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Chasse au loup : les repérages commencent mercredi dans Hautes-Alpes

mercredi 4 août 2004, par l’Agence France Presse

Les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) des Hautes-Alpes entameront mercredi à l’aube leur repérage en vue d’abattre le loup qui attaque depuis plus d’un an les moutons dans le massif du Dévoluy.

Les agents, aidés par les lieutenants de louveterie, commenceront par rendre visite aux 50 éleveurs du massif, pour recueillir des témoignages sur le loup qui a attaqué à cinq reprises les troupeaux et fait 50 victimes chez les moutons, a expliqué Jean-Pierre Serres, responsable local de l’ONCFS, lors d’un point presse.

"Nous allons nous positionner tôt pour observer le terrain. On se placera sur les crêtes, sur les cols ou les endroits où est censé passer l’animal", a déclaré pour sa part Raymond Farnaud, responsable des lieutenants de louveterie du département.

Les agents de l’ONC disposeront d’un fusil de tireur d’élite, avec une lunette qui a une bonne précision jusqu’à 600 mètres, et d’un casque de vision nocturne. Les lieutenants de louveterie disposeront de carabines de précision.

"On utilisera peut-être des chiens de pied pour localiser le loup", a précisé M. Farnaud.

"La louveterie a été créée par Charlemagne en 813 pour tuer les loups", a-t-il rappelé. Après la disparition du loup, elle a été chargée de réguler la population des nuisibles. Dans les Hautes-Alpes, il s’agit notamment du renard, de la pie et de la corneille.

Selon les comptages, il y aurait une dizaine de loups dans les Hautes-Alpes. Le massif du Dévoluy a été choisi pour l’abattage d’un loup ; c’est en effet un massif sans eau où les moutons doivent se déplacer la nuit pour boire la rosée et où il est le plus difficile d’organiser la défense des troupeaux.

Selon le biologiste de l’ONFCFS, Christophe Duchamp, ce loup a été observé deux fois, ses traces ont été vues également deux fois et on retrouvé les reste de deux de ses proies sauvages, un faon et un chevreuil.

"S’il y avait une meute, on aurait eu plus d’attaques", a estimé M. Duchamp.

Lorsque le loup sera tué, il sera autopsié au laboratoire départemental de l’ONCFS.

"On fera des prélèvements sanguins pour connaître les parasites qui habitent l’animal", a ajouté M. Duchamp, évoquant aussi des analyses génétiques : "Comme on dispose des séquences ADN des loups italiens, on saura d’où il vient et s’il s’agit d’un canis lupus italicus".

Un loup adulte européen pèse en moyenne 26 kilos, mange une moyenne de 3 kilos de viande par jour. Il peut parcourir 30 kilomètres par jour, et rien ne prouve donc qu’un ou plusieurs loups se trouvent encore dans le Dévoluy, où paissent 25.000 moutons.

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