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Empoisonnement de loups :

prison avec sursis pour un berger

mardi 25 novembre 2003, par l’Agence France Presse

Un berger du parc national du Mercantour a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de Nice à un mois de prison avec sursis pour "destruction d’espèce protégée", en l’occurrence pour avoir empoisonné des loups en 1997.

Le procureur avait requis le 20 octobre 7.500 euros d’amendes avec sursis.

Christian Poguntke, 48 ans, berger à La Brigue depuis 1980, à la tête d’un troupeau de 160 moutons, avait reconnu avoir exhibé en 1997 une tête de jeune loup empoisonné à l’entrée de sa propriété.

Un deuxième berger, Joël Sic, 42 ans, qui avait comparu en même temps que lui mais avait nié avoir utilisé du poison contre les loups en 1998, a été relaxé. En mars 1998, un cadavre de mouton badigeonné de strychnine avait été découvert sur son alpage par un garde du parc du Mercantour.

Le substitut du procureur qui avait également requis contre lui une amende pénale de 7.500 euros avec sursis, avait affirmé qu’il sollicitait "une amende pour rappeler que le loup est une espèce protégée, le sursis pour tenir compte du désarroi réel des bergers".

A la barre, Christian Poguntke, vêtu d’un gilet en laine de moutons sur une chemise grise en gros coton et un pantalon noir, avait déclaré : "Le loup est nuisible. Je n’ai pas de regrets. En 1997, soixante de mes brebis ont été tuées par des loups".

"Avant que les loups ne soient introduits volontairement dans le parc, on ne parlait pas d’empoisonneurs. Il n’y avait que des bergers et des moutons. Le loup, c’est une façon de faire disparaître les bergers", avait-t-il ajouté.

Un berger du Parc du Mercantour saigne un agneau égorgé par un loup pour mettre fin à ses souffrances (octobre 1997)

Depuis 1992, partisans et opposants s’affrontent sur les circonstance de la présence des loups dans les Alpes-Maritimes. Pour les premiers, ils sont venus "naturellement en provenance d’Italie". Pour les bergers qui lui attribuent les attaques contre leurs troupeaux, ils ont été introduits "de façon intentionnelle".

Dans son délibéré, le tribunal correctionnel a jugé "irrecevable" la partie civile du parc national du Mercantour. Il a, en revanche, accordé un "euro symbolique" à France Nature Environnement (FNE) et à l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS).

A l’audience, l’avocat du parc du Mercantour, Me Gilles Martin, avait souligné qu’il était "extrêmement grave que des gens se permettent de violer la loi même si leurs conditions de vie sont pénibles".

"Il ne faut pas oublier que dans de nombreux pays européens, il y a beaucoup plus de loups qu’en France et que ça se passe très bien", avait-il plaidé.

Selon des associations écologistes qui s’élèvent contre l’idée que "le nombre d’attaques de loups augmente", une trentaine vivrait actuellement dans les Alpes françaises et on noterait quelque 9.000 brebis victimes supposées du loup en dix ans pour un cheptel estimé à plus de 90.000 moutons.


Le 21 mars 2005, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a aggravé la peine prononcée à l’encontre du berger (lire l’article).

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