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Christopher Mad’dene : passion chien-loup

jeudi 24 février 2005, par Netsuke

C’est dans la proche banlieue de Strasbourg que Christopher Mad’dene a posé ses valises, il y a quelques années. Entouré de sa femme, Diane, et de ses deux enfants, Gwylan, quatre ans, et Quentin, seize ans, il vit pleinement sa passion lupoïde grâce à ses quatre chiens-loups, trois Saarloos et un tchèque, Charon, Whitson, Nike et Paxoue. Portrait.

Né en 1971 à Lons-le-Saunier, Christopher Mad’dene a rencontré son premier loup à l’âge de quatre ans. Il se souvient même qu’on l’avait installé entre les pattes de l’animal et que ce jour-là, « le virus l’a chopé et ne l’a plus quitté ». Il grandit entouré de chiens, des huskies et des malamutes que son père, militaire de carrière, entraîne à l’attelage.

Les années passent. Christopher impose peu à peu son incroyable tempérament. Il quitte rapidement l’école, s’entraîne à l’épée et aux arts martiaux, se lance dans la protection rapprochée, fait des affaires en Afrique et tombe malade. Une hépatite B doublée de paludisme, qui le laissent sur le carreau, exsangue.

Très affaibli, forcé de rester chez lui, Christopher utilise ce qui lui reste d’énergie pour créer Ame-Our, une association destinée à aider les enfants malades et leur famille. A Ame-Our, il fait la connaissance de Diane, une jeune femme passionnée de chiens, diplômée de l’Ecole centrale canine. Tandis qu’il apprend à la connaître, Christopher décide d’utiliser son temps libre pour aider la jeune femme à réaliser son rêve : adopter un chien-loup de Saarloos.

Un nom s’impose aussitôt à eux : celui de Cornelia Keizer, propriétaire de l’élevage de Louba-Tar, figure incontournable de la race en Europe. Whitson entre dans la vie de Christopher, et avec lui Diane, qui ne le quittera plus. Aujourd’hui, trois autres chiens-loups sont venus agrandir la meute : Charon et Nike, deux Saarloos, et Paxoue, une petite tchèque que Christopher a gardée en dépit de l’aversion que lui inspire la race.

Whitson et caron

Car si Christopher voue un véritable culte au Saarloos, ce chien né dans les années 30 des amours d’un berger allemand et de Fleur, une louve de Russie, il n’a pas de mots assez fort pour parler du chien-loup tchèque, une hybridation créée dans les pays de l’Est, en pleine période de guerre froide, une « aberration dangereuse », un tueur d’hommes dont il déconseille formellement l’acquisition.

D’ailleurs, de l’avis de Christopher, le Saarloos devrait lui aussi rester un chien confidentiel, un animal réservé à des personnes connaissant parfaitement les comportements canin et lupin. Le Saarloos et le tchèque sont d’ailleurs interdits en Grande-Bretagne, où leur possession est strictement encadrée par la loi - il faut avoir toutes les autorisations requises et posséder des équipements spécifiques.

Aujourd’hui, les Saarloos de Christopher sont des stars - « Le Pacte des loups », « Les visiteurs 2 » « Le Petit Poucet », le spot de la Fondation Nicolas Hulot, notamment. Et pourtant, faire travailler des Saarloos est une gageure de taille ! Méfiants, têtus, craintifs, les Saarloos ont hérité du loup une peur atavique de l’homme. Ce que leur demande Christopher relève quasiment de l’impossible ! Mais des années d’un travail patient et aimant ont fait des miracles. « Ce n’est pas pour eux qu’ils bossent, c’est pour moi, pour le plaisir qu’ils me donnent », explique Christopher, qui, tous les jours que Dieu fait, s’émerveille de la beauté farouche de ses quatre chiens-loups.

Tournage

A la tête du Clan Mad’dene, sa société de production, Christopher poursuit son bonhomme de chemin. Un peu chaman, un peu musicien, un peu philosophe, il vit toutes ses passions mais, malheureusement, n’arrive pas à vivre d’elles. Son travail d’expert en Intelligence et Haute Sécurité et celui de Diane, déléguée médicale, assurent le quotidien de la famille. Celle des chiens-loups bien sûr, mais aussi des rats, des furets et des rats géants de Gambie. Autant d’animaux que Christopher dresse pour le cinéma, les spectacles médiévaux, les happenings de rue.

Chez Christopher, la cohabitation humains-animaux obéit à une règle essentielle, dictée par le bon sens : les animaux doivent avoir un intérêt à vivre en compagnie de l’homme. Comme le loup qui, dans son environnement naturel, n’attaque jamais l’homme et n’hésite pas, lorsqu’il est mis en confiance, à tenter des approches. Avec cette ligne directrice comme credo, Christopher poursuit son bonhomme de chemin, poussé par l’envie, toujours, de faire ce qu’il aime de sa vie, passionnément.

Portfolio

calins Lors de l'interview avec ses chiens
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