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Communiqué de Presse

Braconnage ou financements publics, il faut choisir !

mardi 5 juillet 2005, par FNE

La fédération France Nature Environnement s’élève vivement contre le braconnage de loup qui vient d’avoir lieu en Savoie et demande au gouvernement de déposer plainte immédiatement.

France Nature Environnement voit ses craintes se confirmer : ce mauvais protocole de tir banalise les destructions de cette espèce pourtant
protégée.
Alors que les troupeaux viennent de gagner les alpages et que des actes d’opposition à la présence du loup se mettent en place (en Savoie particulièrement), la fédération souhaite rappeler sa position et faire un peu de prospective.

La population de loups

43 individus recensés lors du dernier comptage hivernal pour une population que l’ONCFS estime entre 70 et 90 individus, seize secteurs de présence permanente, sept meutes reproductrices dont cinq sont transfrontalières avec l’Italie. Rappelons que sur des massifs comme le Mercantour qui abrite une vingtaine de loups, la population n’augmentera plus de façon significative car le
loup est un animal territorial qui part à la recherche de nouveaux habitats quand un secteur est occupé de façon « optimale ». La population française de loups, bien qu’en développement, est encore fragile et est régulièrement victime de braconnage.

L’impact sur les troupeaux

Les dégâts sur troupeaux domestiques ne sont pas proportionnels à la population croissante de loups. Ceci souligne l’efficacité des mesures de prévention quand elles sont efficacement mises en place. Et la mesure T se met progressivement en place depuis l’année dernière, permettant à toujours plus d’éleveurs de s’engager sur la voie de la prévention. Il importe maintenant d’anticiper sur les nouveaux secteurs de colonisation de l’espèce et de mettre en place la protection des troupeaux avant que ceux-ci n’enregistrent des attaques de prédateurs. Cela éviterait aux éleveurs le stress des premiers mois de cohabitation avec le loup qui
sont les plus difficiles à gérer. A cette mesure que nous réclamons depuis plusieurs années, s’ajoute notre demande de conditionner les indemnisations à la mise en place des mesures préventives.

Le plan loup 2005

FNE rappelle son opposition à ces nouvelles mesures et appelle les préfets concernés à tenir des positions fermes et privilégiant les effarouchements. Sans quoi, le laxisme de ce nouveau protocole (tirs possibles par les éleveurs et les chasseurs, tirs sur des nouvelles zones de présence de l’espèce, seuils de déclenchement mal définis...) va ouvrir la voie à tous les dérapages sur le terrain et banaliser
complètement les tirs de loups.

France Nature Environnement refuse ce passage d’une politique de prévention, incluant au besoin des tirs de derniers recours, à une politique de régulation de l’espèce.

Enfin, la fédération demande aux responsables de la profession agricole de se positionner clairement :

  • soit en faveur d’une logique de cogestion aux côtés du gouvernement, incluant les mesures d’accompagnement et les indemnisations ;
  • soit en prenant partie pour les agissements illégaux de certains, auquel cas la profession ne peut décemment prétendre bénéficier de l’aide financière de la collectivité.

P.-S.

Contact Presse :

  • Jean-David Abel : 06 77 04 23 30
  • Mission Loup : 04 92 84 65 69 ou 03 88 32 91 14
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