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Des « loups » à l’école

lundi 27 juin 2005, par Netsuke

Les enfants de l’école privée « Joie de vivre », à Strasbourg, ont connu, lundi matin, une expérience hors du commun. Grâce à leur maîtresse, Danièle Grunhertz, passionnée de chiens-loups, qui n’attend qu’un déménagement dans une maison pour en acquérir un, ils ont été initiés à la majestueuse beauté du loup.

Charon, Whitson et Véda

L’aventure a commencé quelques jours plus tôt, lorsque Danièle Grunhertz a gratifié ses loupiots de CE2 d’un cours sur ce grand prédateur dont le retour en France suscite tant de tensions. Elle leur a parlé du loup, a décoré avec eux la porte de la classe, et les a aidés à coucher par écrit des questions, toutes les questions qu’ils se posaient, en vue d’une rencontre avec Thierry, le webmaster de loup.org.

En classe avec Thierry

Familier de ce type d’intervention en milieu scolaire, Thierry s’est prêté à l’exercice lundi matin. Durant près d’une heure et demi, il fait profiter les enfants de son grand savoir en matière de loup, leur parlant de la tanière, de la meute, du couple alpha ou des différentes sous-espèces de canis lupus qui peuplent la planète. « Pourquoi avons-nous peur du loup ? », « Peut-on apprivoiser un loup ? » ou « Dans quels pays est-il protégé » : les écoliers, bien informés par leur maîtresse et par le topo introductif de Thierry, n’ont pas laissé leur concentration se dissiper. Le moment était important, et leur implication personnelle et collective à la hauteur de l’événement.

Contact avec les enfants

Puis est venu le moment tant attendu. Les enfants se sont rendus dans la cour, où avaient été disposés des bancs, en demi-cercle. Là, dans le silence, entre crainte et fascination, ils ont rencontré des « loups », pas des vrais bien sûrs, mais des chiens-loups de Saarloos, les deux mâles de Christopher Mad’dene, Whitson et Charon, et une jeune femelle de huit mois, Véda, parfaite illustration de la crainte qu’éprouve, de manière puissamment atavique, le loup face à l’être humain.

Whitson

Toutes les classes se sont ensuite succédé pour voir et toucher les « loups » de Christopher, et notamment les quelques enfants handicapés de l’école, tellement impressionnés par l’expérience que leur institutrice a accepté qu’ils reviennent dans la cour en toute fin de séance, juste avant la cloche de midi. La petite Véda, bave à la babine et queue entre les pattes, ne devait d’ailleurs accepter de contacts qu’avec ces quelques enfants, doux à souhait dans leur approche et leurs caresses.

Christopher avec Etoile

Christopher avait également apporté un autre animal, lui aussi honni par les humains qui, comme ils le font pour le loup, lui prêtent tous les vices : un rat, ou plutôt une petite rate bleue baptisée Etoile. Les premières réactions des enfants, de peur et de dégoût, typiques d’une imprégnation irrationnelle et trans-générationnelle, cédaient la place, sitôt Etoile dans les mains de Christopher, à l’envie de toucher et de cajoler ce pelage si soyeux.

C’est par conséquent une matinée riche en émotions et en contre-vérités culturelles que les enfants de cette école strasbourgeoise ont vécue, à quelques jours des vacances. Nul doute que la plupart d’entre eux ne porteront plus le même regard sur le loup, partant de l’adage qu’on ne craint que ce qu’on ne connaît pas.

Portfolio

Christopher et Whitson Véda
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