critique des données recueillies s’impose (à peine esquissée par l’auteur qui dit d’ailleurs souhaiter s’y atteler). Un vrai travail - pluridisciplinaire de préférence - reste donc à faire, car rien ne nous dit, après lecture de la majorité des documents présentés par M. Moriceau que les "loups" dont parlent les curés du moyen-âge étaient bien des loups.. Il y en a sans doute eu, mais probablement pas dans les proportions indiquées. Que nous disaient les naturalistes du temps passé (contemporains des loups) ? Que les loups n’attaquent pas l’homme, sauf cas de rage, ou qu’ils n’attaquent que très rarement l’homme, qu’ils se repaissent parfois de charognes et de cadavres (y compris d’humains), qu’ils fuient l’homme etc.... Bref, on n’en trouve pas qui aient avancé que le loup fût, autrefois, "anthropophage".. ça pose quand même question ! De plus, dans la période plus récente, on ne trouve pas non plus de cas sérieux et documentés de telles attaques. Tout juste quelques cas douteux (Espagne) ou mettant en scène des hybrides loup/chien (Canada) . Pourquoi l’espèce " canis lupus" aurait-elle changé de nature ? Ma conviction personnelle en deux mots : étaient probablement un peu trop rapidement baptisés "loups" par habitude diverses bêtes ensauvagées, plus ou moins carnivores, n’ayant pas peur de l’homme, comme ... les chiens qui devaient être fort nombreux à errer dans la campagne française ! D’ailleurs, sur les 3000 cas répertoriés par JM Moriceau, seuls 1500 subsistent (c’est lui même qui le dit dans son étude) si l’on enlève les cas "douteux" ("bêtes inconnues", "bêtes non identifiées", "sortes de bêstes sauvage" etc..) et les cas de loups enragés. Sans parler des crimes d’humains, sans doute nombreux eux aussi.. et des mythes type loups-garous ! 3000 attaques de loups sur l’homme ? Pourquoi ce titre ? 1500 n’auraient-ils pas suffi ? Jacques Baillon.

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    • Moriceau a fait un excellent travail d’archiviste et de paléographe ,mais comme beaucoup d’historiens français il "raconte l’histoire" mais ne l’explique pas . Il aurait été intérèssant de savoir pourquoi à certaines époques de notre histoire et dans certains lieux de notre pays ,des canidés ont agrèssé nos ancètres . Cette question ,hormis les chapitres consacrés à l’hydrophobie ,est sans réponse ;

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  • A mon avis...

    21 septembre 2007 09:23, par Jacques Baillon

    Belle analyse de l’ami Farid. A mon avis, (après lecture du livre de JM Moriceau), il faudra encore trier dans les données recueillies. Le titre annonce : " 3000 attaques (de loups) sur l’homme en France, mais M. Moriceau admet lui-même (dans le texte) que la moitié des données recueillies concernent des animaux mal identifiés par les curés : beste inconnue, beste sauvage, beste cruelle, bête " façon de loup", bête " étangère au pays" etc.. S’agissait-il de loups ? On ne sait pas.

    Certes, il en reste encore 1500 mais il est clair qu’il faudra encore trier. Par exemple en s’interrogeant sur la présence dans le livre de la bête du Gévaudan... ou des loups-garous ! Il est probable (certains naturalistes anciens l’avaient déjà souligné) que des molosses ensauvagés ont dû avoir leur part dans ces dégâts.. mais il n’est pas d’usage de dire du mal de nos amis les chiens ! Pas plus hier qu’aujourd’hui.

    Second point qui me gène : la confiance peut-être un peu excessive qu’il fait aux curés... Que valent leurs écrits lorsque l’on sait qu’ils ne perdaient aucune occasion de moraliser sur " le fléau envoyé par dieu" ou " la punition de Dieu" lorsqu’ils décrivaient des évênements dramatiques (genre enfants dévorés ou trouvés morts , morts violentes diverses, épidémies, guerres et autres catastrophes météo).

    Voici un contre exemple (tout simplement trouvé sur le net) d’un enfant " attaqué par une bête" en 1736 à Aix en Provence dans lequel on voit que le curé rédacteur fait preuve d’une démarche honnête ! : " En telle sorte que nous estimons que les blessures que nous avons trouvées à cette petite fille ont été faites par la gueule et avec les dents d’un animal n’étant pas à nostre pouvoir de désigner de quel genre est cet animal, qui peut être un loup, un pourceau ou un chien. Ayant mesme, afin de pouvoir en donner une idée claire et distincte, conversé avec le chirurgien ordinaire de l’hôpital qui avait vu récemment les dites blessures, lequel nous auroit déclaré qu’il seroit fort embarrassé à pouvoir aussi désigner de quel genre est l’animal qui a mangé la main de cette petite fille et failli la dévorer ; en telle sorte que nous pensons que lesdites morsures ont été faites par la gueule et avec les dents d’un animal qui peut être un loup, un pourceau ou un chien".)

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    • Beste inconnue 21 septembre 2007 11:03

      l’écriture d’un livre sur le dragon sans passer par la licorne aurait été bien moins vendable que sur le sujet du loup et aurait suscité que peu d’ émotion ! Les curés du moyen-âge jusqu’à la période révolutionnaire ont trouvé leur dragon dans le loup et Moriceau a visé juste ! Une personne scandait : "Paris outragé, Paris martyrisé" et maintenant, il y a : "Nature outragée, nature martyrisée".

      Bruno

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    • Mon avis aussi.. 21 septembre 2007 13:01

      Je pense que JM moriceau est actuellement historien mais peut-être que dans une vie antérieure (à condition de croire à la réincarnation) il devait sûrement être une personne ecclésiastique avec une auréole au dessus de la tête tant dans son livre, il mentionne les registres paroissiaux !

      Parole d’un laïque

      Bruno

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      • Mon avis aussi.. 24 octobre 2007 10:50

        Ce commentaire est d’une bêtise ! Quel laïcard bourru et aveugle ! Quel bêtise de reprocher à un historien d’avoir utilisé les Registres paroissiaux ! Dites, comment faire de l’histoire sociale de la période avant la Révolution sinon consulter les registres paroissiaux !

        Je vous rappelle qu’à partir de l’édit de Villers-Cotteréts le clergé était chargé par le Roi François 1er de tenir des Registres de ce qui est devenu l’Etat-civil.

        Un historien

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      • Mon avis aussi.. 21 janvier 17:00, par françois

        En réponse à Bruno paroles d’un « Laïc » je me contenterai de lui rappeler que les seules sources d’état civil pour l’époque sont les registres paroissiaux, il est impssible de se livrer à une tentative statistique sans se plonger dans les registres paroissiaux. Je pense que pour vous l’histoire de France ne commence qu’en 1789 et qu’avant rien n’a existé c’est triste. de plus il ne faut pas écrire une personne ecclésiatstique mais un clerc ou un ecclésiastique tout simplement.

        Se passionner pour le loup, pour ou contre, ne devrait pas entrainer vers des attaques bêtement partisannes qui n’apportement strictement rien au débat.

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    • Sus à la calotte ? 1er décembre 2007 17:53, par Martin Lepetit

      Affinons les statistiques, d’accord ; enlevons les cas limites, soit.

      Mais la vérité est qu’il reste encore, selon votre "avis" encore 1500 cas qui ne peuvent pas "encore" être suprimès, dommage. 1500 cas, ça fait quand même beaucoup, non ? On pourra toujours sortir un évènement de son contexte, faire croire aux gens qu’un curé du XVIe siècle croit au féau de Dieu. Vous citez admirablement un article du net. Sans faire une critique de vos sources aussi aprofondie que celle que vous faite subir au corpus de M. Moriceau, je vous ferai remarquer que tous les documents ne se valent pas. Revenons donc à notre question des curés. Notre bon curé du XVIIe siècle serait donc habité d’une transe mystique au point de voir des loups partout, qui dévoreraient les pauvres enfants des villages. Bien. Aussi pourriez-vous m’expliquer comment un curé, en 1770, dans la paroisse de Charleval (dans l’Eure) écrit dans son registre officiel, destiné à l’administration : « Dévoré par le loup, la superstition augmente, les uns disant que cet animal est un jésuite, une vieille femme, d’autres un sorcier sous la forme d’un loup qui, ainsi métamorphosé rit et parle comme un homme, qu’il ne craint que l’arme blanche. Ils n’ont point vu la bête et (ceux qui l’on vu) pensent avec raison je crois crois qu’elle n’est qu’une louve qui a des petits ». Pour ceux que ça interesse on trouve l’original aux archive départementale de l’Eure sous la cote C121 du 30 septembre 1770. Pour mention, puisque vous avez dû lire Histoire du méchant loup jusqu’au bout, arrivant même à faire une saisissante critique des sources employées, cette citation fait partie du tableau statidtique de la fin de l’ouvrage, et il a été vérifé par moi.

      Alors, c’est quoi ce curé qui ne veut même pas nous dire qu’il s’agit ici d’un vulgaire jésuite, d’une sorcière ou d’un très méchant loup-garou ? Un adhérent de chasse, pêche nature et tradition ? Un militant pro chasse ? Un fou de la gachette ? En tout cas, sûrement pas un curé comme les autres, c’est sûr. D’ailleurs, je lance ici une grande enquête pour prouver, preuves irreffutables à l’appui que ce curé a échoué à son séminaire !! Voilà, en espérant avoir contribuer un peu plus à cette belle valse des préjugés.

      Sus donc aux calottins !!

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  • Colloque à Caen ...

    21 septembre 2007 10:25, par Jacques Baillon

    Un colloque sur le sujet, le 23 octobre

    14 h 30 – 18 h 00 Table ronde autour de l’ouvrage de Jean-Marc MORICEAU, Professeur d’histoire moderne à l’Université de Caen : « Histoire du méchant loup. 3 000 attaques de loups sur l’homme (XVIe-XXe siècle ) » avec :

    Farid BENHAMMOU, Doctorant en Sciences de l’Environnement à l’ENGREF

    Jérôme BURIDANT, Maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Reims

    Christian PIHET, Professeur de géographie à l’Université d’Angers

    Les compte-rendus des séances seront assurés au fur et à mesure par les étudiants associés en équipes bi-disciplinaires et seront disponibles sur le site internet du Pôle « Sociétés, environnement et espaces ruraux » : www.unicaen.fr/socrurales

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    • Petites histoires pour la route... 21 septembre 2007 11:00, par Jacques Baillon

      Un loup à la queue courte ressemblant à un gros bidet 20 avril 1756. Saint-Julien-Debibost (8 km au sud-ouest de l’Arbresle).

      « Marguerite Penet, de onze ans, née de Jean-Fronçois Penet et de Jeanne Sublion, a été enterrée le 29/4/1756 - faisant paître ses bêtes chez Subtion de l’hameau de Bernay,. deux animaux féroces, l’un comme un gros bidet, tiran sur le rouge, ressamblant a un loup à l’exception qu’il avait une cüe courte, et l’autre gros comme un gros mâtin, mais blanc sous le ventre et une grande cüe longue, le saisirent au gozier et lui endommagèrent tellement le coup, que cette enfant en est morte. Ces animaux ont dévorés quantités de bergers dans le voisinage et cela depuis deux ans. Barbier, curé. »

      C’était du singe...

      Le 21 janvier 1829, le maire de Romans, Prosper-Louis Degros de Conflant, adresse au préfet un rapport alarmiste : “Il résulte de divers rapports oraux qui m’ont été faits ce matin que deux loups seraient venus rôder cette nuit jusque aux portes de la ville. On a trouvé les débris apparents d’un enfant qui aurait été dévoré par ces animaux féroces. J’ai ordonné sur ce dernier fait au commissaire de police de se transporter sur les lieux et de constater ce qui sera à sa connaissance et même, si besoin est, de se faire assister d’un officier de santé. Quant à la présence des loups, ne pouvant la révoquer en doute par les traces empreintes sur la neige de ces animaux carnivores, j’ai cru devoir prescrire aujourd’hui une battue etc.. (suivent des détails sur la battue)

      Le surlendemain, le maire adresse un nouveau rapport sur le résultat de son enquête : “Par le procès-verbal de monsieur le commissaire de police et par le rapport qu’est venu me faire monsieur le docteur Péronnier, médecin en second des hospices de cette ville, il résulte fort heureusement que les ossements que l’on croyait appartenir à l’espèce humaine et qui avaient été trouvés ne sont autres que des ossements d’un singe, animal qui effectivement il y a peu de jours était mort, et appartenant à un de nos concitoyens qui lui avait coupé la tête et l’avait écorché, et jeté à la voirie hors la ville. Quant aux loups, je persiste à croire qu’il y en a plusieurs dans les parages mais la grande quantité de neige qui est tombée hier a empêché que la battue ordonnée ait lieu.”(

      trouvé sur leromanshistorique.free.fr/ ?p=68.)

      Bestes, mauvaises bestes et bestes farouches

      Restigné : « Sépulture le 15 avril 1693 de la femme de ... Victor (sic) et le 1er mai 1693 de Louis fils de Louis HABRAHAM et de Marguerite LEHOU, dévorés par une bête farouche. »

      « Le 25 novembre 1693 sépulture des restes de l’enfant de Charles GUINDEREAU dévoré par la beste.Le tresieme jour de juin mil sept cent quarante neuf a este devore par une mauvaise beste qui desolait la campagne aux environs rene Enaux agée de treize ans et dont on a ramasse quelques membres epars ça et la qui ont ete inhume au cimetiere. » « Le onze octobre mil sept cent cinquante a este devore par une mauvaise bete qui ravageait le pays a lentours gilles Thierry age de six ans a ete inhume le meme jour a cause de l’infection du corps dont il ne restait quelques membres qui avait ete recueilli ça et la et apportes dans l’eglise de ceans. » (http://toursmaville.hautetfort.com/...)

      Cochon

      1724, Taillebois, Orne. L’an de grâce mil sept cent vingt quatre le mardi vingt sept jour de juin Anne Marguerite Lemarchand petit enfant agé de trois mois est décédée ayant malheureusement été estropiée par un porc dans la maison de Jacques Laisné au village du Hamel ....... paroise de Taillebois Le dit accident arrivé par l’inadvertance de Louise Lemarchand femme dudit Jacques Laisné nourrice et tante de la petite enfant qui étant sortie de sa maison pour aller quérir de l’eau et oublié de fermer la porte, le porc entra et cet animal estropia cet enfant dans son berceau. Nous soussigné François Duroyer prêtre curé de la dite paroisse de Taillebois nous nous sommes transporté sur le lieu par l’ordre de Monsieur le Bailli de la Carneille et de monsieur Lemarchand procureur fiscal de la vérité du fait et qui a été attesté unanimement par le voisinage et ensuite de quoi nous avons fait la levée du corps et inhumé dans le cimetière de la dite paroisse de Taillebois.

      Chiens enragés

      Le Blanc (indre) en 1788 (extraits) : "J’ai remarqué que le vent du nord avait tiré depuis le 18.9bre jusqu’au douze janvier, ce qui a fait une grande sécheresse, qui dit-on a occasionné l’hidrophobie d’une quantité de chiens qui ont fait tous l’effroy possible dans tout ce pays. Les journaliers et tous les voyageurs n’allaient pas sans fourches de fer. Des habitant des villes mesme la portaient pour aller dans les rues jusqu’à l’église. On disait de touttes parts que tels et tels étaient morts en tel endroit. Je ne peux certifier ce fait mais il est constant que cette [preuve ?] était généralement répandue.." (http ://interro_liens_callback)

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      • Toutes des bêtes 21 septembre 2007 11:58

        Qu’importe que ce soient un cochon ou des chiens ensauvagés et enragés, ils ont tous des poils hérissés sur la tête et le corps ainsi que la possession de canines pourvu que le loup soit considéré comme le bouc émissaire et que Moriceau fasse le singe !

        Bruno

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    • Quel sera le débat 21 septembre 2007 15:28

      Un colloque pour révéler ce que chacun connait concernant l’historique du loup d’antan ou de l’actuel animal, ce sera "(re)chercher la petite bête" et reparler des thèmes qui n’intéressent plus personne. Seul, les intervenants se satisfairont de faire du nombrilisme autour de ce sujet afin d’apporter des preuves plus ou moins convaincantes alors qu’aujourd’ hui bon nombre de citoyens sont éduqués pour distinguer une époque qui n’ est plus la notre !

      Le vrai texte à méditer est celui de l’ode à lupus mis en ligne sur interro_liens_callback et le reste est simplement du sensationnel !

      Bruno Lefèvre. auteur de "Ode à lupus"

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  • Et bien... Quelle que soit sa volonté de présenter cela sous un jour "objectif", le fait de devoir prendre autant de pincettes pour justifier le bouquin ("j"ai pas voulu faire ça... mais je l’ai fait qd même") prouve bien que la démarche pose problème dans le contexte actuel. Alors vrai souci d’objectivité ou envie de jeter de l’huile sur le feu ?

    Le titre du bouquin me dérange : 3000 Attaques de loups. Le chiffre est lancé en première de couverture et nombreux sont ceux qui vont en rester là sans lire le bouquin. Plus la récupération et la déformation médiatique -comme le souligne l’article- il n’y a qu’un pas pour voir que bien évidemment ceux qui vont bénéficier de cet ouvrage sont les anti-loups ! (Surtout quand on connaît les méthodes de certains)

    Essayer de faire un recensement précis du nombre de morts n’apporte rien. Je crois qu’il y a peu de monde qui reste dupe : bien sûr qu’il y a eu des loups enragés, bien sûr que le loup est un charognard et a sûrement goûté du cadavre humain et bien sûr que les petits enfants ne vont plus dans les bois pour voir Mère-Grand... C’est enfoncer des portes ouvertes que de raconter tout ça juste en feuilletant des registres paroissiaux ( !!!!), en énonçant des chiffres, en disant : "Oh, ça devait être plus !" => bon alors si les chiffres ne sont pas bons, si on ne peut pas retrouver les chiffres exacts et si les ordres de grandeur donnés sont faussés ===> A quoi sert ce livre ?

    Beaucoup de spécialistes du loup ont déjà expliquer tous ces faits et comportements "anormaux" du loup... L’important c’est de voir : dans le contexte actuel, comment vont se comporter les loups. 1 chapitre clair aurait sans doute pu servir à résumer toutes les thèses de M. Moriceau et servir de préambule à une vraie étude du comportement de l’animal hier, aujourd’hui et demain.

    De plus, il me semble - mais je ne m’appuie que sur le résumé - que certaines affirmations sont assez approximatives et réarrangés à la sauce qui convient à l’auteur pour appuyer sa "thèse". Quand le terme "bête" est employé - qui a dit que c’était le loup ? Si le curé lui-même ne le mentionne pas, c’est peut-être tout simplement que ce n’est pas le loup... Et la bête du Gévaudan ? De nombreuses analyses sérieuses ont aujourd’hui démontré qu’il était très peu probable que celle-ci soit un loup. Alors comment M. Moriceau - qui n’est qu’historien et n’a pas de connaissances en zoologie très poussées - peut-il affirmer - sans confronter son hypothèse aux autres de manière scientifique - qu’il s’agit d’un groupe de loups mangeurs d’homme ??

    Il joue sur les mots et cela ne ressemble pas à un travail sérieux. C’est approximatif et franchement plus j’y pense, plus ce livre me paraît malhônnete !

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    • Histoire du méchant loup de Jean-Marc Moriceau - quelle contribution au débat sur les grands prédateurs ? 26 septembre 2007 10:56, par Laurent (passionné d’élevage et de nature)

      Bonjour,

      Et bien, moi, je l’ai lu, ce livre de Mr MORICEAU : je l’ai trouvé passionnant, très documenté, et j’ai beaucoup apprécié le sérieux et l’objectivité de l’auteur. Il n’est pas du tout "pour" ou "contre" le loup, car tel n’est pas son propos. Il a fait un travail d’historien, et a bien pris garde de distinguer les animaux enragés des autres, tout en rappelant le caractère exceptionnel et "anormal" des attaques. Il me semble que plutôt que d’avoir un avis préconçu sur le sujet, et de rapidement s’échauffer, les gens qui s’intéressent à la question ferait mieux de se renseigner auprès de sources fiables et sérieuses... Dans toutes les espèces, il y a toujours eu des animaux "déviants". On peut très bien souhaiter la survie et la protection du loup aujourd’hui, et reconnaître que quelques-uns de leurs ancêtres ont massacré et/ou dévoré des êtres humains dans le passé. Il n’y a pas de contradictions ! !

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      • La mayonnaise a bien monté 26 septembre 2007 19:02

        Il suffit d’être un ancien élève de l’école normale et maintenant historien non spécialiste de canis lupus "pour pondre" un bouquin sur "la bête" et qu’ensuite, "la mayonnaise prenne !" Quelle triste constation pour certain(s) de notre société à l’heure de l’Internet !

        Je sais simplement que la mayonnaise tache !

        Merci au médecin pour son exellent argumentaire ci-dessous.

        Bruno

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      • Il faut relativiser... 26 septembre 2007 20:04

        Personne ne reproche à M. Moriceau d’être « pour » ou « contre » le loup même s’il est légitime de s’interroger sur l’exploitation qui est faite de son livre dans les milieux "anti-loups" (cf : question posée par Farid Benhammou dans son article).

        A partir de là il est légitime de se demander si la collecte qu’il présente et l’analyse qu’il fait (existence certaine de loups "anthropophages") tiennent ou non la route. Et surtout dans quelles proportions doit-on considérer la responsabilité de cette espèce dans les décès d’enfants ?

        Il a réuni en 5 ans 3000 "données" dont la moitié environ désignent le loup. Je pense qu’en 5 ans, il devrait être possible à un chercheur (patient) de réunir de la même façon plusieurs centaines d’anecdotes mettant en lumière d’autres cas d’attaques ou de meurtres d’enfants qui ont pu parfois ( je ne dis pas toujours), être mises un peu facilement au compte de "Canis lupus".

        M. Mathieu, sur ce forum, a avancé quelques hypothèses (crimes d’humains) mais les archives parlent aussi d’autres bêtes dangereuses non identifiées mais différentes des loups (voir plus loin), de porcs, de chiens (peut-être plus ou moins métissés de loup d’ailleurs et parfois enragés)..

        L’existence de ces données pose aussi question car si on connaît bien aujourd’hui le rôle de " bouc émissaire" joué par l’espèce loup, on est en droit de se demander s’il n’en était pas de même autrefois.. Quelle est la part de vérité dans ces récits, faut-il s’en tenir à la seule explication donnée par un curé ? Difficile de sortir des suppositions…

        Ci-dessous quelques autres anecdotes (rapidement trouvées sur le net) montrant qu’il faut relativiser lorsque les curés désignaient " le loup" :

        A propos de la bête du Gévaudan : voici un acte (à méditer) de la commune d’Aumont en Lozère (registres entre 1760 et 1773) trouvé sur un forum internet de généalogie :

        « En attendant qu’il se présente quelque héros qui entreprenne de combattre un pareil monstre, il faut, Chrétiens, en demander au Ciel la délivrance par les plus ferventes prières, et surtout par une sincère conversion. C’est le moyen le plus assuré de détourner la colère du Seigneur irrité contre les hommes, qui tremblent aujourd’hui [de] l’avoir entièrement abandonné pour se livrer à toutes leurs passions...

        A propos des hybrides chiens/loups (Morvan)

        "Un monstre d’une nouvelle espèce jette en ce moment la terreur dans toutes les fermes.On rapporte que les basse-cours de Neuvy Grandchamp et Saint Aignan sont ravagées par un animal, que l’on croit être un métis de loup et de chien. Les chiens de chasse ne veulent pas donner sur sa voie. Des personnes qui l’ont rencontré prétendent qu’au lieu de boire en humant comme le loup, dont il a toutes les apparences, il lape comme le chien. En terme du Morvan, les paysans l’appellent un LAPOUPOU. Plusieurs coups de feu ont été dirigés sur lui sans résultat." Revue de l’Ouest, 20 janvier 1880.

        Autres bêtes dangereuses

        Dans les cahiers de doléances (1789) de la communauté de Charency (Jura), les villageois se plaignent outre des trop nombreuses redevances qu’ils doivent payer des mauvais chemins de l’hiver qui conduisent femmes, vieillards et enfants à "perdre la messe (...) mourir sans sacrement et les enfants sans baptême". Ils ajoutent qu’ils ont besoin de la permission royale pour détenir quatre fusils " en cas de besoins tants pour les loups qu’y sont fréquents que pour d’autres bêtes dangereuses"... (1984 - Manuscrit de Georges Bourgeois- ancien maire de Charency . Source Internet, forum de généalogie)

        Loup, porc ou chien ?

        « En telle sorte que nous estimons que les blessures que nous avons trouvées à cette petite fille ont été faites par la gueule et avec les dents d’un animal n’étant pas à nostre pouvoir de désigner de quel genre est cet animal, qui peut être un loup, un pourceau ou un chien. Ayant mesme, afin de pouvoir en donner une idée claire et distincte, conversé avec le chirurgien ordinaire de l’hôpital qui avait vu récemment les dites blessures, lequel nous auroit déclaré qu’il seroit fort embarrassé à pouvoir aussi désigner de quel genre est l’animal qui a mangé la main de cette petite fille et failli la dévorer ; en telle sorte que nous pensons que lesdites morsures ont été faites par la gueule et avec les dents d’un animal qui peut être un loup, un pourceau ou un chien » (extrait d’un acte de 1736 trouvé aux archives municipales d’Aix-en-Provence, voir : http://geneprovence.blogspot.com/20...)

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    • L’histoire et le « grand méchant homme ».

      A propos du livre « Histoire du méchant loup », par Jean-Marc Moriceau (Fayard)

      Je ne reviendrai pas sur le cas des loups enragés qui ont bel et bien existé, mordu et tué des Hommes (enfants, femmes et… adultes). Je ne mets pas en doute le fait que certains loups aient eu un comportement aberrant de prédation sur des Hommes. Au sein d’une population de carnivores sauvages, il peut apparaître (les hasards de la génétique) des individus peu farouches, qui si l’occasion se présente, peuvent (au pire) considérer l’Homme comme une proie et (au mieux) comme un danger que l’on ne doit pas fuir, mais attaquer. La probabilité qu’un tel comportement apparaisse au sein d’une espèce, varie en fonction de l’espèce (Très fréquent chez l’ours blanc, beaucoup plus rare chez la belette…). Les dangers que peut représenter cette « mutation » pour l’Homme est évidemment lié directement à la taille de l’espèce, à sa puissance et… aux disponibilités alimentaires.

      Le loup n’échappant pas aux règles élémentaires de la génétique, il est probable (certain…), que des individus, en bonne santé, aient pu attaquer des Hommes, les tuer et les manger (loups anthropophages).

      Je reconnais que Moriceau a fait un travail de compilation sérieux et que ces travaux sont documentés, mais ou est l’analyse ? Je reconnais que Moriceau a été prudent en relativisant la prédation du loup comparée à la mortalité liée aux guerres, famines et maladies.

      Le tabou du « gentil petit loup » est tombé, soit. J’en suis moi-même heureux, comme nombre de naturalistes, défenseurs des grands prédateurs, qui savent que tous les êtres qui vivent sur cette terre, même les plus petits (pensez aux mouches, moustiques, bactéries… virus) représentent un danger pour notre vie : combien de morts par les bactéries en France durant les cinq derniers siècles ?

      Pourtant, il y a bien un tabou qui persiste, immense, infranchissable… que personne n’ose franchir. Ne me dîtes pas que vous n’y pensez pas… Mais l’idée, si elle vous a effleuré, a bien vite été rangée dans le lourd tiroir « des choses dont on ne parle pas ».

      Quel est l’être vivant, intelligent, malin, robuste, qui peuplait en très grand nombre nos régions durant tous ces siècles ? Quel est l’être vivant, qui pouvait le plus facilement approcher les enfants et les femmes ? Quel est l’être vivant, qui dans tous ces domaines surpassait le loup ? Régulièrement, de nos jours, les médias font état de viols, de meurtre horribles, très souvent commis sur des enfants et des femmes. Sans parler des infanticides (parents qui tuent leurs enfants). Tous ces faits sont évidemment documentés avec procès à la clé et condamnations. Et nous sommes aux « temps modernes » avec des mœurs polissées, une police et une gendarmerie en état de marche. Si la misère existe encore bel et bien, elle ne peut être comparée à celle qui sévissait dans la France concernée par le livre de Moriceau et la vie privée, si elle reste de nos jours (et heureusement) encore largement opaque, elle se montre plus transparente. Essayez aujourd’hui de faire disparaître votre enfant sans que l’école ou les voisins s’en aperçoivent !

      Rien ne permet de penser que les psychopathes, pédophiles ou autres pervers soient plus nombreux autrefois qu’aujourd’hui, mais la société telle qu’on la connaît depuis le début du XXe siècle réduit considérablement les possibilités du passage à l’acte et surtout celles de la récidive (traitement des maladies psychiatriques et enquêtes policières).

      Quel était le risque pour un psychopathe vivant dans nos campagnes au XVIIIe siècle de violer et tuer un enfant ou une femme rencontrés sur un chemin, dans un bois, ou en rase campagne, en train de garder un troupeau, de ramasser du bois ou de rejoindre son domicile ? Soit il camouflait son meurtre en attaque de loup, soit il cachait sa victime qui était découverte par un chien ou un loup et dévorée. Quoi de plus facile alors d’accuser le loup et de permettre aux curés de consigner ces « faits » dans les registres paroissiaux.

      Pourquoi cette hypothèse n’a pas été sérieusement discutée ? Rien ne permet en tout cas de la balayer ? Comment affirmer, au XVIe siècle, que les restes d’un enfant ou d’une femme découverts au bord d’un ruisseau ou dans un bois proviennent d’une attaque de loup, sur individu vivant ? Pour Moriceau, il suffit que ceci soit consigné dans un registre paroissial avec quelques témoins à l’appui… Un peu court, non ? Sans compter qu’on a du mal à comprendre comment un loup sait, d’instinct, reconnaître un enfant et une femme d’un homme adulte ; considérant que le dernier est plus dangereux à attaquer que les deux premiers. Le psychopathe, lui, le sait et bien mieux que le loup.

      Voici quelques faits recensés par MORICEAU « Mes aïeux, quel massacre ! À Rosporden, en Bretagne, en 1773, une gosse de 8 ans, puis une de 10, sont emportées par une louve. Et le 23 septembre, “on a découvert la retraite de cet animal dans les bois. On y a trouvé cinq petits louveteaux et des ossements d’enfants avec le crâne d’une personne qui paraissait être plus âgée”. Idem à Berd’huis (Orne), où l’on enterre en 1739 un ” enfant de dix ans, noyé dans la rivière, lequel avait été tiré hors de l’eau par un loup qui lui a mangé mains et bras, jambes, cuisses et reins”. Pareil au Mesnil (Meuse), en 1690, où “Jean Bigot, âgé de huit ans, a esté dévoré du loup et l’on n’a retrouvé qu’une de ses mains et ses entrailles qui ont été inhumés sous un carreau de l’autel, le reste du corps ayant été emporté et mangé dans le bois”. Etc, etc. ». Et ça, ça prouverait que les loups mangent des Hommes vivants ? On pourrait presque en rire…

      Imaginez un Landru vivant au XVIIe siècle dans la lande de l’arrière pays Bigouden, sûr que le loup aurait avantageusement remplacé la cuisinière. Monsieur le curé aurait consigné soigneusement, les faits dans son registre et 300 années plus tard, un professeur de l’Université de Caen aurait ainsi eu « la preuve » qu’une vingtaine de pauvres femmes ont été tuées et dévorées par le loup.

      Une seule chose est certaine : à aucun moment, Moriceau n’apporte la preuve, dans son livre, que des loups non enragés ont attaqué et tué des Hommes vivants et sains. C’est pourtant bien là le nœud du problème. Fallait t-il écrire un livre de plusieurs centaines de pages pour écrire –ce que personne ne nie- que des loups enragés ont tués des hommes ou que des loups sains ont dévorés des cadavres humains ? A moins que…

      Voilà, je suis un modeste médecin qui s’est intéressé aux psychopathies (une multitude de cas concrets concernant essentiellement les enfants et les adolescents) et aux infanticides (en particulier à travers le Syndrome de Munshausen par procuration). Ce sujet n’est plus, pour moi, un sujet tabou. Comme vous tous, je lis la presse, j’écoute la radio et je regarde le journal télévisé. Les procès sont là, avec des faits (bien documentés, ceux-là, avec instruction à charge et à décharge) et les condamnations sont prononcées. Il n’y a plus d’histoires de loups pour disculper les coupables. Quel est le nombre de victimes recensées de ces psychopathes en France au cours du dernier demi-siècle ? 200 ? 400 ? 600 ? Très souvent des enfants et des femmes (Comme au temps de loups…) : c’est probablement l’ordre d’idée. Combien seraient-elles, ces victimes, sans le travail de la police, les moyens modernes de recoupement des données, les tests scientifiques (empreintes classiques ou génétiques…), la presse qui informe et suscite des témoignages ; l’efficacité des soins psychiatriques ? 5 fois plus, 10 fois ; un peu plus. Allez, disons entre 500 et 1000 victimes humaines recensées avec viol suivi d’assassinat, assassinat de femmes ou d’enfants, ou infanticides depuis 1950. 500 ou 1000 victimes que le loup n’aura pas tuées et dévorées ; et pour cause : il n’y avait plus de loups jusqu’au début des années 90. Une chance pour le loup ! Mais gageons que d’ici quelques mois, la première victime dévorée par le loup sera signalée du côté de Belledone. Un enfant, ou une randonneuse affreusement mutilé ? Il y a quelques années, dans les Alpes françaises, un berger saoul, tombé dans un ravin, a bien essayé de faire croire que ses blessures résultaient de l’attaque d’un loup. Au XVIIe siècle, ces faits auraient été consignés soigneusement, par monsieur le curé, dans le registre paroissial, pour le plus grand bonheur d’un « professeur d’histoire moderne à l’Université de Caen, un chercheur reconnu en l’histoire rurale en France ». Il y aurait eu « une date, un fait, un événement » et tout ça suffisait pour le professeur, ainsi convaincu de la culpabilité du loup. Dommage, nous étions au XXIe siècle, et il suffisait de regarder la photo de la victime et écouter ses déclarations à la radio, pour comprendre qu’il existait une hypothèse bien plus plausible pour expliquer les faits…

      Moriceau enregistre 3 000 attaques du loup sur l’homme (plus que quelques centaines après avoir utilisés quelques filtres de « bons sens »), entre le XVe et le XXe siècle. Combien de ces faits attribués aux loups pourraient être le fait de psychopathes ? Impossible évidemment de le dire. Un travail réellement scientifique aurait au moins pu évoquer l’hypothèse. En se basant sur les faits, eux, indéniables, rapportés par les annales des tribunaux français depuis une cinquantaine d’années, on pourrait parier qu’entre l’hypothèse « agression d’origine humaine » et « agression par le loup », la première puisse largement dominer. Mais voilà, le tabou est beaucoup trop fort. Une chose est sûr : le petit chaperon rouge devra surtout se méfier du « Grand méchant homme » déguisé en… Grand méchant loup. Le 25/09/2007 Roger MATHIEU Le trou du loup 26400 BEAUFORT-sur-GERVANNE 04 75 76 44 27

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    • J’ai beaucoup réfléchi à Moriceau et à son ouvrage. Pourquoi prendre des pincettes : c’est un travail “d’amateur”. Je pèse mon mot ! Au mieux c’est une simple compilation, un travail d’étudiant en histoire du niveau première année. Du laborieux travail de “rat d’archives” qui copie scrupuleusement tous les textes disponibles avec toutes les références, mais qui oublie d’en faire l’analyse rigoureuse avec esprit critique et examen de TOUTES LES HYPOTHESES... Le même renoncement à l’esprit critique conduirait à considérer comme recevables les textes des siècles passés relatant... des meurtres rituels d’enfants par les Juifs ! C’était certainement le point de vue de Goebbels, Darquier de Pellepoix et consorts ! Accusions d’empoisonnement portés contre les Juifs pendants les épidémies au Moyen-Age : arguant d’une moindre mortalité, réelle dans certains cas...du fait d’une meilleure hygiène, rituellement prescrite ! Ces exemples consternant, pourtant soigneusement consignés dans des “registres”, ne sont que quelques exemples parmi des quantités d’autres. Bien au delà du sujet traité (le loup), par son manque flagrant de rigueur, oui, Moriceau fait partie de la famille des historiens dangereux (conscients ou inconscients...), du type de ceux dont se sont servi les régimes politiques les plus abjects ayant des comptes à régler avec une minorité. Après tout, nous avons une chance : celle que notre “Professeur d’histoire” se soit intéressé au loup ; imaginez qu’il ait pris pour sujet : l’histoire des femmes ou des minorités religieuses ou ethniques entre le XVe et le XIXe, en compilant les textes d’époque !... Une chance aussi pour lui !...

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      • n’ayons pas peur des mots 27 septembre 2007 21:12

        Je soutiens la thèse ci-dessous. Les mots sont justes !(comparaison) Je qualifie "3000 attaques" comme incomplet ou inachevé ! (ce n’ est pas normal de la part d’un brillant historien) Il est évident que dès qu’une personne sort un document (compilation) d’un sujet "brûlant" le présentant au public par le biais des médias, celui-ci recherche quelque chose ?

        Quel est ce quelque chose ?

        - Un soutien inconditionnel aux éleveurs ovin protestataires du retour du loup ou du moins de l’expansion de celui-ci ?
        - Un soutien inconditionnel recherché auprès des chasseurs souhaitant la gestion cynégétique de l’espèce loup ?
        - Essayer d’inverser la tendance écologiste (biodiversité) actuelle ?
        - Recherche de gain d’argent par la publication de son livre ?
        - Perpétuer les dires ainsi que les écrits de la dangerosité de la beste ?

        N’y-a-t’il pas anguille sous roche ?

        Mon mot définitif sera celui de la suggestion du combat démocratique sans vergogne à mener contre "MORICHAUD" par la mise en oeuvre de tous les moyens possibles vis à vis de genre d’individu.

        Les jeunes générations nous observent !

        Bruno de l’ode à lupus

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        • n’ayons pas peur des mots 28 septembre 2007 10:37

          Attention, il y a deux problèmes distincts : Le contenu du bouquin est une chose et est directement de la responsabilité de l’auteur. L’exploitation médiatique qui en est tirée (par l’éditeur et les médias) en est une autre. Tout le problème est de savoir s’il y a lien ou non entre les deux questions..

          Sur le dernier point (l’utilisation du livre par les médias) voici (entre autres) comment en parle un site internet pyrénéen :

          " Le loup attaque l’homme. Une étude historique va relancer la polémique . Faut-il avoir peur du grand méchant loup ? On diabolise volontiers le carnassier, de retour partout dans les Alpes. TERRIFIANT ! Depuis toujours, le carnassier fait peur. Et il y a bien quelques raisons à cela, comme le démontre magistralement l’auteur de l’étude à paraître Histoire du méchant loup : Jean-Marc Moriceau a en effet pu recenser plus de 3000 attaques du prédateur sur l’homme entre le XVe et le XXe siècle dans 85 départements français".

          Suit une interview de M. Moriceau parue dans un journal suisse et un " reportage" racontant comment des éleveurs ont apporté deux dépouilles de brebis au siège du WWF suisse.

          Commentaire du site :

          " Nous pouvons observer que pour le WWF, il y a consensus dans toute l’Europe. Manifestement cette organisation aux origines, semble-t-il, sombres et brunes, refuse de voir ce qui se passe sur le terrain. Ces bureaucrates environnementalistes rentent encrés dans leurs certitudes idéologiques et sectaires n’ont manifestement pas compris que les éleveurs européens échangeaient par Internet. Nous savons que en France comme dans les Cantabriques / Asturies, il y a de très sérieux problèmes. Mais pour eux, le loup comme l’ours sont de gentils animaux de compagnie dont il "fait plaisir de savoir qu’il est là !". Il est temps que la communication des éleveurs se développe à un niveau européen pour faire taire tous ces mensonges et ces manipulations de mouvements écologistes"

          (tiré de : http://www.pyrenees-pireneus.com/Lo...)

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          • Loup, ours, vautours : tous dans le même panier ! 28 septembre 2007 13:20, par Roger MATHIEU

            Le site internet pyrénéen dont tu parles est bien connu pour ses positions anti-tout ce qui, en montagne, ne ressemble pas de près ou de loin à un Homme. Il est alimenté (entre-autres) par un certain DOLLO de Tarbes, accompagnateur de montagne, ancien berger, ancien journaliste, ex-Président d’un CAF local et qui "pige" , à peu près toujours sur le même sujet : contre les ours, loups et vautours. C’est lui qui est à l’origine de la diffusion de la vidéo (très mauvaise qualité) du Lac d’Estaing (Pyrénées), censée représenter une attaque de vautour sur brebis vivante et qui n’est autre qu’une banale curée de vautours sur un cadavre de brebis qui roule dans un ravin très en pente. Cette brebis faisait partie d’un lot de brebis, sans surveillance et qui avaient déroché. L’Etat qui depuis juillet 2007, (dans les pyrénées) prend à sa charge toutes les expertises concernant les cas suspects "d"attaque de vautours" a publié le 8 juillet 2007 un communiqué de presse qui précise qu’aucune expertise vétérinaire faite à la demande des éleveurs "victime" ne pouvait conclure à une prédation de vautours sur animal vivant et en bonne santé (veaux, brebis, ect.). Je cite le communiqué du Ministère de l’écologie

            "Les premiers résultats obtenus confirment la difficulté de faire un lien direct entre la mort du bétail et la responsabilité des vautours sans diagnostic vétérinaire. En effet, même s’il est maintenant confirmé que des vautours peuvent s’attaquer à des animaux vivants, cela se fait toujours sur des animaux très affaiblis et/ou qui ne sont pas en pleine possession de leurs moyens : Dans un cas, les vautours ont consommé une vache paraissant en pleine santé le matin même, mais qui a été foudroyée par une maladie aiguë (entérotoxémie) dans la journée.
            - D’autres se sont attaqués à une brebis boiteuse, mais pas à l’agonie.
            - Une brebis maigre a été retrouvée morte, avec des lésions d’éventration et des hématomes, mais l’analyse histologique semble confirmer qu’elle était morte avant d’être consommée.
            - Une vache a été retrouvée morte après vêlage et prolapsus utérin, mais l’origine directe ou indirecte des vautours n’est pas encore clarifiée
            ". ;

            je n’ai évidemment pas retrouvé ce communiqué sur le site pyrénéen.

            Pour conclure : il faut des sites anti-tout, et pourquoi pas des sites anti-loups, ours et vautours ; c’est la vie et c’est bien comme ça. Le tout est d’annoncer la couleur, ce que ne fait pas le site pyrénéen en question.

            Pour revenir au livre de Moriceau, si les moyens de discussion, et d’expertise et de recoupement n’existaient pas, toutes ces attaques de vautours sur "brebis vivantes" dont se plaignent les bergers pyrénéens (1), avec moult détails, seraient "des preuves" que les vautours sont devenus des prédateurs des moutons. Si l’attaque de vautours sur animal vivant et en bonne santé est statistiquement possible (aucun ornithologue le nie) à ce jour, on attend toujours les preuves !

            1- et il en existe des dizaines recensées depuis que certains agitateurs locaux ont fait monter la pression, je pourrai vous parler de l’IPHB, mais ça m’entrainerait trop loin

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            • Nous sommes bien d’accord : ce site, l’IPHB et leurs amis ne véhiculent le plus souvent que de la propagande de bas-étage ou des provocs. Depuis longtemps. Avec obstination. C’est également ce qu’ils tentent à nouveau avec le prétexte du livre de M. Moriceau. Certains pensent qu’il ne faut pas répondre. Je crois au contraire que laisser le champ libre à leurs " arguments" (parfois frappants : voir l’ours) sans répondre et argumenter est une erreur et que nécessairement des traces restent dans l’opinion : que ce soit sur la question de l’ours (indésirable), des vautours (carnivores)et pourquoi pas du loup (anthropophage).

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        • n’ayons pas peur des mots 12 octobre 2007 15:45, par billiejoe
          ce message, inexorablement, condamne toute publication de ce genre, surcette thèse, sur ce sujet, et c’est triste, la censure. l’historien propose un point de vue, donne des faits, relativise ces faits, n’en fait une vérité et ne propose rien, au final, que des faits remis en question ce livre n’est pas dangereux, quand on sait lire, quand on sait apprécier des sources historiques, quand on sait que les curés ne sont pas tous, loin de là, sous l’Ancien Régime, de dangereux illuminés qui ont tout intérêt à parler de loups quand il n’y en a absolument pas (dans la fiabilité d’une source, il faut rechercher avant tout, non pas ce qu’est un curé, en général, mais l’intérêt du mensonge, s’il y en a un). je ne réponds qu’à ce seul message, mais pour dire globalement qu’il est fort dommage que d’après ce désir absolu de ne pas voir une vérité en face, quand on ne pourrait soi-même rien entreprendre pour ouvrir les yeux, il est dommage de s’en prendre à des personnes qui oeuvrent pour approfondir certains débats, défricher quelques espaces d’études. à bon entendeur, salut

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      • Effarant ! Toute cette logorrhée maniant insulte, approximation, manipulation prétend convaincre le lecteur ! Jusqu’où ira l’abjection ?

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  • Révolté par ce livre !! Pretextant un amas de bêtises (des pseudos attaques de loups qui ont eu lieu il y a 5 siècles) pour se faire de l’argent et réunir toujours plus d’anti-loups. Honteux ! Bravo Fayard !

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    • Bonjour, A la lecture des commentaires, je dois vous faire part de mon inquiétude. J’avoue volontiers ne pas comprendre les réactions parfois injurieuses, souvent déplacées, qui circulent. Le dernier commentaire attire mon attention : « un amas de bêtises (des pseudos attaque de loups qui ont eu lieu il y a 5 siècles) ». Si le rédacteur de cette note avait pris la peine de lire l’ouvrage, sans doute aurait-il observé que les attaques de loups anthropophages ne se sont arrêtées que tardivement en France (il y a deux siècles environ), de même aurait-il constaté la neutralité de ton dont a fait preuve son auteur, Jean-Marc Moriceau. Malheureusement, le dénommé « un loup » ne s’est pas donné cette peine… Dépassant ce dernier commentaire et souhaitant soumettre cette courte notice à l’intention de tous ceux qui s’expriment à tort et à travers en utilisant des mots cruels, je propose une remarque : il n’est pas pire ignorance que l’ignorance qui s’ignore (idée platonicienne). Aussi cette remarque me pousse à donner quelques notices qui sont, à mes yeux, de première importance : tout d’abord, la lecture des « mythologies » des Roland Barthes. Je vous renvoie également aux écrits de sociologues ou linguistes comme Pierre Bourdieu ou Noam Chomsky. Enfoncer des évidences est, par définition, un fait évident qui ne peut que susciter l’acquiescement du public. A contrario, remettre en cause une idée reçue (je conseille à ce propos de lire Le Dictionnaire des idées reçues de Flaubert pour appréhender le ridicule du préjugé) provoque des frictions. Jean-Marc Moriceau dérange parce qu’il remet en cause une idée reçue. Un scientifique qui se propose d’étudier un objet avec la rigueur et la méthode de sa discipline semble déranger. Pourtant, pour qui sait ce qu’est la discipline historique et ce que sont les sources de l’historien, la base de réflexion est tout à fait pertinente dans le cas d’Histoire du méchant loup… Le sujet du loup est cristallisant. Il révèle, à mes yeux, un problème qui le dépasse de loin et gangrène la réflexion à laquelle chacun devrait se livrer pour s’extraire de ses préjugés ! En conclusions, lisez, documentez-vous avant d’affirmer des inepties. J’ai également lu, sur un autre blog, une énumération de la bibliographie de Jean-Marc Moriceau avec pour remarque : « je ne voudrai pas paraître tordu mais n"y aurait-il pas un soupçon de parti pris pour les éleveurs dans les écrits de moriceau » [http://greywolf.oldiblog.com/?page=...]. Au rédacteur de cette phrase, je lui conseille vivement d’affiner ses connaissances. Jean-Marc Moriceau est un historien que je qualifierai de structuraliste (cad privilégiant les structures et cherchant à comprendre leur fonctionnement), se positionnant comme historien ruraliste, héritier de l’histoire économique et sociale dont certains auteurs ne vous seront pas inconnu : Marc Bloch, Fernand Braudel, Pierre Goubert ou encore Ernest Labrousse…

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      • Oui, bien sûr, lisez, documentez-vous avant de raconter n’importe quoi. Moriceau dit la vérité lui, parce que c’est un historien. Evidemment, tous les professionnels du loup mentent, eux.

        Ensuite, quand on ne souhaite pas prendre partie, on n’écrit pas sur la couverture un titre mensonger : 3000 attaques du loup sur l’homme. Soyons réalistes.

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        • Bonjour,

          Suite à la réponse qui m’a été adressée après la parution de l’encadré que j’ai intitulé : "La valse des préjugés contre la démonstration d’un scientifique...", mon incompréhension demeure... L’auteur de cette courte réponse me convoque à rejoindre son point de vue au nom du réalisme... Je l’avoue volontiers, je ne comprends pas pourquoi il s’exprime de la sorte ; aussi vais-je être réaliste pour lui faire honneur et m’adresser à lui directement : Si vous avez des doutes concernant les idées soutenues par Jean-Marc Moriceau, et bien argumentez que diable ! Mais avant de vous lancer dans une diatribe écoeurante ou mal sentie, je vous conseille juste de ne pas affirmer n’importe quoi. Cette critique, je vous l’ai livré en toute amitié et la réponse que vous m’avez faite me laisse un goût amer... N’étiez vous pas en colère après mes mots ? Peut-être mes mots vous sont apparus maquillés d’un soupçon de prétention. Si tel est le cas, je le déplore et vous trouverez ici mes excuses les plus sincères. Je ne souhaitais que vous exhorter à lire, à vous documenter et surtout à vous interroger sur ce qui fait que vous réagissez si vivement.

          Je vous rappelle également que dans ce débat, il n’est question que du loup. Alors pourquoi ces réactions si violentes ? J’aimerais que vous compreniez bien cela. Jean-Marc Moriceau n’est pas un « anti loup » ni même un « pro loup ». C’est un historien. Il a juste rappelé à travers ce livre que le loup est un « animal » « carnivore ». Je ne vois rien de choquant ou d’offensant... Il a réalisé un travail d’histoire, selon la méthode historique.

          Comme la réponse que vous avez produite n’est pas argumentée - et que vous n’avez pas lu l’ouvrage > preuve : le corpus est de 3058 cas si mes souvenirs sont bons - je ne vois rien d’autre à ajouter... Si ce n’est ceci : il ne suffit pas d’être historien pour dire la vérité. Il suffit d’être un homme faisant bon usage de sa raison.

          Bonne continuation.

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  • La présentation, le 24 octobre dernier (16h47), de la réponse que j’avais adressée au commentaire envoyé par Roger Mathieu le 27 septembre (11h27) prête largement à confusion et risque d’apparaitre comme une diatribe contre le livre de JM Moriceau. Or, c’est du contraire qu’il s’agit. Ma réponse renvoyait bien au texte de R. Mathieu. Ce dernier, après un premier commentaire, injuste mais argumenté, daté du 26 septembre (11h55), revient le lendemain sur le sujet, dans une dénonciation d’une rare violence mêlant approximations ("travail d’amateur", "simple compilation", "renoncement à l’esprit critique"...), manipulation ("c’était certainement le point de vue de Goebbels, Darquier de Pellepoix et consorts"...) et insultes ("oui, Moriceau fait partie de la famille des historiens dangereux du type de ceux dont se sont servi(sic) les régimes politiques les plus abjects"...). C’est toute cette effarante logorrhée que je dénonçais et dénonce à nouveau comme intolérable sur un forum qui se prétend ouvert au "dialogue". Cette cabale inique fait froid dans le dos et rappelle aux plus anciens d’entre nous des temps et des procédés qu’ils espéraient ne plus jamais revoir. L’ouvrage du professeur Moriceau est un modèle de méthodologie et d’honnêteté, tant par le rassemblement des sources, leur analyse, leur critique et leur interprétation que par leur mise en perspective. Il introduit la raison dans un dossier qui laisse trop souvent la passion et l’irrationnel l’emporter. Mais encore faut-il l’avoir lu.

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    • Bien d’accord avec vous, Monsieur.

      Je suis arrivée sur ce site en cherchant des commentaires sur le livre de Moriceau ; Celui du rédacteur de l’article m’a paru intéressant. Mais je suis stupéfaite et très effrayée des commentaires.

      Je n’ai pas d’idée très arrêtée sur le loup, je dois dire. Mais j’en ai une, maintenant, sur les pro-loups, dont je viens de lire l’accumulations de jugements tordus et de stupidité haineuse.

      Et, soit dit en passant, je pense qu’un paysan du 15 ° siècle, curé ou non, savait probablement mieux reconnaître un loup d’un chien quand il en voyait un, qu’un citadin du 21 ° siècle appartenant à la secte des adorateurs du loup et qui n’a rien vu du tout.

      Bref, votre commentaire me réconforte un peu...

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  • Il y a effectivement de quoi etre septique en lisant les commentaires. Quand je lis qu’on a des préjugés désormais sur les pro-loups à cause de leurs commentaires tordus ou niaiseux, etc... il y a vraiment de quoi se poser des questions. N’est-il pas normal que les pro-loups défendent une vérité qui est injustement remis en cause par de simples opinions ? Une opinion n’a jamais remplacé une preuve. Pourquoi les pro-loups devraient être la cible de critiques jour après jour, mais tout le monde leur crache dessus en disant que ce sont eux qui cherchent ?

    Bref ! Plus de 3000 attaques (en sachant qu’on a des témoignages non fondés, et des cas de rage qui ne représentent en aucun cas un animal ; un animal enragé, quel qui soit, est dangereux) et en plus sur une période de 500 ans. Vous avez 1000 fois plus de chances de vous faire attaquer par le chien du voisin que par un loup. Si le loup était vraiment dangereux pour l’homme, on en aurait eu la preuve voilà bien longtemps. Hors, certains villages, dans certains pays, vivent parmi eux depuis des décennies, en parfaite harmonie. Il n’y a jamais eu de souci. Le problème n’est pas le loup, le problème vient de l’homme de notre culture.

    Pour ceux qui s’imaginent qu’un témoignage est une preuve suffisante : Sachez qu’1 américain sur 3, selon un sondage, prétend avoir été enlevé par des extraterrestes.

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    • Bonjour,

      Tout d’abord, je souhaite vous remercier pour votre réponse. Vous posez la question : « N’est-il pas normal que les pro-loups défendent une vérité qui est injustement remis en cause par de simples opinions ? Une opinion n’a jamais remplacé une preuve. » Pour vous répondre franchement, se défendre n’appelle pas automatiquement l’insulte. Dois-je vous insulter si je ne suis pas d’accord avec vous ? Je ne le pense pas. L’insulte est le propre de l’idiotie et d’un profond manque d’arguments. Pour ma part, j’accepte les critiques, elles me permettent d’avancer. Mais une critique doit être argumentée. Il faut également accepter l’échange de la critique. Les pro-loups ne sont pas « attaqués » (vous avez utilisé le mot de « défense ») dans Histoire du méchant loup. Les loups ne le sont pas plus. Aussi ai-je du mal à comprendre pourquoi et comment ce sentiment est né. L’ouvrage est à prendre comme une contribution à la connaissance du prédateur et de son histoire, rien de plus, rien de moins. Face à cet ouvrage, les pro-loups font une levée de boucliers. Il y a donc violence dans l’échange et le partage de la connaissance : il n’y a pas de dialogue. Je pose la question : d’où vient cette volonté de rompre le dialogue de la connaissance. La réponse est simple : certainement pas du chercheur dont le but est de faire partager les résultats argumentés de ses recherches…

      Par ailleurs, vous parlez d’opinion. Une opinion est quelque chose d’indémontrable : on en est persuadé mais pas convaincu, aussi la démonstration faite pour démontrer la véracité d’une opinion se heurte-t-elle toujours à ses propres limites matérialisées par un défaut d’argumentation et surtout par le fait de ne pas avoir su que l’on ne pourrait soutenir l’idée jusqu’au bout. Le mot est donc inadéquat pour le livre en question puisque le propos est argumenté, documenté. Qui plus est l’auteur connaît et met en évidence les limites de son travail dès son ouverture : le livre n’est qu’une première étape, le premier jet d’une recherche en cours et qui est loin d’être terminée ! L’utilisation que vous faites du mot « opinion » me rappelle mon sujet de philo au bac 2001 : « de quelle vérité l’opinion est-elle capable ? ». Je me souviens m’être interrogé sur la définition de ce mot. Je vous conseille d’en faire autant et, à l’avenir, de prendre garde à son utilisation.

      Vous parlez de « preuves ». Il serait bon que vous vous interrogiez sur les sources de l’historien. Et en vous interrogeant, relisez les premiers chapitres du livre. L’enquête systématique, les sources croisées, l’analyse des témoignages, les traits statistiques dégagés, etc.

      Vous avez écrit ceci : « Vous avez 1000 fois plus de chances de vous faire attaquer par le chien du voisin que par un loup. Si le loup était vraiment dangereux pour l’homme, on en aurait eu la preuve voilà bien longtemps. » Jean-Marc Moriceau n’a jamais dit le contraire. Il a toujours relativisé et mis en contexte les cas qu’il a étudiés. Au passage, amusant ce « bien longtemps » dans votre phrase. Finalement, le livre Histoire du méchant loup vous dérange mais vous avez exactement le même point de vue sur cet élément que son auteur. Je ne puis qu’en conclure que votre réaction est suspecte… à moins que vous n’ayez toujours pas lu le livre. Comparé aux mortalités accidentelles, aux guerres, maladies (dont certaines véhiculées par des animaux, des insectes…), famines et j’en passe : effectivement, les attaques de loups sont peu nombreuses. Elles sont néanmoins suffisantes pour avoir influencé la culture populaire, avoir créé ce que vous appelez « la peur du loup », etc. N’est-ce pas cela, au final, que le livre démontre. Ensuite, vous utilisez dans votre développement l’adjectif « certain ». C’est une bonne idée. Depuis quand certain est-il devenu un synonyme de tout ? L’important, lorsque vous lirez le livre, est d’être bien attentif aux contextualisations proposées par l’auteur. Sans cela, évidemment, il vous sera difficile de le comprendre. Les attaques de type anthropophagique (puisque ce sont elles qui vous dérangent) n’ont pas lieu n’importe où, ni n’importe quand, ni dans n’importe quel contexte environnemental ou social… Ces contextes ont profondément changé depuis deux siècles. Lisez le livre, son auteur l’écrit…

      Vous avez terminé sur l’évocation des extraterrestres. Certes, vous savez ce que valent les sondages. Je ne prends pas cela en considération supposant que vous offriez là une boutade hors propos, histoire de détendre l’atmosphère sur ce blog.

      Bien à vous.

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      • Je n’ai pas lu ce livre non plus. Je vous accorde que certains propos ici sont défendables. Mais je ne vois pas l’intérêt d’un débat. Il y aura toujours des conflits et des divergences d’opinion. Juste au-dessus, Monsieur Alleau dit : "les attaques de loups sont peu nombreuses. Elles sont néanmoins suffisantes pour avoir influencé la culture populaire, avoir créé ce que vous appelez « la peur du loup », etc" Première erreur, ce ne sont pas les attaques de loups qui ont influencé la culture populaire mais l’homme comme il a déjà été dit. L’église étant la première responsable il y a de ça quelques siècles. Les loups n’attaquent jamai

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      • Je n’ai pas lu ce livre non plus. Je vous accorde que certains propos ici sont défendables. Mais je ne vois pas l’intérêt d’un débat. Il y aura toujours des conflits et des divergences d’opinion. Juste au-dessus, Monsieur Alleau dit : "les attaques de loups sont peu nombreuses. Elles sont néanmoins suffisantes pour avoir influencé la culture populaire, avoir créé ce que vous appelez « la peur du loup », etc" Première erreur, ce ne sont pas les attaques de loups qui ont influencé la culture populaire mais l’homme comme il a déjà été dit. L’église étant la première responsable il y a de ça quelques siècles. Les loups n’attaquent jamais l’homme. Cet ouvrage est peut être effectivement riche en informations. Mais si l’auteur a réellement fait un travail sérieux, sans doute est-il allé sur le terrain au contact de loups vivants plutôt que de citer les écrits ? Je connais très bien le milieu. J’étudie le loup depuis bientôt 25 ans et je suis allé à leur rencontre dans différents pays. C’est pourquoi je me permets d’en parler. Tueur d’hommes ? Voilà une bonne blague pour Noel, ça fera rire tout le monde.

        Bonnes fetes.

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        • Bonjour,

          Je suis d’accord, il est inutile de s’énerver pour partager des critiques, positives ou négatives. Nulle part je n’ai prononcé une insulte à votre égard. J’espère sincèrement que vous ne vous adressiez pas à moi pour ça.

          Je n’ai pas fait de levée de bouclier ou de violence dans l’échange. J’ai juste dit ce que j’en pensais. Les gens sont libres d’écrire ce qu’ils veulent, ou de croire ce qu’ils veulent.

          Merci Michel D., ça reflète mot pour mot ma pensée.

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          • Bonjour à tous,

            Michel D, je ne vois l’intérêt d’un débat que s’il est constructif. Contrairement à vous, je n’ai pas envie que des idées reçues ou des opinions circulent en toute désinvolture. C’est sans doute ma trop haute opinion de la fonction de chercheur qui me fait dire cela. Je pense que le chercheur a un rôle social et qu’il doit lutter pour faire partager ses avancées dans tel ou tel domaine, les soumettre à une critique constructive et argumentée (et j’insiste sur ces mots. Les notices de ce blog confondent trop souvent l’argument et l’exemple). Chaque progrès dans la recherche de la connaissance est une bonne chose parce qu’il empêche implicitement le repli derrière des idées reçues. Sur ce sujet, j’insiste, il faut absolument lire le dictionnaire des idées reçues de Flaubert.

            Vous me faites remarquer une erreur dans mon propos : selon vous, les attaques n’ont pas influencé la culture populaire, les mentalités, la croyance. Je suis confus. Mes recherches, retournées dans tous les sens, m’ont montré le contraire. [Pour la culture des lecteurs de ce blog, et avant d’aller un peu plus loin, je recommande la lecture des œuvres de : François Lebrun, Philippe Ariès, etc.] Il existe une distorsion dans les sources qu’il convient de prendre en compte : les individus les plus modestes ne laissent pas de production écrite. Ce sont donc des « privilégiés » (guillemets car je galvaude quelque peu ce terme) qui tiennent la plume. Leurs textes nous montrent dans une très grande (et j’insiste, très grande) majorité que les hommes exerçant un pouvoir sur la société, la communauté, tentent de réfréner les superstitions et les croyances du peuple. On a même des curés, rédacteurs des registres paroissiaux, qui sont accusés de collusion avec le loup garou (Buffon : Loup dont on doit se garer). C’est dire ! Alors oui, effectivement, le développement de cette culture populaire, la pérennité de ces mentalités montrent que l’homme avait suffisamment de raisons – car même pour des éléments déraisonnables, il en a toujours ; encore faut-il les chercher – pour qu’elles se perpétuent. Indéniablement, leur accentuation n’est pas indifférente de l’histoire humaine. Mais je n’ai jamais dit le contraire. Pour remarque, mon utilisation du mot « influence » (commentaire du 6 décembre) prouve que je n’ai pas fait de restriction sur un objet unique qui expliquerait tout. Ce mot montre qu’un lien, une interrelation (une alchimie ?) complexe s’est mise en place progressivement, a changé dans certaines de ses formes, mais était suffisamment profonde pour que nous en soyons des héritiers, etc.

            Cela fait déjà plusieurs années que je travaille sur le loup moi aussi ; mais moins longtemps que vous tout de même… et je ne pense pas y passer ma vie. Je vois que vous aussi, vous travaillez sur le canidé. Je profite ainsi de cette note pour vous demander votre aide. Comme vous vous en doutez, j’ai référencé des centaines de références biblio, mais vous n’indiquez pas votre nom sur ce blog. Votre prénom et l’initiale de votre nom ne me disent rien. Pourriez-vous me donner quelques références de vos productions pour qu’elles enrichissent mon propre travail s’il vous plaît ? Vous seriez d’une aide précieuse. Merci par avance.

            « Un loup » (c’est handicapant de ne pas avoir les noms de ceux qui s’expriment ; pour le lecteur, un loup ne correspond pas à « l’éventail type » des noms utilisés par la gent humaine), sur le volet des insultes, elles n’étaient pas votre. Je faisais simplement part de mon constat à la lecture de certaines notices ici présentées. Je dois dire que certaines sont effrayantes et je suis effaré de voir à quel point on peut être désagréable pour un animal.

            Sur votre remarque : « chacun est libre de croire ce qu’il veut ». Reconnaissez-vous donc être dans la croyance ? Je blague.

            Sur la libre expression, oui, je ne puis qu’abonder dans votre sens. Je citais un blog, dans ma première notice écrite sur ce blog, où l’ouvrage de Jean-Marc Moriceau était comparé à un « torche-cul ». Quel manque de tenu ! Affligeant. Un commentaire de R. Mathieu, médecin de surcroît, avance un jugement acerbe en utilisant – comme des points de comparaison – des exemples ou des images de l’histoire fasciste, nazie, d’extrême droite. Je ne sais que penser de son propos ; cela me met extrêmement mal à l’aise. Sur cette question, je renvoi au commentaire d’Edgar Leblanc, un peu plus haut, qui reflète ma position. Quand je parlais de levée de bouclier, je faisais référence à ces attitudes maladroites de certains auteurs de ce blog, dont Mr Mathieu. Certaines critiques de l’ouvrage sont indignes. En tant que tel, elles n’ont aucun intérêt si ce n’est celui d’interroger les lecteurs de ma sorte.

            Bien à vous

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            • Vous vous renseignez sur l’identité de toutes les personnes qui postent ici ? lol

              Si le fait qu’un loup n’est pas dangereux est pour vous une idée reçue, qu’est-ce que la croyance du contraire ?

              Si pour un vous dire qu’un loup pas dangereux est une idée reçue, que signifie le fait de croire le contraire ? ça part un peu dans tous les sens là.

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              • Bonjour,

                rassurez-vous, je ne me renseigne pas sur l’identité des personnes. il est plus simple de répondre par des noms que par un pseudonyme, c’est tout. C’est une question de confort de lecture. Cette question est purement subjective.

                "Un loup n’est pas dangereux", dit comme cela, cette phrase est une idée reçue, non argumentée. Dire que le loup n’est pas dangereux dans un contexte précis, voilà une phrase qui me contente. On sort de l’idée reçue : dans un contexte précis et étudié, les populations lupines étudiées ne causent aucun risque aux populations humaines. Dans cette phrase, on est dans le domaine de la connaissance. D’ailleurs, je vous fais remarquer que la majeure partie de ceux qui ont vu des loups attaquer des enfants sous l’Ancien Régime était surprise ; pour les témoins d’alors, les loups n’attaquaient pas l’homme... habituellement.

                Pour résumer et développer quelque peu, je pense modestement que le loup n’attaque jamais l’homme, sauf dans certains contexte extrêmement particuliers (vous mesurez toute la précaution…) ; et le contexte étudié dans Histoire du méchant loup est celui de la France d’Ancien Régime (les attaques anthropophagiques disparaissent fin XVIIIe début XIXe siècle). Le contexte est tout à fait particulier et il n’a jamais cessé de varier d’une époque à l’autre (fluctuations démographiques, modification des pratiques agraires, nouvelles perspectives économiques, contextes politiques et militaires variables… je vous laisse terminer la liste…). D’un point de vue global, les forêts étaient alors moitié moins importantes qu’aujourd’hui (en France, je précise), certaines proies, dans certaines régions, avaient disparues (voir les pop d’ongulés par exemple, étudiées dans l’écologie historique du loup de De Beaufort si ma mémoire est bonne). Le contexte social de certaines régions – le contexte communautaire plus vraisemblablement – variait : ainsi existait-il une variabilité du risque de confrontation du loup à l’homme (homme au sens de gent), et en particulier des enfants de 5 à 15 ans qui étaient alors une main d’œuvre utilisée très fréquemment, familialement ou « domestiquement », dans le gardiennage des troupeaux (dans certaines régions, en fonction d’une histoire particulière etc.). Je ne développe pas plus, c’est assez bien connu. Il suffit qu’un élément du contexte soit suffisamment décisif pour que, effectivement, le risque puisse naître.

                J’ajoute, puisque apparemment ça ne passe pas, que 3000 attaques, c’est beaucoup dans un corpus statistique, mais assez peu, au final, comparé aux décès cumulés sur le territoire français des 4 ou 5 siècles étudiés. Il y a eu plus de 3000 attaques, c’est une certitude. Mais quand bien même leur nombre serait de 15000, ce n’est rien du tout rapporté au pas de temps et à la massivité des décès… rien du tout mais suffisamment pour faire naître une image négative du loup – image qui semble-t-il n’existait que peu au Moyen-Âge. A ce sujet et pour revenir sur le propos de Michel D., voir la conférence internationale de Reims et en particulier l’intervention de Monsieur Guizard-Duchamp. Les actes seront, je l’espère, bientôt publiés.

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                • Bonjour à tous,

                  Ce petit commentaire pour vous informer de la mise sur internet du compte-rendu de la table ronde organisée autour de l’ouvrage de Jean-Marc Moriceau Histoire du méchant loup. Comme tous les compte-rendus du pôle rural de Caen, il est en téléchargement libre sur le site suivant :

                  http://www.unicaen.fr/mrsh/socrural...

                  Bonne lecture

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                  • Y’a une prime de 10 000 dollars depuis des années pour ceux qui ont la preuve d’une attaque de loup, pourquoi attendre :

                    http://blog.france2.fr/culte-de-la-...

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                    • Bonjour. Je vois que les débats ont continué.. (je n’avais pas surveillé le sujet pendant plusieurs semaines).

                      Bien d’accord avec Julien Alleau quand il dit qu’on peut échanger ou s’opposer sans s’insulter pour autant..

                      J’ai lu le livre de JM Moriceau ainsi que le compte-rendu du débat de Caen. Ci dessous une petite contribution perso sur le sujet envoyé au courrier des lecteurs de la revue de l’association Ferus qui va consacrer plusieurs pages à ce livre dans son prochain numéro.


                      Le titre annonce : 3000 attaques (de loups) sur l’homme en France, mais l’auteur admet lui-même que la moitié des données recueillies concernent des animaux n’ayant qu’un rapport incertain avec le loup : "bête inconnue", "bête sauvage", "bête cruelle", bête " façon de loup", bête "étrangère au pays" etc.. On pourrait aussi s’interroger sur la présence au banc des accusés de la "bête du Gévaudan", dont le mystère n’a jamais été élucidé, des "loups-lévriers » ou des loups-garous !

                      Comme il fallait s’en douter la presse a fait ses choux gras de ce titre peu nuancé et de nombreux articles ou interviews de l’auteur ont déjà eu lieu avec bien sûr des titres choc mettant en évidence la dangerosité du loup. S’il n’est pas question de nier le risque que pouvaient représenter les loups (ou les chiens) enragés, ou l’intérêt (déjà connu) porté par ces animaux aux cadavres d’humains, on peut quand même se demander s’il n’aurait pas fallu s’interroger davantage sur la crédibilité des notes des curés. Bref, douter davantage.. La question religieuse ne peut être évacuée d’un trait de plume : les curés avaient un rôle, ils n’étaient pas seulement de fins observateurs de la vie à la campagne ! La punition "par le loup" c’était la punition de Dieu contre les pêchés des hommes et certains curés ne manquaient pas de le rappeler lorsqu’ils évoquaient les morts tragiques de leurs paroissiens.

                      Il est également frappant de voir dans les registres paroissiaux l’incroyable mortalité infantile qu’il y avait à certaines époques. Parfois les curés ne donnent même pas les noms des jeunes morts et n’en signalent que le nombre. Que des carnivores sauvages aient trouvé là l’occasion de se nourrir sans effort n’est pas surprenant. De là à penser que par une sorte d’habitude certains curés aient cru bon de désigner le coupable tout trouvé - le loup- par une sorte de réflexe quand ils ne connaissaient pas la cause du décès (ce qui devait arriver souvent), afin de pouvoir donner l’extrême onction, il y a un pas que je serais personnellement bien volontiers tenté de franchir.

                      J’aurais bien aimé voir M.Moriceau s’interroger juste un peu là-dessus, même en émettant quelques réserves, avant de parler de loups « anthropophages ». Idem pour le problème des chiens dont on ne parle jamais et qui devaient probablement courir la campagne en grand nombre s’attaquant eux aussi aux petits d’humains à l’occasion.

                      Enfin, à part une ou deux citations, ce livre ignore volontiers les écrits des naturalistes contemporains des loups qui disent pour la plupart que le loup " n’attaque pas l’homme" ou qu’il attaque " rarement " l’homme ou qu’il n’attaque l’homme que "lorsqu’il est enragé". Pourtant leur avis aurait pu être pris en compte, non ? . Même si la plupart d’entre eux sont postérieurs à la révolution, période à partir de laquelle les loups « anthropophages" semblent devenir … des animaux en voie de disparition .. A partir de l’impressionnante documentation réunie par M. Moriceau, un vrai travail pluridisciplinaire incluant des biologistes reste donc à mener.

                      J. Baillon.

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                      • Voilà une bonne argumentation de J. Baillon, qui reflète totalement le sujet. Bravo.

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                        • Voir ci-dessous (avec son autorisation) l’avis de Jean-Pierre Raffin :

                          Quelques réflexions sur l’ouvrage de J-M. Moriceau : « Histoire du méchant loup »

                          par Jean-Pierre Raffin(1)

                          Le fil conducteur de l’ouvrage de M. Morriceau est de vouloir apporter des éléments permettant de réfuter un « discours idéologique » notamment sur l’innocence du loup dans le cadre d’un débat opposant lycophiles et lycophobes (cf. les pages 14, 15, 19, 84, 403, etc. ). Mais, jamais, tout au long des 510 pages du corps de son livre, Moriceau ne cite un seul auteur ayant dénié ou minoré les attaques de loups sur l’homme, ce qui laisse perplexe sur le sérieux d’une approche qui n’identifie pas la thèse qu’elle dit vouloir combattre.

                          L’essentiel des données recueillies provient de la compilation de registres paroissiaux et Moriceau avance, à juste titre (p.55) que la plupart des curés de campagne étaient des témoins fiables, « savaient beaucoup mieux distinguer un loup qu’un certain nombre de nos contemporains laïcs et citadins » et de ce fait sont des « informateurs hors pair » même s’il convient de faire preuve de vigilance par rapport aux témoignages anciens comme l’auteur le signale lui-même (p.19). Mais alors, pourquoi, ensuite, ne respecte-il plus ces informateurs ? En effet, on constate que Moriceau attribue, de son propre chef, sous la rubrique « attaques de loups anthropophages » des attaques imputées par ces informateurs « hors pair » non pas à des loups mais à des « bête inconnue », « bêtes féroces », « bêtes sauvages », « loups et autres bêtes sauvages », « loups et chiens » voire « ours » ? Si l’on comprend que cette rubrique rapporte les attaques identifiées par ces info