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Des loups suivis par GPS

vendredi 2 décembre 2011

Le suivi par satellite de six jeunes loups allemands a mis en évidence la capacité d’adaptation de Canis lupus aux habitats les plus divers.

En France, les loups sont revenus d’Italie dans les années 1990, et ont fondé depuis 19 meutes ; on attend ceux d’Espagne. En Allemagne, ils sont arrivés il y a 11 ans de Pologne et ont déjà fondé 12 meutes. Pour le moment, la plupart d’entre elles sont installées dans la Lausitz, une région forestière située dans l’Est des länder de Saxe et du Brandenbourg. Afin d’apprécier la capacité de colonisation de Canis lupus, des chercheurs de l’Agence fédérale allemande pour la conservation de la nature a suivi entre 2009 et 2011 six jeunes loups susceptibles de partir à la recherche d’un territoire et d’un partenaire (ils « divaguent  »). Les résultats de cette campagne d’observation ont beaucoup étonné les chercheurs…

Loup Italien

Ainsi, le comportement des loups divagants varie beaucoup d’un individu à l’autre. Tandis qu’une jeune femelle devenue mature n’a quitté sa famille qu’au bout de deux ans, un mâle de seulement 12 mois a parcouru plus de 1500 kilomètres avant de rencontrer une jeune louve biélorusse… De fait, les chercheurs ont constaté qu’un loup divaguant parcourt souvent plus de 70 kilomètres par jour, et exploite un territoire variant entre 50 et 375 kilomètres carrés.

Toutefois, c’est la capacité de Canis lupus à s’adapter aux environnements les plus divers qui a surpris les chercheurs. Loin de séjourner seulement dans les forêts, les jeunes loups se risquent aussi dans les espaces découverts, tels les landes. De fait, si l’homme les laisse tranquilles, les loups se sentent à l’aise dans un grand nombre d’endroits. Malgré la très grande discrétion du loup, les chercheurs ont ainsi pu prouver que certains individus avaient séjourné longtemps à côté d’une route bruyante ; une jeune louve a pour sa part creusé des tanières pour y élever ses petits à moins de 500 mètres d’une grande artère.

« Il est clair que les loups peuvent se passer de la nature sauvage », souligne Beate Jessel, directrice de l’Agence fédérale pour la conservation de la Nature. « Ils sont aussi capables de se multiplier très vite dans les milieux structurés par l’homme et s’adaptent aux habitats les plus divers. » Partout en Allemagne, il faut se préparer à gérer avec le moins de conflits possibles la cohabitation entre le loup et l’homme.

Voir en ligne : Article de François Savatier

P.-S.

Les loups allemands sont des loups gris communs (Canis lupus lupus), une sous-espèce nordique de loups à laquelle appartenaient les loups français éradiqués entre le XIXe et le XXe siècles. Un loup gris commun peut atteindre une taille impressionnante, mais s’attaque rarement à l’homme.

Les loups qui recolonisent la France depuis la fin du XXe siècle proviennent des Appenins en Italie. Ils font partie de la sous-espèce des loups méditerranéens (Canis lupus italicus), réputée plus peureuse et plus furtive que le loup gris.

Faut-il craindre le retour du loup ? Pour une population estimée entre 10 000 à 20000 loups en Europe, seules 47 accrochages entre le loup et l’homme sont avérés en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. 25 attaques furent le fait de loup enragés et 10 une réaction à une agression par l’homme. Il ne reste donc que 12 réelles attaques en presque 70 ans ! D’un point de vue statistique, le loup est donc une espèce peu dangereuse…

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