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Eco-tourisme

Le loup peut-il favoriser le tourisme ?

mercredi 5 juillet 2000, par Jean-Marc Landry

La présence du loup peut favoriser le tourisme, comme c’est le cas dans certains parcs nationaux canadiens et en Suède, dans le parc National du Mercantour, dans le parc National des Abruzzes ou dans les Bieszczdady (Pologne). Le parc National des Abruzzes accueille annuellement jusqu’à deux millions de visiteurs par année (Parco Nationale d’Abruzzo). C’est la région d’Italie qui abrite le plus de loups et d’ours. De manière générale, la présence du canidé attire plutôt les touristes. La région des Biezsczady (Pologne) est envahie par les touristes (en majorité polonais) pendant la saison estivale. C’est l’endroit de Pologne le plus sauvage et qui comprend la plus haute densité de loups et d’ours du pays. Les Tatras polonaises et slovaques sont aussi des régions très touristiques. Malgré tout, le loup et l’ours y sont présents. Cependant, la principale différence entre ces régions et les Alpes est le tourisme d’hiver plus développé dans l’arc alpin.

A ma connaissance, il n’existe pas d’étude en Europe traitant de l’impact du tourisme sur les loups. Selon P. Paquet, on observe actuellement un changement de comportement des loups dans certaines régions touristiques des Montagnes Rocheuses. C. Promberger souligne que le loup en Roumanie s’habitue bien à la présence de l’homme. Par exemple, une femelle et ses jeunes ont choisi un site de rendez-vous à 50 mètres d’un sentier touristique.

Certains prétendent que la présence du loup peut faire fuir les touristes. Il est vrai que quand on a parlé de la bête du Val Ferret (Suisse) en 1995, certains campeurs ont quitté les lieux. La campagne menée dans la parc National du Mercantour par les chasseurs locaux « loups - promenade déconseillée » a eu un impact assez restreint sur le tourisme. D’une manière générale, c’est plutôt le contraire qui se passe. La présence du loup attire souvent du monde qui aimerait le voir. Parfois, ces gens posent des problèmes, car ils se baladent dans des endroits peu touristiques, et souvent à n’importe quel moment de l’année, dérangeant ainsi la faune. Dans le parc national du Mercantour, le tourisme lié au loup est devenu un vrai problème. Des mesures devraient être prises pour limiter l’accès à certaines zones du parc. Dans le Val Ferret, une commune a créé en 1997 un sentier du loup. Devant le succès de cette initiative, elle a été réitérée en 1998.

Les grands carnivores peuvent aussi être au centre de projets de développement touristiques dans des régions où l’économie locale est en crise. Le but est d’emmener des touristes dans ces régions pour essayer de développer l’économie locale. La nature devient alors un atout économique qu’il faudra préserver. Ainsi, grâce l’écotourisme, on espère pouvoir préserver la nature d’une région, tout en y développant l’économie locale. Il existe déjà plusieurs projets en cours comme en Roumanie ou en Pologne.

P.-S.

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