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Croyances populaires

jeudi 30 mai 2002, par Jean-Marc Landry

La majorité des histoires relatées ci-après remontent au moyen-âge. Cependant, encore de nos jours, le loup peut faire fabuler, comme l’a vécu personnellement Rober Hainard. « Un professeur au collège de Genève a raconté à ses élèves que j’étais resté trois semaines dans une isba, assiégé par les loups. La seule chose qui ressemble à cela, c’est que je suis resté six semaines en Yougoslavie à chercher et guetter des loups sans les voir ».

Dans les Abruzzes, en Italie, on raconte encore de nos jours que les loups descendent dans les villages la nuit pour aller pisser sur les perrons des maisons où habitent des personnes âgées. Au petit matin, elles glissent sur l’urine gelée en sortant de leur maison et les loups à l’affût peuvent aisément les attaquer.

Le petit peuple racontait que le loup se nourrissait de terre ou de vent, qu’il hurlait la patte devant la bouche pour faire croire à la présence d’une meute et qu’il aiguisait ses dents avec l’origan.

Etre vu par un loup avant de l’apercevoir peut nous faire perdre la voix. Un garde-chasse espagnol m’a raconté qu’une nuit d’hiver pendant la saison des amours du loup, il s’était retrouvé au milieu de 3 loups mâles se disputant. L’un d’eux l’ayant aperçu l’a grogné. Il a eu si peur qu’il était resté aphone pendant 3 jours.

« Il n’est pas vrai, comme le disent plusieurs chasseurs, que le loup, pressé de la faim, mange de la terre : cette idée ne provient que de ce qu’on voit quelque fois cet animal déterrer la proie qu’il avait enfouie et mise en réserve après s’être rassasié » (Traité de chasse du gibier à poil, Audot 1818).

Lorsqu’ils sont réunis en troupe, et qu’une rivière se présente à eux, ils la passent en se tenant tous par la queue avec les dents, pour ne pas se séparer ni se perdre de vue (Traité de chasse du gibier à poil, Audot 1818).

Le loup est un animal terrible. Sa morsure est venimeuse parce qu’il se nourrit volontiers de crapauds. L’herbe ne repousse plus là où il est passé. (description du 12e siècle, tiré de La peur du loup de G. Carbone ).

L’antipathie du loup et de la brebis est si forte que si l’on joint des morceaux de la peau de ces deux animaux, celle de la brebis perd toute sa laine ( La peur du loup de G. Carbone ).

Si sur un instrument à cordes, on attache une corde faite de boyau de loup, lorsqu’on vient à la toucher, toutes les cordes faites de boyaux de brebis cassent sans rendre aucun son ( La peur du loup de G. Carbone ).

Un Indien rentrant de la chasse remarqua que des loups le suivaient. Il se délesta de son gibier et le lança aux loups. Ceux-ci se ruèrent dessus et n’en firent qu’une bouchée, sans pour autant abandonner leur poursuite. L’Indien leur donna alors sa gibecière faite de cuir, mais cela ne contenta pas les loups et il n’eut plus rien à leur offrir excepté sa vie. Il tomba à genoux et se mit à prier Dieu. Les loups disparurent (résumé d’un texte d’Emile Petitot, Le Journal des Voyages, 1887, La peur du loup de G. Carbone ).

Un beau matin même, ses parents constatèrent que deux loups étaient montés sur le toit pendant la nuit (car il avait beaucoup de neige), et que l’un d’eux s’était dressé contre la cheminée pour regarder à l’intérieur (texte rapporté par David des Orons).

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