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Centre ALPHA

Le scénoparc de Saint-Martin Vésubie

lundi 4 avril 2005, par Elodie Sariati

En juin 2005, le musée du loup ouvre ses portes. A quelques kilomètres de St-Martin-Vésubie, le centre Alpha comporte un musée et un parc au loup. Nous vous convions à une visite en avant première :

Après avoir enfilé les raquettes et les chaussures nécessaires à la marche dans la neige, l’aventure commence.

Passerelle d’accès

Des pistes enneigées, des chemins broussailleux...enfin des maisonnettes apparaissent. Mais ce ne sont pas des maisons, ce sont d’anciennes vacheries, reconstruites et réaménagées pour la diffusion de « spectacles ». Cette partie est appelée « le temps de l’Homme ». Elle a été édifiée pour représenter et expliquer l’action de l’Homme et le situer par rapport au loup. Chacune des anciennes bâtisses est utilisée pour ce qu’on appelle une « scénovision ». La diffusion d’un film, ou plutôt d’un « spectacle » car tout est fait pour faire rêver. Ambiance boisée, odeurs, fumées, décors parlants : le tout a été mis en scène par un producteur d’images télévisées. Le musée est donc en fait un « scénomusée »., à la pointe de la technologie. Trois salles parleront de l’Homme et du loup. Les deux salles que nous avons pu découvrir traitent de différents aspects du Loup ; la première est plus scientifique, la seconde rappelle les légendes qui ont toujours existées autour de cet animal. D’environ 20 minutes, chaque séance apporte connaissances et émerveillement.

Les Vacheries

En plein centre du parc naturel du Mercantour, le centre Alpha atteint 10 hectares. En sortant des salles, une nouvelle marche attend les visiteurs. Chut ! Maintenant vous entrez dans « le temps des loups », l’espace réservé à la forêt et à l’animal. « Si vous voulez l’apercevoir, ne faites pas de bruit ». Nous montons, toujours plus haut dans le but de saisir un instant le regard du loup. Une dizaine de bêtes règnent dans l’enclos. Des barrières, d’environ 2m50, nous séparent des loups peu effrayés. « Ils ont toujours vécu en captivité ». Ils ne sont pas vraiment sauvages. Mais ils n’en sont pas moins impressionnants. L’idée que des loups sauvages vivent en liberté dans le parc du Mercantour donnent un instant le frisson. Ceux-là, on ne les verra jamais, et personne ne s’en plaindra.

Plan du parc

Francine Boillot, experte en communication environnementale, nous explique l’enjeu réel du « centre Alpha », le musée du loup qui ouvrira ses portes au printemps 2005. Ingénieur en écologie et détentrice d’un doctorat de communication, elle nous parle à la fois de la Nature et des Hommes.

Les opinions divergent sur l’installation du musée du loup. Pourquoi ?
Ce musée fait remonter à la surface de profonds débats. Il est installé dans le parc national du Mercantour. Les parcs nationaux sont déjà un problème pour les collectivités régionales qui subissent l’autorité arbitraire de l’Etat sur une grande partie du territoire. D’un côté, les populations se sentent volées, et de l’autre, elles attendent énormément de l’Etat.

Le thème du « loup » n’est-il pas en lui-même une source de conflit ?
De toute évidence, c’est la thématique même du « loup » qui pose problème. Elle est révélatrice d’une crise sociale. L’opposition entre, la nature et les hommes, la population urbaine et la population rurale, est continuelle dans ce débat.

Lacher de loup en dec 2004

Comment ce débat prend-il forme ?
De plusieurs manières. Certaines personnes se sont fortement opposées au projet du musée du loup. Les habitants des communes environnantes sont souvent les plus fervents opposants. Certains craignent le loup alors qu’il est rarement dangereux pour l’homme. Les bergers et éleveurs craignent pour les élevages. Il faut reconnaître que les élevages français sont beaucoup moins bien adaptés au risque du prédateur que ne le sont ceux d’Italie ou d’Espagne. Ensuite, les chasseurs de la région voient le loup comme un concurrent direct à la prise de gibier. Médiatiser le loup et lui donner un public attendri mécontente les villageois qui eux, sont confrontés au loup sauvage quotidiennement. Mais depuis quelques années, les touristes affluent par intérêt pour ces loups : monsieur Gaston Franco, le maire de St Martin s’en est rapidement aperçu. Tout comme lui, je pense que c’est un excellent moyen de dynamiser la région.

Le centre « alpha » respecte-t-il le cadre du parc national ?
Un énorme travail de communication doit se faire. Le parc national doit respecter quatre missions constantes : la conservation du patrimoine, la recherche scientifique, l’accueil du public et son éducation à l’environnement, et l’aide au développement durable. Il faut sensibiliser le public à la relation qu’il doit entretenir avec le loup pour respecter l’aspect sauvage de l’animal, nécessaire au parc national. Le loup ne doit pas s’habituer à la présence de l’ Homme, et les visiteurs ne doivent pas s’attendre à apercevoir le loup durant leur voyage. Un travail de communication et de sensibilisation à l’environnement et l’entourage du loup doit se mettre en place.

Un loup du parc

Le débat sur le loup existait-il avant le projet du musée ?
Oui. En fait le débat est né depuis la découverte du loup dans le parc national du parc du Mercantour. Plusieurs théories ont été avancées. On a affirmé qu’il avait été volontairement introduit dans cette région. Je crois plutôt, comme beaucoup de scientifiques, que le loup est arrivé tout seul dans le parc. Il est tout à fait capable d’avoir fait le chemin depuis l’Italie. Mais dans la région, le débat sur le loup n’est pas terminé

Découvrez le site internet du parc : www.alpha-loup.com

P.-S.

Source : www.objectifmag.be - Elodie Sariati

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