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Aspects juridiques de la conservation des grands prédateurs en France

les cas du loup et de l’ours

mardi 25 mars 2003, par Nicolas Chassin

Si aujourd’hui, la présence de quelques dix ours et trente loups sur notre territoire soulève tant de passions, c’est que ces prédateurs sont devenus le symbole d’une nature vierge à l’époque d’une société folle. Autrefois pourchassés jusqu’à l’éradication, ils font désormais l’objet d’une protection soutenue. Cependant, la cohabitation sur le terrain reste problématique, notamment avec les bergers et autres utilisateurs de la nature.

Animaux redoutables et vénérés, ils sont présents dans notre inconscient collectif depuis la nuit des temps, dans ce rapport d’ambivalence. Nous retrouvons dans le statut juridique que nous leur avons octroyé ce paradoxe étonnant, ce qui en fait des animaux à la fois nuisibles et protégés, intouchables et indésirables, dans le flou le plus désarmant.

Si le principal obstacle à leur acceptation réside dans leur appétit immodéré pour les agneaux des estives, les solutions existent pour faire cesser le conflit. Ce sera l’indemnisation du bétail dévoré selon des procédures relevant plus du bricolage que du droit, la mise en place de moyens de protection des troupeaux, en tout dernier recours l’élimination de loups problématiques isolés.

En ce domaine, notre archaïque droit national est quotidiennement bousculé par le droit international conventionnel, et le droit communautaire de l’environnement, qui tendent à imposer une protection effective. Enfin, face au risque de voir ces animaux disparaître, ont été tentées de multiples opérations, comme la réintroduction d’ours dans les Pyrénées françaises, la sensibilisation de l’opinion à la cause des plantigrades et des canidés, et l’utilisation de leur image à des fins touristiques.

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