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Des loups pourront être abattus chaque année d’ici 2008

lundi 8 novembre 2004, par l’Agence France Presse

Des loups pourront être abattus chaque année d’ici 2008, indique le Plan d’action sur le loup transmis lundi par les ministères de l’écologie et de l’agriculture au groupe de travail sur le loup, qui rassemble des représentants des éleveurs et des écologistes.

"L’objectif du gouvernement pour la période considérée (2004-2008) est de gérer l’expansion démographique de la population (de loups) et la colonisation de nouveaux secteurs, en particulier sur les zones d’élevage ovin en limitant localement la pression du loup", indique le document.

"Ainsi des individus pourront être prélevés chaque année, tout en respectant l’objectif du maintien de la population dans un état de conservation favorable", poursuit le Plan.

Un promeneur mesure le loup qui a été abattu le 27 octobre 2004 dans les Alpes

Le loup est protégé par la Convention de Berne de 1979 et par la directive européenne "Habitats" de 1992.

Le plan d’action du gouvernement n’avance aucun chiffre pour les "prélèvements" des années 2005 à 2008. Il mentionne que pour 2004, le gouvernement a autorisé le tir de 4 loups. Un mâle et une femelle ont déjà été abattus dans les Alpes en octobre.

"Le tir de ces deux loups doit amener chacun à prendre ses responsabilités et à construire ensemble des solutions pérennes pour 2005", a indiqué à l’AFP Christophe Aubel, qui participe au groupe de travail pour France Nature Environnement.

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi pour défendre les prédateurs devant le Panthéon à Paris, et plusieurs centaines à Nice et dans la Drôme, après le tir des deux loups en octobre et la mort de l’ourse Cannelle lundi dernier sous les balles d’un chasseur dans les Pyrénées.

Les écologistes contestent que l’état de conservation du loup soit suffisant pour autoriser des tirs. Selon le gouvernement, 55 loups colonisent 13 zones de présence permanente en France.

Dans un communiqué publié lundi, les associations (Ferus, WWF, SPA) ont réclamé "l’arrêt immédiat des tirs de loups" et "la mise en oeuvre d’une politique en faveur du pastoralisme destinée à le sortir d’une crise économique dont l’ours et le loup ne sont pas responsables".

Les écologistes et la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) participaient lundi aux discussions du groupe de travail, mais la Fédération ovine du sud-est a boycotté la réunion.

Selon un bilan provisoire présenté lundi, 2.253 brebis victimes du loup ont fait l’objet d’indemnisations à fin octobre 2004, contre 2.177 pour toute l’année 2003. La majeure partie des dégâts est commise dans les troupeaux qui ne bénéficient d’aucun moyen de protection (72% des victimes).

298 éleveurs ont déposé en 2004 un dossier pour bénéficier d’aides à la mise en oeuvre de mesures de protection (chiens, clôtures etc.), soit un cinquième des éleveurs concernés dans les zones à loup, selon le document.

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