Isoler le seul loup pour le retirer de la liste est évidemment un geste plus politique que juridique : s’il s’était agi de remettre de l’ordre dans le droit, comme le prétend le ministère de l’Ecologie, ce n’est pas cette unique espèce qui aurait été hâtivement déclassée mais bien d’autres.
La portée de ce déclassement semble anodine : hier, les préfets recevaient chaque année une délégation des ministres pour éventuellement faire tirer des loups, dans le cadre d’un quota national et dans des conditions assez précises (effarouchement préalable, nombre d’attaques, protection des troupeaux). Désormais ce sont les préfets qui ont le pouvoir de décider de faire tirer sur les loups (ce pouvoir est déconcentré, donc les ministres ne l’ont plus) , mais demeure un arrêté interministériel encadrant les conditions d’autorisation et fixant un quota national maximum.
Mais cette décision ouvre la voie à un assouplissement progressif des conditions "d’intervention" contre les loups car l’arrêté interministériel d’encadrement peut se réécrire à tout moment, et ensuite les préfets seuls décideront, sous la pression des lobbies anti-loup.
Ferus déplore que ce texte n’ait même pas été montré au groupe national loup. S’il est anodin, pourquoi l’avoir caché et s’il est fondamental, comment l’administration qui est définitivement nulle en communication espère-t-elle éviter des réactions négatives en retour ? Le conseil national de protection de la nature qui a été consulté aurait émis un avis négatif.
Ferus va consulter son conseil d’administration et les ONG amies et concernées pour examiner ce qu’il convient de faire dans cette circonstance. La complexité du dossier juridique ne favorise pas une riposte sans travail de fond.


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